‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 30 sur 131 · LIGATURES, SERRE-NŒUDS · texte numérisé non relu

LIGATURES, SERRE-NŒUDS

profondément , et que la ligature’ ait exigé beaucoup de patience et d’adresse , il vaut d’autant mieux la resserrer , que l’application d’un autre ben pourrait être devenue impossible. On obtient ce résultat avec le serre-nœud de Levret {fig. 68), qui est composé de deux canules a, a, réunies longitudinalement, et traversées par un fil qui forme une anse h plus ou moins large et arrondie à l’une de leurs extrémités , tandis qu’à l’autre les bouts c c sont séparés et libres , et peuvent se fixer sur des anneaux latéraux d situés en dehors du papillon de l’instrument. Lorsque la ligature a été posée sur le pédicule de la tumeur, on en augmente chaque jour la constriction.

Levret recommandait l’emploi des fils d’argent, et la simple torsion du serre-nœud, répétée tous les jours, en augmentait gra- C duellement l’efficacité.

Desault faisait usage de deux canules isolées pour porter les ligatures : l’une simple , garnie d’un côté d’un anneau propre à assu- ^ jettir le fil ; l’autre renfermant une petite pince formant un anneau complet lorsqu’elle i était attirée en dedans de la canule. Le fil engagé dans le premier de ces instruments , maintenu fixe sur un de? points de la tumeur, était passé dans la pince à anneau du second, qui permettait de le conduire autour des parties , et lorsque cette opération était terminée, on ouvrait la pince en retirant légèrement à soi la canule pour laisser échapper le fil , dont l’autre moitié était détachée également de la canule simple. La ligature ainsi posée, ôn en faisait passer les deux extrémités, réunies en un seul cordon, dans l’anneau d’une tige servant de serre-nœud, coudée à angle presque droit du côté correspondant à la tumeur, et fendue du côté opposé pour qu’on y pût nouer le fil ; ü était dès lors facile de resserrer le nœud de la ligature toutes les fois que celleci commençait à se relâcher.

Le serre-nœud de Græfe {fig. 69) est formé d’un tube d’acier A ouvert sur un côté dans les deux tiers environ de sa longueur, et recevant une tige mobile fixée à la vis G , et soutenant sur un bouton saillant B les extrémités de la bgature , dont le mibeii ou le plein constitue une anse D libre en dehors de l’instrument. Dès que la tumeur est embrassée par la ligature, on serre celle-ci avec

toute la force nécessaire , en éloignant du sommet du tube d’acier la tige mobile à laquelle le ül est attaché ; quelques tours de vis , imprimés de temps à autre , déterminent une constriction permanente et graduée.

Le serre-nœud de Roderic se compose d’une série de petites boules de quatre à six millimètres d’épaisseur, d’ivoire, d’os, de bois ou de corne , percées d’une ouverture centrale, à l’exception de la première et de la dernière, qui offrent deux ouvertures. Pour appliquer cet appareil , qui se prête facilement aux sinuosités des parties , on commence par placer la ligature autour de la tumeur , puis on en engage les deux extrémités dans les deux trous de la première boule, et ensuite dans l’ouverture unique des boules suivantes; celles-ci pressent sur celles qui les précèdent et les poussent contre la tumeur , et lorsque le chapelet que l’on produit ainsi a une longueur convenable, on engage dans la dernière boule, percée de deux trous , les bouts du fil et on les noue avec toute la force convenable.

Mayor a fait observer que cette epèce de chapelet se tord sur luimême , pour peu qu’il ait de longueur , et qu’ alors la constriction ne saurait être augmentée. Aussi , dans le but de remédier à cet inconvénient , ce chirurgien a fixé les extrémités de la ligature à un petit treuil A mobile sur un tube métallique B {fig. 70), dont l’extrémité presse contre le chapelet, qui en est d’autant raccourci. C’est la modification apportée par Græfe au serre-nœud de Levret, et elle est d’une application favorable.

On porte habituellement la ligature des tumeurs au plus haut degré possible de constriction , pour arrêter toute circulation dans les parties étranglées et en déterminer promptement la mortification : c’est le meilleur moyen de prévenir les accidents, et dans ce but on doit resserrer les ligatures aussitôt qu’elles sedétendent; malheureusement les fils d’argent , de fer , de soie ou de chanvre se rompent avec une extrême facilité, et compromettent le succès des opérations. Si des symptômes inflammatoires et nerveux se manifestaient et mettaient la vie en danger, comme on l’a observé dans quelques cas de ligature de l’épiploon , il faudrait relâcher ou enlever le fil ; mais si cette ressource faisait défaut , et ' que lès parties dussent être nécessairement détruites , on pourrait inciser celles qui feraient saillie au delà du fil , que l’on retirerait après avoir lié ou tordu les vaisseaux susceptibles d’hémorrhagie. (Voy., pour plus de détails, l’histoire

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