LIGATURES MULTIPLES
de la ligature des polypes nasaux, vaginaux, utérins etc.) Si la tumeur est molle et vasculaire , fongueuse , sans résistance , les fils peuvent la diviser promptement avant l’oblitération des vaisseaux et déterminer des hémorrhagies. Lorsque le pédicule des tumeurs dont on a produit la striction est dur et fibreux, la chute des liens se fait souvent attendre sept ou huit semaines , et la présence d’un corps étranger au milieu de tissus quelquefois irritables n’est pas toujours sans danger. Ces diverses circonstances font de la ligature une méthode difficile et périlleuse par les accidents primitifs et consécutifs auxquels elle expose, et nous conseillons d’y recourir rarement et dans les seuls cas où les tumeurs à enlever ont un pédiçule mince , et particulièrement cellulo-fibreux.
Nous examinerons, en nous occupant de l’écrasement linéaire, les serre-nœuds portatifs de M. Maisonneuve, dont les fils , en fer , et le mécanisme conduisent à des constrictions très-fortes et à des effets très-prompts.
On a conseillé la ligature en masse (Mayor) oa par transfixion (Rigal de Gaillac) des tumeurs en les fragmentant en deux ou trois portions.
Un fil long et résistant est armé de trois aiguilles {fig. 71): l’une a , droite et tranchante ; la deuxième h , droite et piquante ; la troisième c, courbe et également pointue.
La tumeur étant représentée en a (fig. 72) et supposée sous-cutanée et de forme sphérique, on soulève un pli tégumentaire vertical au-dessus de son tiers supérieur et l’on traverse la base de ce pli avec l’aiguille tranchante. On laisse alors retomber la peau et l’on obtient un premier jet de ligature contournant audessous des téguments le tiers de la circonférence de la tumeur en c,d, e.
On saisit à ce moment l’aiguille ronde et piquante , et on l’engage au travers de la tumeur en la faisant entrer par la piqûre c et sortir
Fig. 72.
en b (fig. 73), en entraînant l’anse de fil d. On coupe l’anse de fil b (fig. 74) et l’on dégage l’aiguille c.
Fig. 73. Fig. 74.
Il résulte de ces premiers temps de l’opération que le tiers supérieur de la tumeur est embrassé par l’anse de fil b cd (fig. 75),
Fig. 75. . . . Fig. 76.
dont les deux chefs sortent par la même ouverture e , tandis qu’un second fil ff est libre entre le tiers supérieur et les deux tiers inférieurs de la tumeur.
On répète avec un autre fil , sur le tiers inférieur de la tumeur , la manœuvre déjà décrite pour le tiers supérieur, et le tiers moyen se trouve compris entre les deux fils parallèles ab, et cd (fig. 76). Chacun de ces fils étant fixé à l’aiguille a (fig. 77) , il devient facile de faire pénétrer sous la peau réxtfèmité du fil b pour la faire ressortir en d. On fera rentrer de la même manière . au-dessous de la
Fig- W. Fig. 78.
peau le chef a pour le faire ressortir en c, où on le nouera avec le fil b (fig. 78). Les deux fils b d formeront une anse qui étreindra le tiers moyen de la tumeur, dont lès autres fils embrasseront les deux tiers supérieur et inférieur. Il suffira dès lors de passer les chefs des ligatures dans des serre-noeuds à chapelet (fig. 79) et de les serrer.