LIGATURES MULTIPLES
M. Manec a donné un procédé qui permei: de lier les tumeurs sous-cutanées (goître) en quatre segments. Ce chirurgien se sert de deux aiguilles ; l’une femelle , dont le ^
centre est percé d’un chas a (fig. 79); .
l’autre aiguille, mâle, porte le chas à g
l’une de ses extrémités h pour recevoir " ^
un fd double et fort. On transperce la tu-
meur de haut en bas avec la première aiguille , au travers de laquelle on fait passer de droite à gauche , ou vice versa, la seconde aiguille qui perce également la tumeur de part en part {fig. 80).
Fig. FO. ' Fig- 81-
On retire l’aiguille male h {fig . 81) et on laisse le fil double c c engagé dans le chas de l’aiguille a.
L’aiguille femelle , poussée de haut en bas {fig. 82) , entraîne les quatre fils c c , formant deux anses hors de la tumeur ; une de ces
Fig. sa.
anses est divisée, et deux fils sont ainsi dégagés du châs de lai- ^ On repousse alors cette même aiguille de bas en haut {fig. 83)
et le fil & b est entraîné avec elle et coupé pour permettre la sortie complète de l’aiguille.
La tumeur se trouve ainsi partagée en quatre segments par les quatre anses de fil abc , dfe, ghi , jlk (fig. 84) , dont les extrémités rapprochées sont réunies et passées dans quatre serre-nœuds à chapelet a, h, c,d {fig. 85), qui en opèrent la striction.
Fig. 84. Fig. 85.
Nous avons reproduit ces procédés ingénieux pour familiariser les chirurgiens avec toutes les ressources de leur art. Nous conseil-
Cv lerons néanmoins d’avoir retours le moins pos-
^ sihle à ces sortes de ligatures. Si l’on veut bien
y réfléchir, on comprendra que les tumeurs ne sont saisies et étranglées par les fils que dans leur moitié superficielle. L’autre portion du tissu " morbide reste intacte et se séparera des parties
gangrenées par inflammation ulcérative. Que deviendront, au-dessous de la, peau, les segments gangrenés de la tumeur? Il faudra prati- I quer des incisions pour les dégager et donner
S issue au pus. On sait , en outre , qu’une constric-
ition opérée sur une moitié de tumeur amène un gonflement énorme , surtout s’il s’agit d’un goitre ou de toute autre production vasculaire. L’étranglement, des suppurations diffuses, des lymphangites infectieuses , des phlébites , des gangrènes envahissantes se manifestent ou sont fort à redouter, et le malade est exposé à beaucoup plus d’accidents et de chances de mort, qu’il n’en eût couru par les procédés d’ablation les plus périlleux.
Fig. 86. Écrasement linéaire. L’emploi des liga¬
tures métalhques paraît avoir conduit M. Chassaignac à l’idée de son