‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 39 sur 131 · EXTRACTION · texte numérisé non relu

EXTRACTION

l’on froisse et que l’on tord entre les doigts , pour les assujettir ensuite dans le bandage, avec les précautions convenables. Il faudrait diviser les fils le plus près possible de l’un des bords de la plaie , et les retirer du côté opposé en temps opportun.

La suture du pelletier (fig. 100) se fait avec un seul fil , armé d’une aiguille alternativement passée au-dessus et au-dessous de chaque côté des lèvres de la plaie. L’affrontement est régulier et exact , mais les jets de fil restent entre les bords de la 'ff .solution de continuité , ce qui est ■ un grave inconvénient. Cette suture serait . particulièrement applicable aux cas où -

les bords de la plaie tendraient à se dépasser.

Les serres-fines de Vidal (de Cassis) (fig. 101,102, 103) sont de petites pinces de fil de laiton de 0m,01 à 0^,02 de hauteur, trèslégères et susceptibles d’une constric-

tion permanente au moyen d’une tor- «Sj, m

sion en ressort de l’extrémité opposée fj f

à celle des branches. Il suffit de com- | | (I k k

primer entre les doigts les deux côtés W

de la sèrre-fine , pour en entr’ouvrir || |J ]|

les crochets , entre lesquels on étreint pjg, joi, Pig 102. Fig. 103 les lèvres de la plaie. Partout où la

peau est très-fine , comme au prépuce et aux paupières , ces petites pinces maintiennent bien les parties en contact ; on les enlève au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, lorsque les adhérences sont formées. L’usage des serre-fines a été étendu à la réunion de beaucoup de plaies, et l’on en a vanté les 'résultats. Nous devons cependant faire deux objections à l’emploi de ces instruments. Trop serrés ils ulcèrent, trop faibles ils manquent d’efficacité. Il faut donc les choisir avec soin et en surveiller l’application.

HiLtraction. On nomme extraction l’opération par laquelle on retire soit des corps étrangers accidentellement introduits (voy . Plaies d’armes à feu) ou développés dans nos tissus (voy. Calculs vésicatix ; Corps mobiles articulaires) , soit des organes ou des portions d’organes altérés , tels que des séquestres , des esquilles , le cristallin devenu opaque etc. Nous ne pouvons nous occuper ici d’opérations spéciales dont l’histoire .sera exposée plus tard; nous dirons seulement que l’on pratique l’extraction avec des pinces de toute espèce, des tenailles, le doigt armé d’un dé et porté dans la poitrine contre la pointe du corps étranger engagé dans une côte , la tré-

panation , lorsqu’une lame de couteau , par exemple , est brisée au niveau de la surface de l’os qu’elle a traversé.

Dilatation. La dilatation sert à distendre des parties rétrécies: l’tw'èt/ire, l’œsop/iagfe; à en élargir d’autres, pour faciliter le passage des instruments , ceux de la lithotritie par exemple , ou permettre la réduction des viscères herniés : anneaux. crural et inguinal etc. Les moyens employés sont les corps susceptibles de se gonfler par l’humidité, l’éponge préparée, la gentiane, le laminaria digitata , la corde à boyau etc. ; les sondes et les bougies graduées , les pinces à écartement. La dilatation peut être lente, graduée, rapide , brusque , continue , intermittente , temporaire , permanente etc.

Rédiietion. Elle s’applique à toutes les parties que l’on replace dans leur situation normale. On réduit les os luxés, les intestins herniés, la matrice renversée, le globe oculaire sorti de la cavité orbitaire etc. (Voy. Luxations, Hernies , Utérus etc.)

li’injection est une opération qui consiste à intro- ; duire dans les cavités naturelles ou accidentelles divers liquides de composition variable , selon les indications. Les , injections servent à entraîner les matières accumulées dans un réservoir naturel, à enlever le sang, le pus, des détritus de calcul; à modifier la membrane pyogénique d’un foyer purulent ; à produire une I inflammation substitutive , adhésive ; à changer le mode de vitalité des membranes séreuses , siège d’une hypersécrétion etc. Les liquides injectés sont l’eau pure à différents degrés de température , les décoctions émollientes , toniques, astringentes, les solutions antiseptiques , irritantes , caustiques etc. Les instruments employés sont les seringues à piston simple , depuis celles qui sont en usage pour les injections uréthrales jusqu’à celles dont on se sert pour la vessie , les plèvres ou le péritoine. Si l’on veut pratiquer l’injection d’une grande quantité de liquide , on peut se servir d’un instrument ingénieux {fig. 104) qui se re- ) “ charge spontanément et d’une manière indéfinie. C’est une seringue à piston ordinaire dont l’extrémité présente une canule d’avivement d , vissée perpendiculai-

HS’JECTIONS HYPODERMIQUES.

rement sur celle d’injection c. Lorsqu’on tire le piston a, on fait le vide dans le corps de la pompe h, et , au moyen d’un mécanisme à ventouse ou d’une clef, le tuyau c se ferme momentanément, et le liquide dans lequel plonge la tige d suit le mouvement d’ascension du piston. On ouvre alors le tuyau c, on ferme en, d, et, en refoulant le piston a, on pousse l’injection et on la recommence, par le même procédé, tant que le besoin l’exige. On a fabriqué des pompes de ce genre à jet continu, et il existe une foule d’instruments très- ingénieux dont les tubes d’ajustage de caoutchouc vulcanisé rendent de véritables services.

Quelques chirurgiens s’étaient imaginé que les injections iodées sont une véritable panacée pour les abcès froids, les caries osseuses, les excavations tuberculeuses, les abcès par congestion, les kystes de l’ovaire, l’empyème; l’expérience n’a pas confirmé toutes ces espérances , quoique la teinture d’iode reste un modificateur excellent capable de prévenir et de combattre la putridité , de favoriser l’adhésion des- parties suppurées , et de provoquer celle de certaines cavités séreuses. {Hydrocèles , Kystes thyroïdiens etc.)

Injections hypodermiques. On a fait un grand usage, dans ces derniers temps, d’injections, sous la peau, de médicaments solubles d’une grande énérgie , tels que l’aconitine , l’atropine, la morphine, la strychnine, la quinine etc.

Les avantages de cette méthode sont : la rapidité et la certitude de l’action ; l’intensité des effets; l’économie de la substance; l’ab sence d’impressions désagréables au goût.

On n’observe aucune différence dans les effets, que l’injection ait lieu loin ou près des organes malades ou du siège des douleurs.

Les précautions à prendre sont

de se servir de solutions neutres ^ -Ætel

et limpides et d’éviter de les introduire dans des veines.

On a observé, dans ce cas, des accidents d’intoxication trèsgraves et même la mort, que des doses trop élevées ont également causée.

La seringue de Pravaz , destinée aux injections coagulantes dans les veines et les artères Fig. 105,

(voy. Hémostasie), a été d’abord

mise en usage. Cet instrument comprend : im petit corps de pompe en argent A, (fig. d05) de 0m,03 de longueur sur 0»,005 de diamètre, contenant trente gouttes de liquide, et dont le piston se

meut par une vis; un trocart très-fin B C, en acier, et une canule

en argent.

Après avoir fait la ponction , on retire le trocart en laissant en place la canule que l’on visse sur le corps de pompe , et chaque demi-tour du piston chasse une goutte de liquide dans la plaie.

Lenoir avait ajouté une seconde canule D , très-déliée, destinée à être introduite dans la canule du trocart (jfigr. 405) après la ponction, pour chasser le sang et en prévenir la coagulation par le perchlorure de fer injecté.

On a abandonné le piston à vis, dont le maniement était trop lent , et M. Luer l’a remplacé par un piston libre, à simple frottement, muni d’une curseur à vis et gradué, dont chaque millimètre répond à une goutte de liquide.

La canule est droite ou courbe , en or ou en acier, terminée en bec de flûte et munie d’une pointe acérée, servant de trocart. On règle d’avance, au moyen du curseur, le nombre de gouttes à injecter, et on n’a plus qu’à pousser le piston après la ponction (/igr. 406).

Fig. 106.

Injections substitutives. M. le docteur Luton, de Reims, a nommé ainsi l’introduction directe dans la trame des tumeurs (ganglions, hypertrophies, néoplasmes de toute nature) de liquides médicamenteux , tels que : l’azotate d’argent , l’acide acétique , la teinture d’iode etc. On se sert des instruments employés pour les injections hypodermiques. L’opération est la même, le but avoué est d’amener la résolution des tumeurs. Les rares essais que nous avons faits de ce moyen ne nous ont pas réussi , mais il est rationnel et mérite d’être poursuivi.

PETITE CHIRURGIE

On désigne sous le nom d’opérations de petite chirurgie les saignées, les ventouses, les exutoires, le moxa etc. ; elles sont d’un usage fréquent , et assez faciles à pratiquer pour être confiées aux élèves dans le service des hôpitaux. La plupart exigent cependant beaucoup d’adresse, d’attention et d’habitude, et peuvent être compliquées d’accidents fort graves lorsqu’elles ont été mal exécutées.

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