‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 43 sur 131 · MOUCHETURES, SCARIFICATIONS, VENTOUSES · texte numérisé non relu

MOUCHETURES, SCARIFICATIONS, VENTOUSES

mauvais , et donne une plaie plus longue à guérir. On a proposé de saisir la piqûre entre les mors d’une pince à torsion , ou de jeter sur elle un lien circulaii’e ; il est plus facile et plus sûr d’en percer les lèvres avec une aiguille très-fine , et de les rapprocher avec un fil en huit de chiffres qui forme suture.

IVIoiiciBetures et scarifications. Les mouchetures sont de petites plaies étroites et superficielles , faites avec la pointe effilée d’une lancette ou d’une aiguille droite en fer de lance , au moyen de laquelle on ouvre les vaisseaux dilatés de la conjonctive , ou l’on pique la peau dans le cas d’œdème etc.

Les scarifications sont des incisions superficielles ne dépassant pas la couche vasculaire de la peau. Elles ne doivent pas être confondues avec les incisions plus ou moins profondes , faites dans le but de dégorger un membre mortifié ou envahi par des fusées purulentes.

Un rasoir, un bistouri ou l’instrument de Larrey , formé d’une petite lame d’acier demi-circulaire et tranchante , soutenue par une tige articulée sur un manche , dans lequel elle se reploie à la manière des bistouris , servent aux scarifications. Le scarificateur à ressort (fig. 114) laisse échapper d’une manière instantanée seize à vingt- Fig. lu. quatre lames de lancettes que l’on rend plus ou moins saillantes , selon l’épaisseur de la peau et la résistance des parties subjacentes. L’opération est rapide comme l’éclair. Les scarifications faites avec le bistouri sont croisées , à angle droit ou en losanges ; il vaut mieux les faire parallèles. Pour leur exécution , on tend les téguments bien rasés de la main gauche , et avec l’instrument, tenu en cinquième position de la main droite, on incise légèrement les couches superficielles de la peau, d’où l’on voit surgir une série de gouttelettes de sang.

Ventouses, hes ventouses jouent un rôle important dans la saignée capillaire. On les distingue en sèches et en scarifiées.

Ventouses sèches. Toutes les fois qu’on fait le vide sur un ou plusieurs points de la surface du corps avec'des ampoules de verre , de caoutchouc, de diverses formes et de différentes grandeurs, des verres ordinaires , des tubes de corne ou d’ivoire , on applique une ventouse sèche. Les téguments soustraits à la pression atmosphérique se gonflent et rougissent. Le docteur Junod a fait construire en métal d’énormes boîtes , destinées à entourer les membres in-

PETITE CHIRURGIE

férieurs, dans lesquelles il opère le vide à l’aide d’une pompe aspirante. C’est un puissant moyen de révulsion.

Les anciens faisaient le vide avec la bouche dans une corne de bœuf percée à son extrémité libre , évidée et polie à sa base.

On peut raréfier l’air par la chaleur. .

On applique la ventouse (verre ou ampoule de verre construite exprès et très-répandue dans le commerce) , après l’avoir un instant plongée dans l’eau chaude. La ventouse se refroidit, l’air se contracte et le vide est fait..

On peut encore allumer un petit morceau d’étoupe , de papier fin , de coton , ôu de toute autre substance produisant vite une flamme légère, ou même tremper ces corps dans un peu d’alcool ou d’éther, et les projeter au fond de la ventouse, qu’on se hâte de poser. Le vide s’obtient parfaitement , mais il faut veiller à ce qu’aucune goutte du liquide enflammé ne tombe sur la peau ;.en outre, le verre s’échauffe , et brûle les parties avec lesquelles on le met en contact , si l’on n’agit pas très-vite.

Les ventouseurs de profession plongent un instant la ventouse dans de l’eau chaude ou sur la flamme d’une lampe à esprit de vin; nous recommandons leur exemple.

Dans la ventouse à pompe (fig. 115) , on fait le vide avec une petite pompe aspirante a vissée au sommet de la ventouse h. Un

robinet maintient le vide, ou permet de l’augmenter ou de le suspendre à volonté , et l’on ne risque pas de blesser les téguments, puisqu’il n’y a pas d’élévation de température.

MM. Robert et Collin ont fait figurer dans leur catalogue des ventouses formées d’une simple cloche en caoutchouc, ou terminées à leur circonférence libre par un anneau de verre ou de métal. Le caoutchouc , comprimé entre les doigts, au moment de l’application , se dilate par sa propre élasticité dès qu’on cesse de le comprimer, et opère instantanément le vide.

Pour détacher les ventouses à pompe, lorsqu’elles exercent une action trop

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