‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 44 sur 131 · énergique et douloureuse , ou que la du · texte numérisé non relu

énergique et douloureuse , ou que la du

rée de leur application a été suffisante , on n’a qu’à en ouvrir le robinet, et laisser rentrer l’air dans la cloche.

Dans les autres procédés , on presse fortement avec le doigt la peau

RUBÉFACTION, SINAPISMES, VÉSICATOIPÆ. 169

qui touche au verre de la ventouse; aù moment où la peau est écartée de la cloche , l’air y rentre avec un petit sifflement , et la ventouse se détache.

Ventouses scarifiées. On donne le nom de scarifiées aux ventouses appliquées sur des scarifications. Ôn commence par poser une ventouse sèche ; la peau suhjacente devient rouge et tuméfiée ; on la scarifie et l’on réappliqne la ventouse ; le sang s’échappe des scarifications et remplit la cloche, que l’on vide et réapplique, une ou plusieurs fois , selon la plus ou moins grande vascularité des parties.

Il suffit, pour la guérisson , de frotter la peau avec un corps gras. S’il survient un peu de chaleur et de rougeur , on ordonne des fomentations émollientes , un bain tiède ou l’application d’un cataplasme.

Rubéfaction, sinapismes^, La rubéfaction , mode de révulsion fréquemment employé , est produite par une foule de substances irritantes , et constitue dans tous les cas le premier degré de la vésication Le moyen le plus ordinaire pour la faire naître est un mélange de farines de graine de lin et de moutarde délayées avec de l’eau, dans la proportion d’un quart, d’un tiers ou d’une moitié de farine de moutarde , selon l’effet plus ou moins prompt et énergique que l’on veut déterminer. Le mélange fait à froid porte le nom de sinapisme , et doit avoir la consistance d’un cataplasme ; on l’étend de la même manière (voy. Cataplasmes) sur une compresse, et on le pose sur différents points des membres, pour produire la révulsion.

Les sinapismes appliqués trop longtemps provoqueraient nonseulement la vésication , mais encore la mortification des parties. Il faut en surveiller les effets , et les enlever définitivement , ou les réappliquer sur un autre point.

Vésicatoire. La vésication est caractérisée par l’accumulation sous l’épiderme d’une certaine quantité de sérosité; phénomène dont les ampoules ou phlyctènes de la brûlure donnent une idée parfaitement exacte.

C’est à cet état, produit artificiellement par des substances irritantes ou chargées de calorique , que l’on a donné le nom de vésicatoire. Celui-ci se distingue en vésicatoire volant et en vésicatoire ordinaire ou permanent , selon qu’il est séché immédiatement ou entretenu en sùppuration pendant tm temps plus ou moins considérable.

PETITE CIIIRURGIE.

Le moyen le plus prompt de produire la vésication , c’est-à-dire d’appliquer un vésicatoire , est de poser sur la peau un corps métallique élevé à la température de l’eau bouillante dans laquelle on l’a plongé. Mayor employait dans ce but un marteau à tête arrondie, dont le diamètre était proportionné à l’étendue de la vésication à déterminer. On pourrait aussi se servir d’un cautère nummulaire , chauffé de la même manière. Ces procédés sont préférables à celui de Carlisle, qui promenait un cautère, élevé au rouge brun sur un double linge mouillé placé sur la peau. On pourrait employer directement l’eau bouillante , ou même l’huile , comme l’avait fait Hallé , ou tout autre corps chargé d’une quantité suffisante de calorique; mais comme cës moyens exigent une grande habitude d’application, causent de la douleur, et peuvent étendre leur action à des parties qu’il est important de ménager , on les remplace , dans tous les cas où il n’est pas nécessaire d’obtenir un effet instantané, par des procédés plus doux.

Le docteur Gondret se servait d’un mélange de parties égales d’axonge et d’ ammoniaque concentrée , étendu sur une compresse , maintenue en contact avec la peau pendant vingt à vingt-cinq minutes. La vésication a lieu. Ce procède est très-variable dans ses effets , selon la durée de son application, la qualité et la quantité du mélange , l’impressionnabilité de la peau , et est très-rarement employé.

On a conseillé de substituer l’ammoniaque pure au savon de Gondret ; il faudrait redoubler de précautions , n’agir que sur des surfaces très-circonscrites , et les difficultés et les inconvénients de ce procédé seraient plus grands.

Dans les hôpitaux , on étend de la poudre de cantharides grossièrement pulvérisée sur une compresse enduite de cérat , ou sur une couche de vieux levain , auquel on a donné . d’avance des dimensions et une forme convenables. Le vésicatoire anglais est composé d’une pâte renfermant le principe actif de la cantharide. Une carte ou un morceau de peau ou de carton sont percés d’une ouverture de la grandeur du vésicatoire à préparer, et l’on y étend 1 emplâtre vésicant, auquel on donne d’épaisseur, sur un

morceau de sparadrap de diachylon; la carte , retirée avec précaution , laisse , dans l’ouverture dont elle est percée , l’emplâtre vésicant très-régulièrement posé sur le diachylon , qui en dépasse le contour de quelques centimètres et sert à le fixer. On peut avoir recours à ce mode de préparation pour donner à tous les vésicatoires la forme et la grandeur convenables , et c’est un point fort important pour le chirurgien et le malade.

On pose des vésicatoires sur toutes les régions du corps ; mais

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