VACCINATION
une résistance sensible; 3» un bouton étant piqué, le liquide ne sort qu’avec lenteur ; 4» prend la forme d’un globule sphérique; 5° se dessèche rapidement, et présente à l’extrémité de la lancette un grumeau en apparence gommeux ; 6o répandu sur l’aréole du bouton, il forme un enduit brillant, d’un aspect demi-vitré, ayant un reflet plus qu’argenté, semblable aux traces que laissent les limaces; 7» desséché sur la peau, il la tiraille, et si on la distend, le vaccin se fendille par petites écailles , comme le ferait un enduit de gomme arabique h
Aucun âge n’est réfractaire à la vaccination , et on a vacciné avec succès des enfants nés depuis quelques heures et des, vieillards décrépits. Dans les régiments et les hôpitaux militaires, où- la vaccination se pratique sur des adultes , l’insuccès dépend du vaccin desséché dont on se sert. Lorsqu’on trouve l’occasion de vacciner de bras à bras , l’opération réussit beaucoup mieux et l’on y trouve moins de sujets réfractaires.
La vaccination est possible sur tous les points du corps, mais on choisit ordinairement la face externe et supérieure du bras , où la constatation des cicatrices vaccinales est très-facile.
On a cherché les moyens de conserver le virus vaccin sans altération , et l’on y par-vient en le recueillant entre deux lames de verre poli dont on lute les bords avec un peu de cire , ou dans un tube très- fin de même substance , où il pénètre par capillarité ; on ferme les deux extrémités du tube à ta lampe ou avec un peu de cire à cacheter, et lorsqu’on veut se servir du vaccin, en casse le tube, dans lequel on le retrouve intact, ou l’on sépare les deux plaques de verre , sur lesquelles on répand un peu d’eau ou de salive pour le délayer.
Les procédés employés pour V inoculation de la variole peuvent également servir à celle du vaccin; ce sont ; 1® la friction; 2“ le -vésicatoire ; 3° la scarification ; 4® la piqûre.
On pratique la friction en excoriant légèrement l’épiderme en le frottant avec un corps un peu rude ; on recouvre alors la partie de la peau mise à nu avec une petite bandelette de toile imprégnée de vaccin. Ce procédé , et le vésicatoire employé dans le- même but, sont abandonnés.
On peut encore introduire un fil chargé de vaccin entre les lè-vres d’une scarification superficielle pratiquée à la peau ; le procédé suivant est aujourd’hui le seul adopté.
- Piqûre. On charge l’extrémité d’une lancette ou d’une aiguille à vaccin , formée d’un stylet cannelé très-aigu (fig. 123) , ou d’une
ï Husson, Traité de la vaccine,
PETITE CHIRURGIE
petite tige lancéolaire également cannelée (fig. 124), d’une gouttelette du fluide, et on l’introduit par ponction sous l’épiderme; on retire l’instrument un moment après , et l’on essuie la lame sur les bords de la piqûre pour favoriser l’inoculation ; à peine si une légère trace rougeâtre doit indiquer la piqûre, que l’on répète trois ou quatre fois sur chaque bras , à des intervalles de 0"',03 environ de distance, bien qu’une seule pustule suffise pour mettre à l’abri de la variole.
Lorsque la vaccine est vraie, régulière ou préservative , la partie piquée n’offre aucun phénomène particulier les deux ou trois premiers jours ; puis on voit survenir un peu de rougeur, suivie d’une petite élevure conique formant un bouton déprimé à son sommet , qui s’élargit en s’ombiliquant de plus en plus jusqu’au septième jour, et est entourée d’une auréole d’un rouge vif. Vers le neuvième jour, la dessiccation commence par le sommet du bouton, audessous duquel on remarque un liquide clair offrant tous les caractères que nous avons signalés comme appartenant au vrai vaccin ; mais elle n’est bien évidente que vers le douzième , époque où une croûte épaisse se forme, et laisse , lorsqu’elle se détache du vingtcinquième au trentième jour, une cicatrice ponctuée, qui acquiert avec le temps un aspect blanc mat , et persiste habituellement toute la vie.
Accidents. Un phlegmon , des éruptions vésiculeuses étendues et douloureuses, la syphilis, peuvent être la suite de la vaccination. Des exemples malheureusement fort nombreux ont démontré que le vaccin d’un enfant syphilitique est capable de produire une ulcération chancreuse et une infection consécutive. Le choix du vaccin mérite en conséquence la plus sérieuse surveillance.
Vaccination animale. Galbiati, de Naples, avait proposé en 1810 de prendre le vaccin sur des vaches , inoculées avec le vaccin humain. Negri , en 1840 , voulait maintenir et conserver le cowpox naturel par des inoculations successives. Le docteur Lenox a réalisé cette idée en France, et on doit croire, par le rapport de M. Depaul et les discussions de l’Académie de médecine (1867- 1868) à l’efficacité et la supériorité du vaccin ainsi produit et toujours indemne de tout contage syphilitique. Les pustules apparaissent un peu plus tard , et sont généralement plus larges et plus enflammées.
On a accusé la vaccine d’être une cause de profonde dégénéres-
Fig. 123. Fig. 124.