ACUPUNCTURE
cence de la race humaine , de refouler un poison dont l’élimination était nécessaire, et d’avoir substitué à la mortalité de l’enfance , une égale mortalité de l’âge adulte , par la fièvre typhoïde , sorte d’éruption variolique interne. On a soutenu que les hommes vaccinés sont plus délicats , plus lents , moins actifs , moins grands , moins capables , et qu’on les reconnaît à leurs yeux ternes et sans expression , tandis que les variolés auraient l’œil brillant , l’esprit et le corps mieux développés et seraient beaucoup plus énergiques. On a même prétendu que ces différences sont d’autant plus mar- . quées qu’on les observe sur des individus provenant d’iine ou de deux générations d’ascendants eux-mêmes vaccinés. Ces remai-ques n’ont pas jusqu’ici paru justifiées , et la vaccination est exigée comme condition d’admissibilité dans tous les étabhssements publics.
Revaccination. On a supposé que le virus vaccin ne préserve de la variole que pendant un certain nombre d’années, et que le nombre des personnes vaccinées , atteintes de variole , serait d’autant plus grand , qu’elles s’éloigneraient davantage de l’époque de leur première vaccination ; cette prédisposition cesserait néanmoins en avançant en âge, et, passé quarante ans , on serait de moins en moins apte à contracter la maladie. Ces résultats seraient confirmés par cet autre fait remarquable , que la revaccination réussirait d’autant mieux , qu’elle serait pratiquée à une époque plus éloignée de la première inoculation vaccinale ; ainsi elle ne serait pas suivie du développement des pustules de vraie vaccine , dans les premières années de la vaccination; tandis qu’un peu plus tard, et jusqu’à vingt ans , la revaccination obtiendrait une proportion de succès en rapport avec l’âge plus avancé des sujets. C’est pour régénérer le vaccin que Galbiati , Negri , le docteur Lenox ont eu recours au cowpox. Les revaccinations sont aujourd’hui en usage dans toutes les armées, et réussiraient certainement mieux si elles pouvaient être faites de bras à bras , ou d’une pustule de cowpox à l’homme. Certains individus sont remarquablement prédisposés à la variole , qu’ils peuvent avoir plusieurs fois, malgré une vaccination très-bien réussie. Je connais un officier, vacciné dans son enfance , et en présentant les cicatrices caractéristiques , qui a été atteint de deux varioles confluentes , l’une à Saint-Cyr et l’autre au Mexique.
Aeupiinetwl^e* V acupuncture consiste à faire pénétrer au travers des téguments , et à des profondeurs variables , des aiguilles ' très-fines et très-acérées , qui , selon quelques auteurs , écartent les fibres de nos tissus sans les diviser. Ces piqûres sont ordinairement fort innocentes et peu douloureuses.
PETITE CHIRURGIE
L’acupuncture est très-ancienne en Chine et dans l’Inde ; J. Cloquet l’a préconisée en France contre. la paralysie, le rhumatisme chronique , les tumeurs indolentes , les ganglions indurés etc. Mais , sortie un moment de l’oubli , elle y est justement retombée.
On se sert pour l’acupuncture d’aiguilles de O^jOS à 0m,10 de longueur (fig. 125 , 126 , 127) , bien trempées , lorsqu’on veut les introduire sous les téguments et dans le tissu cellulaire flexibles.
Fig. 125. Fig. 128. Fig. 127.
pour les muscles, dont les contractions pourraient les briser, et amener des accidents dépendants de la présence d’un corps étranger. La tête de ces aiguilles est renflée, et terminée à pans ou par un anneau, pour l’empêcher de se perdre dans les chairs;. quelquefois on se borne à l’entourer de cire à cacheter.
On distingue trois procédés d’introduction des aiguilles : Ip .par simple pression continue avec la main , moyen peu employé ; 2° par pression combinée à un mouvement du rotation; c’est la pratique la plus usitée; 3° enfin' par percussion ySM moyen d’un petit maillet dont on frappe doucement l’extrémité libre de l’aiguille.
-Des. expérimentateurs hardis ont porté les aiguilles au travers du cœur, des poumons, des viscères abdominaux, des ■ nerfs , des vaisseaux etc., sans accidents, ont-ils dit, ni dangers. Il est prudent de se Lorner à les introduire au travers delà peau et des tissus cellulaire , fibreux et musculaire.
Éleetro-puneture. L’éiectro-pnnctnre consiste à se servir d’aiguilles à acupuncture terminées par un petit anneau du côté dé
PERFORATION RU LOBULE DE L’oREILLE, 185
leur tête {fig. 127) , comme moyen de transmission électrique, soit pour électriser le malade , soit pour lui soutirer l’électricité dont on l’a chargé par un courant ou une série d’étincelles , après l’avoir isolé sur un siège dont les supports sont en verre. On peut encore" soumettre un membre , ou toute autre partie du corps , à l’action d’une pile, en les mettant en communication, au moyen de deux aiguilles placées à leurs extrémités, avec les pôles de l’instrument. Dans ce cas , les douleurs sont assez vives , semblables à de violentes dilacérations , ou à des irradiations brûlantes ; la peau se couvre de gouttelettes de sueur, et quelquefois même de véritables pblyctènes. Nous avons essayé de faire fondre par ce moyen des gangbons indurés j et npus verrons, . en parlant des anévrysmes , le parti qu’on a tiré de ce procédé. (Voy. Cautérisation électrique, électrolyse , g. idl.)
L’électricité d’induction, ou faradisation , s’applique particulièrement aux surfaces tégumentaires , et est devenue, une source de traitements . fort efficaces pour réveiller les contractions musculaires , combattre les paralysies et ranimer les fonctions presque entièrement perdues. Nous avons ainsi guéri une malade atteinte de mutité depuis vingt ans (Comptes rendus de l’Académie des • sciences; décembre 1855).
Perforation du lobule de l’oreille. On pratique communément la perforation du lobule de l’oreille avec un petit troisquarts, que l’on pourrait remplacer par la pointe d’un' bistouri étroit et bien affilé , ou tout autre instrument piquant.
Si l’on se sert du trois-quarts,. on n’a besoin que d’un bouchon ordinaire et d’un fil métallique, de chanvre ou de soie, assez volumineux pour donner à la plaie un diamètre d’environ 0““,002.
On pressé le lobule de l’oreille entre les doigts pour l’engourdir, et l’on en appuie ensuite la face postérieure contre l’extrémité du . bouchon : lè trois-quarts , tenu de la main droite, enfoncé par un mouvament brusque dans le milieu du lobule auriculaire , le traverse de part en part , en s’implantant du côté opposé dans l’épaisseur du bouchon. On retire la tige du trois-quarts , et l’on porte au travers de la canule laissée en place le fil préparé , que l’on noue lâchement sur l’oreille après avoir enlevé la canule. Il survient en général très-peu de phlogose , et dès le troisième ou le quatrième jour , on remplace le fil par la tige d’une simple boucle d’oreille d’or.
Chez quelques personnes , les boucles d’ oreilles divisent par leur poids la portion du lobule qui les soutient. On doit , dans ce cas , en faire porter de plus légères ; si la division est complète , on perce le lobule de l’ôrèüle sur un autre point.
Les plaies d’armes à feu sont une des parties les plus importantes de la chirurgie , par l’étendue , la gravité et la multiplicité des désordres qu’elles produisent , et par le grand nombre d’hommes qu’elles peuvent atteindre sur un même lieu et dans un même temps. A la suite de quelques-unes de nos batailles on a compté plus de vingt mille blessés , et la difficulté des secours , l’encombrement , la misère , la multitude des opérés etc. font alors ressortir sur des masses , et dans des proportions colossales , les dangers et les inconvénients des traitements chirurgicaux mal étudiés et mal connus, ou appliqués d’après des principes irrationnels. Il est donc indispensable à tout chirurgien , mais principalement à celui qui est appelé à donner ses soins aux hommes de guerre , de se pénétrer des préceptes inspirés aux Percy et aux Larrey par une expérience de plus de vingt années , et d’acquérir à l’amphithéâtre , par des exercices répétés , la pratique et l’aptitude nécessaires pour rechercher les corps étrangers portés par armes à feu dans l’épaisseur de nos tissus , et en opérer l’extraction.
Les plaies d’armes à feu sont essentiellement contuses , et l’attrition en est le caractère dominant. Les bords en sont généralement secs , noirâtres , ecchymosés , béants , et de diamètres assez variables , selon le volume et la forme des projectiles , l’obliquité du coup, la résistance des parties atteintes. On. a répété que les plaies par armes à feu ne saignent pas, c’est une erreur; nous avons vu succomber un grand nombre de blessés à des hémorrhagies primitives et instantanées , et l’écrasement des tissus ne prévient pas toujours l’hémorrhagie des gros troncs artériels ou veineux.
On a cru ces plaies empoisonnées, et l’on sait par quels barbares procédés , de fer rouge et d’huile bouillante , on s’efforçait autrefois de détruire l’action du poison.
A. Paré a raconté , dans son premier discours sur le livre des plaies d’arquebuses , comment en 1536 , se trouvant à l’affaire du Pas de Suze , il ne put.dormir à son aise , par inquiétude d’avoir