‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 5 sur 131 · AÉRATION · texte numérisé non relu

AÉRATION

l’arrière-bouche au contact des instrumenté ; on diminue la sensibilité de l’urèthre par l’introduction de sondes avant la lithotritie ; on combat les complications inflammatoires d’une tumeur à extirper ; on opère la réduction des membranes muqueuse et musculaire avant l’ entérotomie ; on fait raser avec soin la peau etc.

Le Moral du malade ne demande pas moins d’attention. La crainte, les pressentiments funestes, les résolutions désespérées exigent de grands ménagements. Il faut se faire un devoir de rassurer les courages abattus , de développer la confiance et d’inspirer une sorte de certitude du succès. Sans ces précautions , l’esprit reste agité , inquiet , et réagit de la manière la plus fâcheuse sur l’état de la constitution et des plaies. C’est au chirurgien à décider si l’on doit prévenir ou non le malade du jour et de l’heure de l’opération. Aujourd’hui, que l’emploi des anesthésiques a supprimé la douleur, ce moment d’épreuve est beaucoup moins redouté, et est souvent attendu et affronté sans effroi.

Avant l’opération , le chirurgien dispose les locaux , ses aides, les appareils ; se met en garde contre les accidents ; règle l’emploi des anesthésiques et veille aux moyens de transport du malade. Rien ne doit être oublié ; l’excès de prévision révèle rexpérienee du praticien.

Les locaux comprennent la salle d’opération et la chambre où le malade sera placé, s’il n’est pas opéré sur son propre lit ou dans la pièce où il séjournera plus tard. Le beu de l’opération doit offrir une table , un lit , un fauteuil ou un tabouret , préparés de manière à rendre la situation du malade , du chirurgien et des aides également facile et commode. Pour la kélotomie , le lit sera élevé , afin d’éviter l’extrême fatigue d’une position trop longtemps inclinée. La pièce occupée par le malade pendant la cure sera , autant que possible , grande , exposée au levant ou au couchant , exempte d’odeurs et largement aérée.

Aération. L’influence d’un air pur sur le succès des opérations est devenue si évidente qu’on ne s’explique plus autrement la mortalité des hôpitaux et des capitales , comparée aux heureux résultats obtenus dans les centres moins peuplés, dans les campagnes et daîis la pratique particulière. L’amputation coxo-fémorale n’avait jamais réussi à Paris avant celle dont j’ai publié l’observation en 1841. L’ovariotomie y compte peu de succès. L’hystérotomie ou opération césarienne n’y à pas encore réussi. Les amputations de la cuisse donnent deux morts sur trois opérés , et tous les hommes de cœur et de science s’occupent de remédier à cette affreuse situation : les uns proposent de placer les hôpitaux au dehors des fortifications , ou de les suppiâmer en les remplaçant par des se-

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cours à domicile , ou enfin d’en modifier les conditions d installation.

Nous avons l’hafiitude de laisser des prises d’air, constamment ouvertes , dans les parties supérieures de nos salles , où j ai fait également établir de grandes cheminées. J’attribue à ces précautions et à la propreté imposée aux malades et entretenue dans les locaux , la guérison presque constante de nos opérés , dont pas un seul n’a succombé pendant notre clinique de 1863-1864.

La lumière naturelle est la plus favorable pour éclairer les parties que l’on opère. Si l’on est obligé de recourir à la lumière artir ficielle, de petites bougies de cire blanche, flexibles, donnent le plus de clarté ; on les approprie, en les coudant, aux dispositions des plaies irrégubères ou profondes, et on évite l’ombre en les multipliant.

Rien ne serait plus facile que de projeter la lumière au moyen de réflecteurs appropriés. ;

Les aides seront chargés de fonctions spéciales et seront avertis des cas où ils auront à se suppléer. Chacun d’eux doit se tenir attentif au signal du chirurgien ou à l’indication à remplir, et les manoeuvres les plus délicates et les plus compliquées se simplifient et s’exécutent sans obstacle. L’un veille à la compression de l’artère pi’incipale du membre, ou met les doigts ou de petites pinces compressives (voy. hémostasie) sur. les vaisseaux , au fur et à mesure de leur division. Un autre écarte les tissus et éponge le sang ; un troisième présente les instruments , les recueille quand ils ont été abandonnés , pour les offrir de nouveau dès que le besoin l’exige ; un quatrième pose les ligatures. Tous doivent chercher à deviner et à prévenir les demandes du chirurgien , qui juge ainsi de leur empressement et de leur intelligence. Si l’on a recours aux anesthésiques, l’emploi en est confié à une personne sûre et expérimentée, ou surveillé et dirigé par l’opérateur. Maintenir le malade, changer les draps remplis de sang , renouveler l’eau chaude ou froide dont on se sert , sont des soins accessoires, sans doute, mais dont l’accomplissement concourt, comme tous les autres détails, au but suprême : le succès.

De bons aides sont d’un prix inestimable ; tout devient simple et facile avec leur secours, et sans eux tout est souvent péril et embarras.

appareil instrumental se compose des instruments , bandages et appareils jugés nécessaires pour l’opération qui va être faite. Le chirurgien s’assure du bon état de chaque objet, en multiplie le nombre et les, variétés, et ne néglige aucune éventualité. Une foule d instruments restés sans emploi n’entraîne pas d’inconvénients ,

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