‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 53 sur 131 · TOURNIQUET · texte numérisé non relu

TOURNIQUET

encore une plaque de corne h, sur laquelle le lien . est noué , et ensuite tordu par le bâtonnet, de manière à ne pouvoir blesser la peau. Ce petit appareil ,

peut être confié à un aide ‘ chargé d’augmenter ou de diminuer la constriction, ou on l’assujettit aü moyen d’un cordon de fil qui est ordinairement fixé au bâtonnet , et le maintient.

Le garrot se trouve partout , et peut être construit facilement; mais la a constriction , une fois établie , ne peut être modifiée qu’ après un temps assez long , et s’étend à toute la circonférence du membre ; aussi a-t-il été presque entièrement abandonné en principe , quoiqu’il soit fort utile à l’occasion.

3° Le fowrnigMet , instrument dont Fig i43

on possède aujourd’hui une . foule

de variétés, a. moins d’inconvénients que le garrot. Celui de

J. L. Petit {fig. 144) était formé de deux plaques superposées en

bois a a , pouvant s’écarter ou se rappro- ^

cher au moyen d’une vis de pression h, à

larges pas écartés , fixée sur une plaque |

inférieure,quiétaitelle-mêmegarnied’une |

pelote c ; une autre pelote d semblable , |

et un large ruban terminé par une boucle p-

complétaient l’appareil. Pour en faire

usage , les deux plaques étant rapprochées ^ ^

l’une de l’autre , on appüquait la pelote c, ^ -

attachée à la plaque inférieure sur le traj et ^ |

de l’artère, tandis qüela plaque supérieure

soutenait , au moyen d’ouvertures trans- Pig, 14,4,

versales , le ruban , qui était également .

engagé dans la. pelote mobile d, que l’on fixait sur le point du

membre opposé à l’artère. Le ruban était serré et assujetti par sa

boucle. Il suffisait de tourner la ^ds pour que la pelote pressât sur

le vaisseau avec d’autant plus de force que les plaques étaient plus

éloignées Time de l’autre, et le ruban, par conséquent, plus.

tendu. S’il fallait cesser la compression, on tournait la vis en sens

contraire.

On a substitué au mécanisme assez compliqué de l’instrument de

HÉMOSTASIE.

J. L. Petit, qui a trop de hauteur, un cylindre d’acier fixé sur une crémaillère ; mais le mouvement en est trop long. Une simple boucle pourrait suffire dans le plus grand nombre de cas.

On voit que l’instrument de J. L. Petit n’agit sur le membre que dans deux points opposés, et qu’il est ainsi d’un usage plus avantageux qpie le garrot; aussi l’emploie-t-on souvent pour arrêter une hémorrhagie, ou modérer la circulation de l’artère principale d’un membre ; cependant il présente le grave inconvénient de gêner toujours un peu le retour du sang par les veines , et de produire l’engorgement des parties subjacentes , si funeste à la suite des opérations. On s’en sert encore quelquefois pour prévenir l’hémorrhagie pendant les amputations ; dans ce cas il présente les inconvénients du garrot, quoique à un moindre degré.

4° Compresseurs. Une foule de compresseurs mécaniques ont été proposés dans le but d’arrêter le sang dans le trajet des artères

Fig. 145. Fig. 146.

anévrysmatiques , et nous pouvons indiquer entre autres celui qu’on attribue à Dupuytren , quoiqu’il appartienne réellement à Moore , auquel en est due l’idée et l’exécution. Ce compresseur (fig. 145) est formé de deux lames d’acier a a, larges de deux doigts, courbées sur leur plat , et articulées dans leur milieu h , de manière à représenter un segment de cercle plus ou moins grand. Une de leurs extrémités libres est garnie d’une pelote oblongue c, rendue mobile par une vis de pression c , en partie semblable à celle du tourniquet que nous venons de décrire , et pouvant s’infléchir à angle plus ou moins ouvert g g sur la tige métallique avec laquelle elle s’articule ; l’autre extrémité présente également un large coussinet f, destiné à servir de point d’appui.

Page 1