EFFETS DES LIGATURES
des membranes interne et moyeime les unit ensemble et forme un petit cul-de-sac au-dessus et au-dessous de la Ugature ; le sang laisse déposer quelques filaments fibrineux et il se produit, de la quinzième à la vingtième heure, un caillot étendu jusqu’à la première branche collatérale {fig. 162). Ce caillot s’épaissit successivement, remplit le vaisseau et empêche l’abord du sang de la vingtième à la trentième heure, selon le plus grand nombre des observateurs , et de la sixième à la quarantième au dire de M. Manec , qui a répété et agrandi le cercle des expériences de Jones , Travers et Béclard.
En général, ces phénomènes s’accomplissent d’autant plus vite que l’âge est moins avancé , la constitution plus saine et le sang plus plastique. Chez les vieillards , les scrofuleux et les hommes débiles il faut un temps plus long.
Le caillot qui ferme l’artère varie en longueur, selon que la ligature a été appliquée plus ou moins près d’une artère collatérale, au niveau de laquelle la circulation se continue et empêche la formation du coagulum, ce qui explique le danger de lier les troncs artériels à trop' peu de distance de l’origine de leurs branches.
Plus tard le caillot s’amincit, devient filiforme à son extrémité libre et est peu à peu absorbé. Il est curieux d’étudier les changements apportés par un grand nombre d’années dans la disposition des artères liées , et les pièces d’anatomie pathologique , dont les musées sont si riches, révèlent un fait qui étonné beaucoup âu premier abord. Au lieu de rencontrer une interruption complète entre les deux bôuts du vaisseau , dans le point divisé par la ligature, on trouve un cordon mince et résistant, rétablissant la continuité de l’artère. 'Ce résultat s’explique par les rapports persistants des deux points laissés en contact à la suite de l’application de la ligature et réunis par continuité plastique.
Si l’on a divisé l’artère entre deux ligatures , une rétraction plus ou moins considérable a eu lieu entre les bouts du vaisseau , dont la continuité ne se rétablit pas.
On a dit que le caillot n’adhère pas aux parois artérielles , qu’il y reste libre et fihforme. J’ai répété plusieurs fois la même observation, dans la carotide primitive et la crurale, mais cet état semble consécutif, et les. caillots volumineux et adhérents décèlent un état inflammatoire ou un coagulum récent. M. le docteur Notta pense que le caillot ne se vascularisé jamais , qu’il durcit et persiste indéfiniment.
Le premier effet de la hgature est de déterminer ime inflammation adhésive aux deux extrémités de l’artère ; après quatre ou cinq jours , une inflammation suppurative envahit le point occupé
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HÉMOSTASIE.
par le fil , qui se détache habituellement du dixième au q;uinzième jour, plus tôt ou plus tard. La suppuration formée au contact de la Ugature détruit parfois les adhérences déjà produites, et dans ce cas le caillot ne résiste plus à l’impulsion du sang que par son union aux membranes internes du vaisseau.
On comprend l’utilité d’exercer quelques légères tractions sur la ligature, vers l’époque de la division probable de l’artère. La présence du fil pourrait augmenter l’inflammation et la suppuration. Aussi les chirurgiens s’assurent-ils à chaque pansement de l’état de résistance des ligatures, dès le dixième ou douzième jour, et les retirent-ils , dès qu’elles ne sont plus retenues dans la plaie.
Effets des ligatures plates et volumineuses. Si l’on s’est servi d’une ligature volumineuse , composée de plusieurs .fils réunis , ronds ou cirés à plat , ou d’un petit ruban , les phénomènes offrent des différences défavorables. Les membranes internes ne sont pas coupées nettement ; une ligature plate les mâche , ne les divise pas complètement , occupe un espace plus large , détermine une suppuration plus étendue et peut amener l’hémorrhagie. Toutefois ces accidents sont assez rares , et quoique la ligature fine et ronde soit à nos yeux la meilleure, les différences dans les résultats, bien que réelles sans doute, sont ordinairement très-faibles , puisque l’usage des grosses ligatures prévaut encore en France, et qu’on en obtient habituellement de fort bons effets.
Effets des ligatures avec interposition d’un corps étranger. Toutes les fois que l’on a laissé en place une ligature serrée sur une artère avec interposition d’un corps étranger, tel que presseartère, rouleau de diachylon etc. , jusqu’à la division complète du vaisseau, des inflammations suppuratives ont été telles que l’on n’a pas tardé à s’apercevoir du dangpr d’une pareille conduite, à laquelle on a renoncé généralement. Il est fort difficile de prévoir avec certitude les conséquences de la simple juxtaposition des parois artérielles , laissées en contact pendant quatre ou cinq jours dans le procédé de Scarpa. Un caillot doit avoir lieu, mais en combien de temps et quelle en est la force d’adhésion à la tunique interne du vaisseau? Le cours du sang ne peut-il pas se rétablir, et si un caillot s’est' formé , n’est-il pas à craindre qu’il ne soit détaché sous l’influence de l’inflammation due à la présence de la ligature et du cylindre de diachylon ou de toute autre substance interposée, et qu’il ne survienne des hémorrhagies consécutives et des embobohes? Lorsque ces accidents sont évités , les phénomènes subséquents de l’oblitération de l’artère sont semblables à ceux des ligatures immédiates simples.
Le degré de constriction à donner aux ligatures varie selon que