TORSION DES ARTÈRES
les membranes internes doivent être immédiatement divisées par le fil , ou seulement mises en contact : c’est à busage à apprendre quelle est la force qu’il faut employer ; dans aucun cas il n’est besoin d’un grand effort, et l’on doit s’exercer sur le cadavre à ces faciles expériences.
De la topsîdn des artères. Cette opération n’a jusqu’à présent été appliquée sur l’homme qu’à l’extrémité des vaisseaux divisés. Galien paraît avoir connu la torsion, qui avait été complètement oubliée; quoique Amussat , Velpeau, Thierry et Carron du Villards paraissent s’en être occupés en même temps et aient réclamé la priorité de cette découverte , il nous semble incontestable qu’ Amussat est celui qui l’a le mieux étudiée.
Pour exécuter la torsion , il faut avoir à sa disposition deux pinces à torsion ordinaires (fig. 163) et une troisième pince à refoulement (fig. 164).
Les pinces à torsion , un peu plus volumineuses que les pinces ordinaires , sont à coulisse et à verrou , de manière à pouvoir être maintenues fermées à volonté.
La pince à refoulement n’a pas de mors , mais des tiges cylindriques entre lesquelles l’artère peut être assez fortement serrée pour que ses deux tuniques internes soient divisées et refoulées à une plus ou moins grande distance dans l’intérieur de la tunique externe.
Amussat saisissait l’artère en qpiatretemps. Dans le premier, il appliquait les mors d’une des pinces à torsion sur la petite portion du vaisseau qui 'fait saillie au dehors de la gaine celluleuse, et la tirait à lui pour la dégager davantage ; il portait alors sa seconde pince dans l’artère, si elle était assez volumineuse ; sur elle, si elle était d’un trop petit calibre , et la maintenait avec plus de force. La première pince, devenuelibre, servait à repousser le tissu conjonctif et les parties voisines dans l’étendue de 0“*,015, et était portée sur le vaisseau le plus haut possible pour remplacer l’autre pince, que l’on retirait. Dans le quatrième temps , on place transversalement la pince à refoulement sur le point de l’artère le plus rapproché de l’autre pince, et, en appuyant avec force sur les mors, qui sont cylindriques , on divise les tuniques interne et moyenne du vaisseau. On pratique alors la torsion sur l’extrémité bbre de l’artère avec
Fig. 163. Fig. 164.
HÉMOSTASIE.
Faiitre pince , en la tournant dans ses doigts , après l’avoir fermée au moyen du coulant (fig. 163, a), et on la tire un peu à soi , afin que la torsion se fasse sur la partie du vaisseau qui n’est plus constituée que par la tunique celluleuse ; précaution indispensable , pour éviter d’agir sur les membranes internes, qui exposeraient à 1 a rupture de la tunique externe et à l’hémorrhagie. On peut refouler les membranes internes vers l’extrémité supérieure de l’artère, en diminuant un peu la pression de la pince à refoulement , entre les branches de laquelle le vaisseau passe pour ainsi dire à la filière. On produit un effet contraire en soutenant bien l’artère et en continuant la torsion : les spirales de la tunique celluleuse repoussent les membranes internes, qui s’échappent en partie par l’orifice béant du vaisseau (fig. 165 , a) ; on peut rompre la portion saisie de l’artère immédiatement au-dessous des spirales (fig. 166 , a) , et ne pas laisser ainsi dans la plaie l’extrémité de l’artère , qui joue parfois le rôle de corps étranger. Ce procédé, minutieux et compbqué en apparence, s’exécute cependant avec rapidité lorsqu’on en a acquis l’habitude , ét nous paraît plus sûr et plus avantageux qu’aucun de ceux qui ont été jusqu’à présent proposés.
Thierry conseillait de ne pas trop isoler l’artère , et ne la tirait pas, hors des chairs. Dans la crainte que les tours de torsion ne s’étendent trop loin, il se bornait à saisir le vaisseau avec une seule pince , et tordait quatre fois les petites branches , six fois les moyennes et dix fois les plus grosses. Ce chirurgien ne portait pas la torsion jusqu’à la rupture des membranes (fig. 167), et comptait sur les spirales pour intercepter le sang.
Fricke, de Hambourg, avait adopté ce procédé.
Le principal mérite de la torsion serait de permettre plus sûrement la réunion immédiate et de pouvoir être exécutée sans aide.
La torsion, plus difficileet plus longue à exécuter que la ligature, entraîne des inflammations suppuratives le long des vaisseaux, n’empêche pas sûrement l’hémorrhagie , soit que les spirales ne soient pas bien faites , soit que du sang contenu dans le bout de l’artère en rompe les membranes , accident au reste fort rare , tandis qu’on observe assez fréquemment une rupture latérale du vaisseau , causée par les membranes internes elles-mêmes , qui s’engagent entre les spirales de la tunique celluleuse et la déchirent. C’est pour éviter cet inconvénient qu’Amussat avait proposé le refoulement. On a soutenu que l’extrémité de l’artère ne joue jamais dans la plaie le rôle de corps étranger ; mai.s l’observation n’a pas