‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 58 sur 131 · HÉMOSTASIE · texte numérisé non relu

HÉMOSTASIE

confrères irlandais. On ne saurait trop insister sur l’avantage de pareilles tentatives , généralement exemptes d’accident.

Le docteur Debout a publié dans le Bulletin de thérapeutique un article intéressant de M. J. M. O’Ferral, dans lequel se trouve décrit et représenté un des principaux appareils de compression de l’artère crurale au pli de l’aine , pour le traitement des anévrysmes poplités. Cet appareil, compresseur de Read, (/(gr. 175) , se compose d’un bandage A formé par une lame mince de fer re-

Fig. 1T5. Fig. 176.

couverte de cuir àj’intérieur et bien matelassée à sa partie concave , échancrée à sa partie postérieure B afin d’éviter le contact douloureux du sacrum. Dé cette partie postérieure se détache un ruban d’acier élastique C susceptible d’être dirigé à droite ou à gauche et portant à son extrémité un cadran D , au moyen duquel on peut mouvoir dans diverses directions la pelote de l’écrou E , qui sert à la maintenir. Une petite vis à main F sert à fixer définitivement la pelote dans la direction qu’elle doit occuper.

La fig. 176 représente l’instrument appliqué à la partie supérieure de la cuisse de manière à produire la compression de l’artère au pli de l’aine.

Velpeau a fait construire un compresseur muni de deux pelotes, destinées à rendre la pression alternative et moins fatigante, sans en interrompre le cours. Une large gouttière A {fig. 177) embrasse la partie postérieure du membre et se fixe en avant avec des courroies B B C C. Deux tiges d’acier D D , partant de chaque côté de la gouttière et portant une double articulation D F , soutiennent des pelotes E E mobiles sur un écrou H H , où marche la vis GG. Le tourne-vis I sert à relâcher ou à maintenir

ANÉVRYSMES.

les ressorts , et l’on comprend à la première vue le mécanisme et l’action de cet appareil , dont une des pelotes, amenée sur le trajet

Fig. 177.

de l’artère, est abaissée et rendue compressive, pendant que l’autre est relâchée pour devenir active à son tour , lorsque la pression de la première cause des douleurs.

M. Broca a donné le modèle d’un appareil à compression élastique, continue et alternante de l’artère fémorale. La gouttière AA {fig. 178), soutenue autour du bassin et de la cuisse par des cour-

Fig. 178.

roies supérieure et inférieure , porte deux tiges B B , fixées sur une traverse métallique G. Les pelotes , au nombre de deux D D , peuvent être élevées ou abaissées et portées dans différents sens , au moyen de ressorts mobiles élastiques E E, de manière à être

HÉMOSTASIÉ.

exactement placées sur le trajet de l’artère, qu’elles compriment en même temps ou alternativement à volonté.

Le caoutchouc est trop sujet aux altérations pour donner des résultats très -favorables ; aussi Mathieu a-t-il remplacé cette substance par des ressorts métalliques en spirale. On a fabriqué des compresseurs spéciaux pour ,1a carotide, la sous-clavière, l’aorte abdominale. MM. D uval, Benj Anger, Jules Roux (compresseurpolydactyle), Bourgery, Michon et beaucoup d’autres ont décrit des appareils de ce genre.

Flexion' forcée des membres. Dans cette position, l’anévrysme est eomprinié et comprime directement l’artère. On en cite d’assez nombreux succès. (Voy. Denucé , Soc. méd. chir. de Bordeaux , t. III, p. 11,1868.)

Compression digitale. On a substitué, dans ces dernières années , l’action des doigts à celle des machines et on a obtenu par ce moyen de très-rapides et nombreuses guérisons. Il existe une foule d’observations où des aides se sont succédé jour et nuit pendant plusieurs jours pour favoriser la coagulation du sang dans la tumeur ét son oblitération définitive. La solidification , au moins partielle de l’anévrysme , et la cessation des battements , sont des résultats habituels , mais malheureusement temporaires dans un grand nombre de cas. Les succès sont assez nombreux cependant pour que cette méthode soit vivement recommandée. Je ne l’ai pas encore appliquée ni vu appliquer avec succès , quoique mes observations soient assez nombreuses, mais d’autres exemples de guérison sont incontestables. M. leprofesseurVanzetti, de Padoue, qui avait nettement compris et préconisé ce mode de traitement en 1845 , en a communiqué à la Société de chirur-gie en 1864 huit nouveaux cas.

Parmi les anévrysmes guéris , deux artérioso-veineux disparurent après une compression digitale de six heures sur l’artère et la veine blessées.

Il y a peu de différences, au point de vue du mécanisme de la guérison , entre la compression produite par des machines (compresseurs mécaniques, pelotes, tourniquets etc.) , ou par les doigts, mais il faut reconnaître que ce dernier procédé est beaucoup plus simple, moins douloureux, qu’il paraît d’une efficacité aussi assurée, malgré ses fréquents insuccès, et qu’il est parfaitement rationel d’y recourir en premier lieu. La compression digitale peut être continue, intermittente, graduelle, complète, incomplète, simple, double et alternative etc.

Formation , caractères et différences des caillots dans les tumeurs anévrysmales. On a rencontré et décrit dans les anévrysmes deux espèces de caillots. Les uns blanchâtres, résistants, fibri-

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