‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 60 sur 131 · TRAITEMENT DES ANÉVRYSMES FAUX ET VARIQUEUX · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ANÉVRYSMES FAUX ET VARIQUEUX

Physick, Dupuÿtren, Breschet, Lallemand etc. Se borner à la méthode d’Anel, lorsqu’on ne peut découvrir le vaisseau ; s’aider de la compression , pour modérer l’impulsion du sang , prévenir le retour de l’hémorrhagie parle bout inférieur de l’artère, favoriser la résolution du fluide épanché; donner issue au sang lorsqu’il est en quantité trop considérable pour qu’on puisse en espérer la résorption , ou dans le cas où il est décomposé et mêlé à du pus ; telles sont lés principales règles du traitement.

Le chirurgien américain Norris , dont tout le monde connaît les belles recherches sur les résultats du traitement par la ligature des principales artères, a lié la brachiale au-dessus et au-dessous de l’anévrysme variqueux sans toucher à la veine ; c’est le précepte que nous avons donné dans la première édition de cet ouvrage.

Il ne faudrait pas oublier que les anévrysmes variqueux guérissent très-souvent spontanément , et que , la plupart du temps , ils ne causent aucun accident et ne font pas courir de danger. De là la règle de ne les opérer qu’en cas de complications. Un de nos malades de la Clinique de Strasbourg , dont l’histoire a été recueillie par M. le docteur L’huillier, portait depuis douze ans , dans le creux du jarret, un anévrysme vaiiqueux de la grosseur d’un petit œuf de poule. Un coup de stylet avait été la cause de l’accident, et la tumeur était le siège de battements très-forts et d’un bruit de souffle qui disparaissaient par la compression de l’artère crurale. On n’avait jamais pris de précautions contre cette tumeur , qui restait stationnaire et ne causait aucune incommodité. Un autre de nos malades, atteint d’un anévrysme variqueux du pli du bras, suite d’une saignée malheureuse , était privé de sommeil par le bruit de sa tumeur. Nous avions pris jour pour pratiquer l’opération , lorsque, sans causes appréciables, le bruit cessa. Le sac se remplit d’un coagulum résistant et disparut peu à peu.

Il est des cas où l’on ne saurait lier l’artère au-dessus et au-dessous de sa blessure. J’en ai rencontré un exemplequeje crois unique. Un msdade , amputé de la jambe en 1848, à la Clinique de Strasbourg, par mon procédé à lambeau externe , eut un anévrysme variqueux à l’extrémité de l’artère tibiale antérieure , qui n’avait pas été liée au moment de l’opération. La tumeur, examinée par MM. les docteurs Mestre, Chély , Boudier, Coffres, Simon etc. , avait le volume d’un œuf de pigeon. Elle était molle, allongée dans l’espace interosseux, jusqu’à l’angle antérieur de la plaie, dont la cicatrisation était retardée. Des battements isochrones à ceux du cœur y étaient très -forts, ainsi que le bruit de souffle, que l’on entendait très-distinctement au doigt , à l’oreille et au sthétoscope. La compression de l’artère crurale supprimait instantanément les

HÉMOSTASIE.

battements , et le bruit de souffle reparaissait dès que la compression était suspendue. Dans ce cas, on ne pouvait lier l’artère audessus et au-dessous de l’anévrysme. Les seuls partis à prendre étaient , soit d’inciser la tumeur et de lier les vaisseaux dans la plaie , soit de placer un fil sur le trajet de l’artère crurale. C’est à cette opération que j’eus recours. L’artère, mise à nu au-dessous du triangle de Scarpa, fut coupée entre deux ligatures et le malade guérit promptement et sans aucun accident.

Traitement consécutif à l’application des moyens Itémostatiques. Dès l’instant qu’une artère principale a été fermée à la circulation par u.n des moyens hémostatiques que nous avons décrits , et particulièrement par la ligature , puisque c’est à cette méthode que nous avons accordé la supériorité , il est nécessaire de soumettre le malade à un repos complet et au régime des maladies aiguës , le membre placé dans la demi-flexion , et dans une position horizontale. On commence par ranimer la circulation générale par quelques potions légèrement excitantes, et on la modère ensuite par une saignée , si la réaction s’opère avec trop de force. Il est inutile de développer une chaleur artificielle autour des membres, à moins qu’ils ne restent froids. On doit alors pratiquer quelques frictions , qui mettent en jeu la sensibilité et provoquent un plus grand appel du sang. Les ligatures tombent, comme nous l’avons dit , du huitième au trentième jour, et on favoiâse leur issue après le douzième jour, en tirant légèrement sur elles à chaque pansement. Lorsque la guérison est avancée , ou même déjà terminée en apparence , il faut encore recommander aux malades d’éviter toutes les causes propres à augmenter l’énergie de la circulation , et surtout de ne pas se livrer à des mouvements trop brusques ; car on a vu survenir, à des époques très -éloignées de la blessure , des hémorrhagies consécutives , qui non-seulement compromettaient le succès de l’opération, mais encore la vie.

Accidents qui peuvent suivre l’emploi des moyens licmostatiques. L’accident le plus commun et le plus important à éviter après l’emploi des moyens hémostatiques est l’hémorrhagie, qu’elle soit primitive ou consécutive. On y remédie par tous les procédés que nous venons d’étudier , et il n’est pas sans intérêt de remarquer qu’à la suite des plaies artérielles traitées par la méthode de Hunter, Guthrie pensait que l’hémorrhagie est plus fréquente par le bout inférieur de l’artère que par le supérieur. (Voy. pour les hémorrhagies consécutives, le chapitre Amputations.) Les autres accidents ne se montrent qu’à la suite de l’opération des

MODIFICATIONS CIB.CULATOIRES .

anévrysmes ; ce sont ; le refroidissement ; nous avons déjà dit les moyens de le combattre ; l’irritation et l’inflammation dont le membre peut devenir le siège après le rétablissement du cours du sang ; dans ce cas, les antiphlogistiques ordinaires sont applicables ; la persistance de la circulation dans la tumeur anévrysmale : on la voit en général disparaître au bout de quelques jours , et d’ailleurs la compression peut aider à en triompher ; l’inflammation du sac , qui détermine la formation d’un abcès que l’on ouvre à la manière ordinaire. La gangrène ne survient malheureusement que trop souvent, et cause de vastes plaies tégumentaires , si elle est restée superficielle et peu étendue , ou nécessite l’amputation dans le cas contraire , et devient une cause fréquente de mort.

Modifications imprimées à la circulation par l’oblitération d’un tronc artériel. La

pléthore viscérale suit parfois l’interruption du cours du sang dans les principales artères d’un membre. Les anastomoses, qui rétablissent immédiatement , dans le plus grand nombre des cas , la circulation, seront indiquées . avec détail à l’occasion de la ligature de chaque artère. Nous donnons ici un exemple du rétablissement collatéral de la circulation par les articulaires à la suite de la ligature de l’artère poplitée a h (figAlQ). Une question plus douteuse se présente : se forme-t-il de nouveaux vaisseaux destinés à remplaceux qui ont été liés? Le docteur Parry et, depuis lui, de nombreux expérimentateurs , ont cru apercevoir des anastomoses artérielles , créées de toute pièce entre les deux extrémités obbtérées par la bgature de la carotide primitive , sur des animaux. Blainville et quelques autres anatomo-physiologistes croyaient aussi à de nouveaux vaisseaux anastomotiques développés dans la trame intime du parenchyme organique , où le sang est déposé et oscille plutôt qu’il ne circule. Porta, dont les recherches à ce

HÉMOSTASIE.

sujet sont des plus intéressantes , admettait la création de nouvelles anastomoses , et a donné le nom de circulation collatérale directe ; fait entre les deux bouts oblitérés d’une artère . 180) , et celui de circulation collatéindirecte aux anastomoses musculaires et sous-cutanées, produites à quelque distance {fig. 181). 3La fig. 180) représente le premier genre de ces anastomoses développées

entre les bouts a b de l’artère iliaque d’un cbien, trois mois après la ligature ; On voit le Fig. 180. ligament fibreux c , intermédiaire aux extrémités perméables du vaisseau , et trois arcs anastomotiques d, e, f, provenant en haut du tronc artériel et en bas de la même artère et d’une dejses branches. (Porta, pl. IV , fig. 3.) Le second genre , ou la circulation collatérale indirecte, se voit très-bien sur la fig. 181. La ligature de l’artère fémorale droite d’un chien avait été faite trois mois auparavant et avait produit un système artériel anastomotique dans l’épaisseur des muscles cou-

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