‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 72 sur 131 · SECTION DES OS · texte numérisé non relu

SECTION DES OS

trihutîons à la chirurgie, 1. 11, p. 130), qui vécut plus de vingt ans à l’hôtel des Invalides , à la suite d’une amputation de la totalité de la cuisse que nous lui avions pratiquée, ne pouvait plus , à la fin de sa vie , s’appuyer sur la selette , dont il s’était longtemps bien servi , et M. le docteur Dauvé découvrit à l’autopsieque le nerf sciatique présentait un renflement de la grosseur d’un œuf de pigeon , dont le contact et la pression étaient devenus insupportables.

Il est donc prudent de couper très -haut les gros troncs nerveux, pour prévenir cette fâcheuse complication.

Section des os. On se servait autrefois de réfracteurs métalliques pour relever les chairs et les préserver de Faction de la scie ; on les remplace aujourd’hui par une simple compresse fendue, dont ■on entoure l’os , et dont on croise les chefs sur les parties molles; quelques praticiens se contentent même de les faire relever par un aide. On porte la scie sur le point de l’os le plus rapproché des chairs , après avoir tracé d’un coup de bistouri le trajet qu’elle doit parcourir , pour être sûr de ne pas laisser de fibres musculaires encore adhérentes. On a craint de déchirer le périoste, dont la lésion a été accusée de produire lé tétanos, la nécrose, la suppuration etc. Græfe, pour éviter ces accidents, raclait le périoste de haut en bas ; Brunninghausen de bas en haut , de manière à en former une petite calotte , qu’il rabattait. J. L. Petit, Ledran, Alanson, Outhrie etc. ont prouvé l’inutilité de ces précautions , et Ton se borne aujourd’hui à inciser circulairement le périoste.

L’ongle du pouce gauche , placé sur le point où doit porter la scie , en soutient la lanae. Dès que la voie aquelqùes millimètres de profondeur , on retire le pouce, dont la présence est devenue inutile, à moins que la scie ne soit mauvaise ou que l’on manque de l’habitude de s’en servir. La scie doit être , en commençant , conduite avec lenteur , et l’on n’en augmente le mouvement qu’au fur et à mesure qu’elle a pénétré plus profondément ; on le ralentit de nouveau en finissant, pour éviter de faire éclater l’os. Si l’on veut diriger la scie avec régularité et précision , il faut autant que possible immobiliser l’épaule , et se servir seulement de l’avant-bras , qui ne permet aucune impulsion latérale et n’agit que dans le double sens de l’extension et de la flexion. L’aide chargé de maintenir le membre doit redoubler d’attention au moment où l’on achève la section osseuse. S’il relève le membre, ü presse la scie et en arrête la marche ; s’ü l’abaisse , il peut dépasser le degré de résistance de la portion d’os encore intacte et la briser. Lorsque ce dernier accident arrive ,• on égalise l’extrémité osseuse avec une pince incisive , ■on avec une petite scie propre à di^ûser des fragments de peu de volume. Si le membre est composé de deux os , comme l’avant-

SÉDILCOT, — Méd. opérât» I

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bras et la jambe , on dirige d’abord la scie sur l’ps le moins mobile (cubitus et tibia) , et dès que la voie en est bien tracée , on incline l’instrument vers le second os , dont on achève la section , et l’on termine en revenant au premier , qui est plus capable de supporter les derniers traits de la scie.

Procédé d’amputation circulaire de Vauteur. La dissection et le renversement de la peau sous forme de manchette nous paraissent inutiles , à moins d’indications particulières. La peau dénudée est peu favorable à la réunion , et le résultat est beaucoup plus beau lorsque les téguments dépassent à peine le niveau du plan musculaire ; ils sont alors bien soutenus , faciles à affronter et ne pressent pas contre l’extrémité osseuse cachée au milieu des chairs. Nous nous bornons généralement à couper la peau en deux traits de couteau , sans chercher à ménager l’aponévrose suhjacente ; nous divisons rapidement quelques brides filamenteuses, qui s’opposent à la rétraction tégunïentaire , puis nous incisons la moitié de l’épaisseur totale des muscles à 0®, 006 environ au-dessous du bord libre des téguments rétractés. Les fibres charnues superficielles entraînent avec elles la peau et se retirent à peu près au même niveau. L’aide applique ses deux mains sur la plaie , et porte fortement en haut les parties coupées , de manière à leur donner une forme conique ; l’opérateur conduit le talon de son couteau , tenu un peu obliquement , sur les fibres musculaires profondes , et les divise jusqu’à l’os. Au fur et à mesure qu’il les atteint, l’aide les embrasse sous ses doigts , et en augmente la rétraction , pour que les parties incisées soient à l’instant portées le plus haut possible , et que le chirurgien n’ait sous les yeux que les tissus restés intacts , dans un état de tension constant. L’opérateur divise les dernières insertions musculaires avec la pointe du couteau , et cette manœuvre permet , lorsque l’aide est exercé , de scier l’os aussi loin qu’on le juge nécessaire. La section des muscles , pratiquée en plusieurs temps, allonge peu l’opération. Dès que l’os a été scié , l’aide abandonne les chairs, qui retombent au delà de l’ extrémité osseuse et la dépassent de manière à former un cône creux à sommet supérieur. On a prétendu que le procédé de Bell peut seul empêcher l’os de faire saillie au delà des chairs en contact ; mais il suffit que les fibres musculaires les plus profondes aient été coupées un peu haut, bien que perpendiculairement , pour que les superficielles le dépassent ensuite. Les fibres insérées à l’os immédiatement audessus du point où porte la scie se contractent évidemment avec la même forcé et ne peuvent jamais être ramenées au devant de l’extrémité osseuse, que peuvent seules dépasser les fibres musculaires superficielles.

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