PROCÉDÉ A LAMBEAU SUPÉRIEUR DE L’ AUTEUR
rence à la méthode à un seul lambeau. antérieur, dont je me suis efforcé de généraliser l’usage. On évite ainsi deux grands dangers, l’étranglement du moignon et la rétention du pus. Quelle que soit l’habileté avec laquelle on exécute la méthode circulaire , la peau et les chairs tendent, comme nous l’avons dit, à se rétracter ;audessus de l’os et à laisser ce dernier à découvert , d’où la nécessité de pansements contentifs, pour prévenir les effets de la contraction musculaire et maintenir les téguménts allongés au delà de la plaie qu’ils doivent servir à fermer. La compression exercée par l’appareil étrangle les tissus et entraîne une foule d’accidents. (Voy. Pansement des amputations.) Les moindres mouvements du malade tiraillent le moignon , détruisent les adhérences déjà, formées et déterminent ou propagent l’inflammation. D’un autre côté, le pus et les autres liquides , accumulés au centre de la plaie , et retenus trop souvent par de fâcheuses tentatives de réunion immédiate , la compriment de dedans en dehors , et amènent de nouvelles complications , telles que l’engorgement œdémateux , des érysipèles , des lymphangites , des phlébites , des abcès diffus , la dénudation et la nécrose de l’os etc.
J’appelle lambeau antérieur celai qui est taillé . de manière à se trouver au-dessus du moignon , pendant le traitement de la plaie. On pourrait aussi bien le nommer supérieur, ce qui importe peu , dès qu’on comprend l’indication à remplir ; indication qui consiste à avoir un lambeau qui retombe sur le moignon par son propre poids.
J’avais conseillé de donner à la hase du lambeau un diamètre égal aux deux tiers de la circonférence du membre. Cette proportion est un peu trop considérable , et on peut la diminuer, si les chairs sont fermes et résistantes. La longueurdu lambeau doit être, en général, égale au tiers de la circonférence du membre. On se trouvera bien de couper les muscles profonds fort au-dessus du point de départ de l’incision tégumentaire , afin que l’os soit mieux recouvert. On divise les téguments de la face postérieure du membre au niveau ou un peu au-dessous de la section de l’os que l’on a dénudé plus ou moins haut , selon les indications , et le lambeau , retombant sur la plaie par son propre poids , la recouvre et la ferme , sans l’intervention d’aucun pansement compbqué. Deux épingles servent de chaque côté à réunir immédiatement la plaie, dont le centre béant répond à l’os. Nous abattons l’angle antérieur de ce dernier pour éviter l’irritâtion et l’ulcération des parties en . contact , et nous y appliquons un linge enduit de digestif pour facibter l’écoulement du pus.
On est obligé sans doute de modifier dans beaucoup de cas l’exé-
360 liIÉTHODE d’amputation A LAMBEAUX,
eution de ce procédé, mais les indications restent les mêmes : obtenir un moignon spontanément fermé sans étranglement des tissus et sans rétention des liquides. Avec ces règles , des soins et des précautions hygiéniques convenables, les guérisons sont très-nombreuses. Nous sommes arrivé à ne perdre qu’un amputé .environ sur dix, comme on pourra le constater d’après le tableau suivant, dont toutes les observations ont été publiées depuis 1848 ;
Amputations de cuisse . . .
— de jambe .
— . du bras dans l’article .
— du bras . . , .
— d’avant-bras .
— du pied en totalité .
partielles du pied. .
— carpo-métaearpiennes et métacarpiennes
— des phalanges . .
Totaux .... 47 42 5
Ces résultats sont restés â peu près les mêmes depuis 1853 , et à une de nos dernières cliniques nous n’avons pas perdu de malades sur deux amputés de cuisse et cinq de la jambe. Nous avons eu recours toutefois, pour ces dernières, à notre ancien procédé d’amputation oblique et nous en dirons plus loin les raisons.
Méthode mixte à deux lambeaux de V auteur. Nous avons décrit depuis longtemps , et nous avons pratiqué à la cuisse, au bras et à l’avant-bras, une méthode d’amputation qui présente les avantages réunis des deux méthodes circulaire et à lambeaux et qui nous a donné de beaux résultats. On coupe les lambeaux de dehors en dedans (voy. /igr. 227), oul’on porte un couteau à double tranchant sur le milieu du membre , que l’on traverse de part en part d’après les règles ordinaires , avec cette différence qu’au heu de raser l’os, on s’en éloigne , afin de ne comprendre que peu de muscles dans le lambeau: effet facile à obtenir dans la plupart des cas , mais surtout chez les sujets maigres et affaiblis , en raison delalaxité des téguments Fig, "m. que l’on tire fortement à soi. On pourrait ,
dans la crainte de ne pas tailler des lambeaux égaux , mesurer d’abord la circonférence du membre et marquer avec de 1 encre ou de toute autre manière les points où le couteau doit péné-
MÉTHODE d’amputation OVALAIRE, MODE ELLIPTIQUE ETC . 361
trer et sortir, seul moyen d’avoir toujours des lambeaux parfaitement égaux. C’est une précaution à prendre lorsqu’on n’a pas assez d’habitude pour juger sûrement des distances et de l’épaisseur des parties. L’instrument , engagé par ponction sous le premier lambeau, le coupe d’un seul coup. On répète la même manœuvre de l’autre côté, avec le soin d’éviter de comprendre l’artère principale dans les lambeaux, qu’un aide relève. On incise ensuite au niveau dés angles delà plaie les chairs profondes, comme dans la méthode circulaire, en les divisant obliquement de bas en haut , pour couper l’os plus ou moins loin de la base des lambeaux , selon le membre amputé. Quand on opère ainsi , les lambeaux sont courts , bien soutenus et assez minces. Le cône creux représenté par le moignon est profond , et la plaie offre uLe surface courbe , linéaire , sans plis aux angles, et est remarquable par le peu d’étendue , la régularité et la facilité de la réunion. Les résultats sur les blessés d’un embonpoint médiocre sont très-brillants.