‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 75 sur 131 · MÉTHODE OVALAIRE ET MODES ELLIPTIQUE OU ORLIQUE ET LOSANGIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE OVALAIRE ET MODES ELLIPTIQUE OU ORLIQUE ET LOSANGIQUE

Méthode ovalaire. Certains os, tels que les métacarpiens et métatarsiens, les articulations carpo-métacaiq)iennes et métacarpophalangiennes etc., ne sont pas entourés circulairement de parties molles , comme au bras ou à la cuisse.

Il est manifestement impossible de couper les chairs perpendiculairement à la longueur du premier métacarpien , pris ici pour exemple, et il en est de même pour la désarticulation de cet os dans la jointure du trapèze.

Les métacarpiens , comme les métatarsiens etc., ne sont enveloppés de téguments que dans une portion assez étroite de leur circonférence , et se continuent sans interruption , dans les autres points , avec le reste du membre. Si l’on veut les amputer au moyen d’une incision circulaire , cette incision ne sera plus perpendiculaire aux os , mais répondra à une ligne fictive passant par le centre de la plaie , qui aura la forme d’un ovale plus ou moins régulier.

L’amputation pratiquée dans ces conditions spéciales devient forcément ovalaire ou oblique et donne des plaies régulières, maisne saurait être généralisée avec avantage.

M. Scoutetten a publiéenl827 un très-bel ouvrage, avec planches, intitulé : Méthode ovalaire, dans lequel il en a figuré et décrit les procédés. Quelques-ims avaient déjà été indiqués par Lassus en 1793 ; par Charley dans une thèse soutenue au commencement de ce siècle ; par Langenbeck pour l’ablation des premier et cinquième métacarpiens et métatarsiens , et par Gutbrie pour la désarticulation

362 ilÉTHODE d’a^UPüTATION OVALAIRE, MODE ELLIPTIQUE ETC. du bras etc. C’est néanmoins à M; Scoutetten que revient rhonneur d’avoir réuni ces procédés épars et d’en avoir exposé , avec habileté , les modes d’exécution.

On peut pratiquer de plusieurs manières les amputations ovalaires : tantôt on taille un lambeau triangulaire ou en forme de a renversé , dont le point de départ est situé un peu au-dessus de l’os ou de l’article à amputer, et l’on en réunit les extrémités en coupant - en dernier lieu les parties intermédiaires , dans lesquelles on laisse ordinairement les principaux nerfs et vaisseaux du membre. Tantôt on commence par inciser complètement les téguments avec l’attention de ménager les vaisseaux , qui ne doivent, en règle générale, être coupés qu’à la fin de l’opération. Les résultats sont à peu près les mêmes ; mais on est cependant plus sûr de donner à la plaie la forme convenable , et de ménager toute la quantité des parties molles nécessaires , en suivant le second de ces procédés.

Une heureusé modification a été apportée à la manière de tailler les téguments. La plupart des articulations changent peu de diamètre après l’ablation de l’un des os qui les constituent. Ainsi, la désarticulation de l’humérus ne modifie pas la largeur de la voûte acromio-coracoïdienne , et il en est de même des autres jointures.

Si l’on sacrifie la peau au niveau de l’article , on s’aperçoit que les lambeaux manquent d’ampleur et deviennent, difficiles à réunir. De là le précepte que nous avons donné de placer l’angle de rencontre h des deux incisions divergentes c d {fig. 228) au-dessus de la ligne interarticulaire a, et de se borner à pratiquer une simple incision « & jusqu’à ce point. C’est l’incision en raquette ou en aujourd’hui généralement adoptée.

Modes elliptique et oblique . M. le docteur Soupart, professeur très-distingué de Liège, .a donné le nom elliptique à un procédé qm consiste à tailler un lambeau, dont l’extrémité arrondie et convexe est reçue dans une plaie concave formée à la partie opposée U me re. Les téguments peuvent être ainsi divisés en un seul emps, et les muscles et les os coupés d’après les règles déjà signaees , on obtient une plaie fort régubère de l’affrontement par réception du lambeau.

Fig 228

Mode losangique. Le raême chirurgien a décrit, à la main et au pied , de? procédés d’amputation dans lesquels les plaies se rapprochent par leur forme de celle d’un losange.

Pansement des amputations. Une grande dextérité dans le maniement instrumental ne fait pas seule le hon chirurgien ; il faut encore assurer le succès de l’opération par des soins ultérieurs. Le pansement comprend plusieurs indications d’une haute importance, et l’on ne peut voir sans regrets la foule des élèves accourus dans les amphithéâtres des hôpitaux , lorsqu’on y pratique une amputation, se retirer dès que le membre est abattu, sans s’inquiéter du mode de pansement , qui offre cependant autant d’intérêt que le mécanisme opératoire.

Lorsque la section des parties molles et de l’os est achevée , il faut suspendre , sans retour , le cours du sang dans les vaisseaux divisés.

Hémostasie. L’opérateur , guidé par ses connaissances anatomiques plus encore que par l’écoulement sanguin, porte la pince à ligature sur l’artère principale du membre, la saisit, l’isole, et un aide l’embrasse sur-le-champ dans une ligature. (Voy. p. 193 et suiv.) Cette opération est répétée sur chacun des vaisseaux , et le temps qu’elle exige n’est jamais trop long ; car si l’on néglige de lier quelques artères , une hémorrhagie consécutive peut survenir après le pansement , et obliger de défaire entièrement l’appareil et d’aller à la recberche du vaisseau , en irritant la plaie , et causant de vives douleurs ; le malade s’inquiète et on détruit quelquefois les premiers phénomènes de la consolidation. Si l’on ne parvient pas en outre à trouver la source de l’hémorrhagie , on est obligé d’employer la compression , qui détermine l’étranglement et l’engorgement des parties , et expose aux accidents inflammatoires les plus redoutables.

On ne peut donc trop s’apphquer à lier toutes les artères des membres , surtout en cas de réunion par première intention ; l’aide chargé de la compression la suspend par moments pour permettre au chirur^en de reconnaître si tous les vaisseaux ont été liés. Il faut enlever les caillots formés à la surface du moignon , éponger doucement les points dont le sang paraît sourdre , renverser de chaque côté les fibres charnues pour découvrir les dernières artérioles. Beaucoup de chirurgiens ont adopté l’usage d’attendre quelques heures avant de fermer définitivement la plaie. Pendant cet intervalle, le spasme se dissipe, le malade se réchauffe, et le sang recommence à couler par des vaisseaux que l’on n’apercevait pas et que l’on peut alors saisir et lier. Si, malgré ces précautions, on

ne retrouvait pas des artères coupées pendant l’amputation et assez volumineuses pour faire craindre une hémorrhagie ultérieure , ce serait un motif de ne pas recourir à la réunion immédiate. Cette règle est surtout applicable à la jambe , où les hémorrhagies sont très-fréquentes.

Quelques grosses veines donnent-elles du sang , on peut, après avoir appliqué le doigt sur leur embouchure, faire cesser toute compression du membre, et arroser la plaie avec de l’eau froide. Ces moyens suffisent ordinairement; dans le cas contraire, il faudrait recourir à la compression directe et immédiate , et à l’emploi des hémostatiques. La ligature serait une dernière ressource , à laquelle on est bien rarement obligé de recourir.

Si les tissus sont indurés par l’inflammation , et qu’on ne puisse faire de ligatures, on se sert du tenaculum. Lorsque le sang vient de l’artère nourricière de l’os , et qu’on ne réussit pas à la lier, on a recours à la compression directe.

Quand le sang provient de toute la surface de la blessure , ce qui constitue les hémorrhagies en nappe ou capillaires , on expose la plaie à l’air, on y projette de l’eau froide, ou de l’eau Pagliari, après avoir fait disparaître les bandages et autres causes qui feraient obstacle à la circidation veineuse; quand les surfaces du moignon sont composées de tissus sains , ces moyens suffisent ordinairement.

Lorsque l’écoulement du sang par la surface de la plaie est complètement arrêté, on nettoie avec une éponge les téguments du membre amputé , et on les essuie avec une serviette fine et douce. On enlève les draps et les pièces de linge qui ont servi pendant l’opération , et on met le blessé dans un état de propreté aussi nécessaire à son bien-être qu’à l’application du pansement qui doit suivre.

La plupart des opérateurs coupent près du nœud un des deux fils de chaque ligature , et les disposent soit à un des angles , soit aux deux bords opposés du moignon , et les enveloppent dans une petite compresse enduite de cérat, afin de les retrouver dans les pansements consécutifs, et de ne les exposer à aucun tiraillement. Cette précaution est indispensable, ainsi que celle de ne pas oublier , sous une légère couche dé sang concret , ou entre les intervalles musculaires , quelques fils de ligature , qui plus tard joueraient le rôle de corps étranger , et entretiendraient de petits pertuis fîstuleux à la surface du moignon. Nous avons vu des guérisons retardées plus de six mois par de pareilles causes. On pourrait compter les bgatures , pour éviter toute erreur ; quelques chirurgiens les placent isolément entre les lèvres de la plaie. Ce procède est bon ,

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