‹ Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. 4è éd. Tome secondChapitre 76 sur 131 · RÉUNION MÉDIATE · texte numérisé non relu

RÉUNION MÉDIATE

sil’on cherche à obtenir une réunion imihédiate, chaque ligature produisantmoins d’irritation et de suppuration, quand elle est isolée, que dans le cas où les fils sont rassemblés dans le même point ; mais cette dernière condition est la meilleure lorsqu’on ne recherche pas une adhésion primitive ; les ligatures servant à filtrer le pus vers le lieu de la plaie où elles ont été placées.

Uacupressuré et la torsion (voy. ces mots) rendraient ces précautions inutiles.

Pansements rétardés. Faut-il adopter la méthode des pansements retardés , et mettre quelques heures d’intervalle entre l’opération et l’application des bandages? En général, on peut, à la suite des amputations , panser immédiatement ; c’est la pratique la plus suivie, malgré quelques exceptions. Si des branches artérielles: dont le trajet est connu , n’avaient; pas donné de sang et n’avaient : pu être liées , et que le malade eût le pouls petit , concentré et la peau froide , il faudrait attendre que la circulation fût rétablie ; aumoment de la réaction , le sang recommencerait à circuler , et des artères, dont rien n’indiquait la présence, pourraient donner du sang en abondance. Dans le cas où la circulation n’a p'as été manifestament ralentie , et où aucun accident nerveux ne s’ést manifesté , si les principales artères ont été liées par le chirurgien , on peut procédér sur-le-champ au pansement , sans crainte d’hémorrhagies . consécutives.

Réunion médiate et immédiate. Deux principaux: modes de pansement s’offrent au chirurgien : la réunion médiate et Vimmédiate. Nous commencerons par les décrire , et nous en comparerons ensuite la valeur.

Réunion médiate. Dans la réunion médiate,, on intérpose un corps étranger entre les surfaces de la plaie;,: afin de provoquer la suppuration et le développement des bourgeons charnus , sorte de spongioles capillaires, qui s’organisent, deviennent fibreuses et. épidermiques et servent à constituer la cicatrice. La réunion médiate , mal exécutée , offre les plus graves inconvénients ; les corps étrangers , placés contre les surfaces du moignon , pressent les parties molles éten augmentent la rétraction , en même temps qu’ils favorisent la saillie de l’extrémité osseuse , et déterminent une vive inflanâmatidn et de nombreux accidents.

Nous avons ramené la réunion médiate , après les amputations , aux conditions déjà conseillées par Celse. Nous nous bornons à placer sur l’extrémité osseuse un linge très-fin , légèrement interposé entre les bords des téguments, et si l’on compare. l’étendue de surface du corps étranger avec la surface réelle de la plaie , on voit que cette dernière est beaucoup plus grande , et qu’elle doit néces-

sairement se réunir en partie par adhésion primitive. Ce mode de

pansement ne présente que des avantages.

La plaie nettoyée et les ligatures disposées à l’angle le plus déclive , un aide saisait le moignon à deux mains et en rapproche les bords, soit d’avant en arrière , ce qui permet de le poser sur un oreiller , sans en modifier la forme , soit de droite à gauche ou un peu ohliquement, ce qui place les angles de la plaie en haut et en bas , et facilite l’écoulement du pus.

Lorsque l’amputation a été bien faite, et que les tissus ont une certaine consistance , les moyens contentifs ordinaires suffisent pour les soutenir ; mais dans le cas où l’os n’a pas été scié assez baut , et où les chairs sont molles et irritables , il est avantageux d’entourer le membre amputé de tours de bande qui les maintiennent au delà de l’extrémité osseuse. Il faut une assez grande habitude pour bien appliquer cette bande : trop lâche , elle ne produirait pas les effets que nous venons d’indiquer ; trop serrée , elle déterminerait la congestion de la plaie , et serait nuisible. Le chirurgien porte ensuite le milieu d’un linge fenêtré très -fin et enduit de cérat ou de digestif jusque sur l’extrémité osseuse , et place , dans l’espèce de poche ainsi formée , quelques boulettes de charpie , de manière que les bords de la plaie restent légèrement entr’ ouverts jusqu’à' l’os. Les uns appliquent de chaque côté du moignon une compresse ployée sur elle-même pour empêcher le renversement et la rétraction des chairs ; d’autres emploient , dans le même but , quelques bandelettes agglutinatives. Le barron Larrey, que l’on peut citer comme modèle pour le pansement des amputations , se servait , au lieu de linge fenêtré , d’une mèche de charpie trempée dans l’onguent digestif simple ; il la recoùvrait de plumasseaux légers et mollets , et soutenait le tout avec des compresses longuettes entourées d’une bande , en ayant soin de n’exercer aucune constriction violente sur le moignon , ce qui paraît le point capital.

Que l’on se contente , au reste , d’une simple croix de Malte , d’une capeline, ou du bandage que nous venons de décrire , le résultat est le même dès l’instant que le moignon est suffisamment maintenu sans être comprimé. Une autre précaution , également avantageuse , est de ne pas ensevelir la plaie sous une énorme quantité de charpie et de compresses ; il est sans doute convenable de donner une forme arrondie au membre pour que les moyens contentifs ne pressent pas sur un point plus que sur un autre , et ne permettent aucune mobilité entre les surfaces divisées ; mais les Anglais nous ont reproché la profusion de nos pièces de pansement , qui irritent la plaie par la chaleur et la pression qu’elles déterminent , et il est bon de ne pas se priver des avantages attachés à un appareil simple

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