RÉUNION IMMÉDIATE
et léger. Cependant maintes fois des moignons recouverts de plusieurs centimètres de charpie, de compresses et débandés, guérissent parfaitement , et l’immobilité nécessaire à la cicatrisation , la température assez élevée et constante qui en résultent , sont peut-être des conditions qui n’ont pas été bien appréciées , et qui sont plutôt un obstacle qu’une prédisposition aux hémorrhagies secondaires, n faut donc tenir compte de la consistance des chairs , du mode de réunion adopté , et éviter également une compression trop faible ou exagérée.
Dans le cas où les surfaces traumatiques sont larges, plates et où des vaisseaux très-courts sont immobilisés par des aponévroses , comme à la jambe , ou par des tissus indurés , il nous a paru convenable de couvrir toute la plaie avec des boulettes de charpie sèches ou trempées dans du digestif ou de l’eau Pagliari , et maintenues par une deuxième couche de charpie , sur laquelle les téguments sont rabattus. La fréquence des hémorrhagies consécutives et la nécessité, dans un trop grand nombre de cas, de recourir à la ligature de l’artère crurale, m’ont imposé pour ainsi dire ce genre de pansement, dont. je me suis parfaitement trouvé et qui a prévenu les hémorrhagies. J’attends cinq ou six jours au moins, pour découvrir complètement la plaie , et à ce moment les artères sont , en général, définitivement oblitérées, et le libre écoulement du pus met à l’abri de toute inflammation ulcérative.
M. Legouest dit que les chirurgiens russes ont adopté , pendant la campagne de Crimée (1854-1656), un mode de pansement analogue. Ils couvraient la plaie du moignon d’un volumineux gâteau de charpie sèche et ramenaient les téguments' par-dessus. Ce premier pansement restait en placé plusieurs jours. Les résultats définitifs étaient assez favorables. (Dict. encyclopédique, t. III,
Réunion immédiate. La réunion immédiate , appliquée pour la première fois par Johge, qui la nommait réunion per symphysin , n’a été véritablement employée que depuis. Alanson, et a exercé la plus heureuse influence, même sur la pratique de ceux qui l’ont combattue.
Cette brillante méthode consiste à mettre en contact immédiat toute la surface des plaies , et à en obtenir l’agglutination sans suppuration.
Ce mode de pansement est d’une grande simplicité ; la plaie net- toyée , et tout écoulement de sang suspendu, on isole les ligatures et on les fait arriver hors du membre en droite ligne (fig. 229 , ah)., au lieu de les réunir dans un des angles du moignon ; puis on rapproche avec ^la plus grande exactitude les parties divisées, pour
qu’il ne reste aucun vide entre elles ; on met les téguments en rapport de manière à figurer une plaie linéaire, et on les maintient dans cet état au moyen de sutures ou de bandelettes agglutinatives. Le chirurgien, pour appliquer celles-ci , en place une des extrémités sur un des côtés du membre , à O'ï'jlS environ au delà du moignon, où les fixe la main .d’un aide , puis il conduit chaque bandelette sur le milieu de la plaie , dont les bords sont régulièrement affrontés, et de là à l’autre côté du membre , où il l’assujettit comme au point de départ. On répète cette manoeuvre en se rapprochant successivement des angles de la plaie; on laisse pendre les ligatures a h entre les bandelettes c , et on les entoure d’une petite compresse pour les isoler. Il est fort difficile de disposer les bandelettes de diachylon aux angles de la plaie , après les amputations circulaires , parce qu’elles n’offrent pas une résistance suffisante , qu’elles se froncent , et doivent être ramenées vers le centre du moignon ; mais cet inconvénient n’a pas de gravité , et n’existe pas dans les méthodes à lambeaux et ovalaire , ni dans la méthode mixte que nous avons précédemment décrite.
Lorsque les bandelettes ont été posées , on en assure la fixité par une bande à laquelle on fait faire une ou deux fois le tour du membre ; puis on place dé chaque côté du moignon quelques compresses pour exercer une compression égale , et empêcher qu’il s’y produise des vides qui feraient obstacle à la réunion. On pourrait faire usage d’un bandage roulé sur tout le membre ; mais on en néglige ordinairement l’emploi , et l’on se contente d’appliquer , au devant des bandelettes , de larges plumasseaux enduits de céràt , et de les soutenir avec des compresses longuettes, maintenues elles-mêmes par quelques jets de bande. Souvent , au lieu de poser directement les plumasseaux sur les bandelettes agglutinatives, on commence par couvrir celles-ci d’une large compresse fenêtrée, qui prévient des tiraillements douloureux au moment de la levée de l’appareil.
Quelques opérateurs ont cru obtenir un contact plus exact et dès résultats plus sûrs en fixant les téguments par des points de
Fig. 229.