MODE DE PANSEMENT DE L’ AUTEUR
reconnue. Le membre amputé est trop ou trop peu comprimé; les bandes se relâchent ; les chairs ne sont pas suffisamment soutenues; les muscles se rétractent, et malgré les perfections de la manœuvre opératoire , l’os fait saillie , s’altère et la vie du malade est en danger.
Pansement des amputations à la suite de notre procédé à lambeau antérieur unique. Un bandage bien fait est un faible palliatif aux inconvénients que nous signalons , et le remède doit être plus énergique et plus complet. Dès que les pansements fréquents ou retardés sont une source d’accidents , la question est résolue , et il faut les supprimer autant que possible. Les pansements n’ont pour but que de maintenir mécaniquement en contact les surfaces de la plaie. Si ces dernières restent spontanément affrontées, les pansements deviennent inutiles, et tel est le but que nous poursuivons en abandonnant l’amputation circulaire et en recourant à la méthode à un seul lambeau antérieur.
Un linge ployé en double et de deux travers de doigt de largeur, trempé dans le digestif, est appliqué sur l’os , de manière à constituer un canal central pour l’écoulement des bquides. Deux épingles à suture coudent et maintiennent les angles du lambeau jusqu’au moment où l’induration inflammatoire s’en empare , et l’on obtient une réunion immédiate latérale , sans rétention de pus dans la plaie, puisque l’extraction du linge laisse, le troisième ou quatrième jour, une cavité où se trouvent les ligatures, et où le sang, la sérosité et le pus ne sauraient s’accumuler.
Le moignon reste nu, exposé aux regards du chirurgien, et les moindres accidents sont sur-le-champ combattus par un traitement approprié. Si l’on veut recourir au froid ou à la chaleur , le moignon est couvert à volonté de glace ou de coton. Les fomentations se font avec des pièces de molleton de laine taillées carrément , et les lotions, les embrocations , frictions, injections etc. sont faciles. Le pus répandu incessamment sur le drap d’alèze ne contracte pas d’odeur, et dans le cas où le membre serait agité de soubresauts, on l’assujettirait avec un moiichoir ou' toute autre pièce de linge dont les extrémités seraient fixées au lit ou au côté du cerceau destiné à supporter le poids des couvertures.
Ces règles n’ont cependant rien d’absolu , et les chairs molles et sans soutien pourraient être légèrement maintenues ; et immobilisées par quelques circulaires , si l’indication s'en présentait.
Nous avons laprécautiond’abattrel’ angle antérieur des diaphyses osseuses pour empêcher la. trop grande irritation des tissus en contact, et l’interposition, pendant les premiers jours, de la pièce de linge dont nous avons parlé concourt à ce résultat. La saillie de l’os
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devient dès lors impossible , à moins de perforation de toute l’épaisseur du lambeau, ce qui n’arrive pas quand on a eu la précaution de couper l’os assez haut. .
Inutile de dire que nous admettons toutes les modifications apportées par la nature des lésions, les délabrements subis, la forme des. membres, les nécessités opératoires, sans cesser de rechercher comme but principal le libre écoulement des liquides de la plaie.
Si l’on a fait usage de sutures, on les enlève plus ou moins tôt, selon le degré d’inflammation ulcérative qu’elles produisent. Nous en. avons laissé en place pendant huit et dix jours, sans aucun inconvénient., parce que la laxité des parties avait prévenu toute tension et toute trace d’étranglement. Dans le cas contraire, on retire les épingles du troisième au sixième jour.
On a vanté , dans ces derniers temps, les applications de teinture d’iode, d’alcool, les solutions d’azotate d’argent, de sulfate et de perchlorure de fer sur les plaies récentes ou déjà suppurées. Tous ces moyens de pansement, inspirés par des conceptions théo-* riques, relatives à l’absorption des liquides altérés, n’ont aucune valeur générale, et doivent être réservés aux cas. spéciaux qui en réclament l’application.
Les ligatures tombent, en général, du huitième au seizième jour , mais on en voit persister dans la plaie beaucoup plus longtemps et résister aux légères tractions que l’on exerce journellement sur elles à partir du douzième jour , sans qu’il y ait lieu de s’inquiéter beaucoup de ce retard.
Accidents on complications. On les a distingués en primitifs et consécutifs.
Accidents nerveux. Les spasmes , l’agitation excessive , les vomissements , le délire , le refroidissement , le coma et la mort sont particulièrement observés à la suite des amputations traumatiques, et font périr, pendant le premier, le second ou le troisième jour , un certain nombre de malades. Le danger est proportionné au degré de la commotion , à la gravité des lésions concomitantes et à l’étendue de la plaie. Les narcotiques, le silence, les cordiaux, les antispasmodiques , les révulsifs sont indiqués.
Hémorrhagies. La plupart se déclarent quelques heures après 1 opération , et proviennent le plus ordinairement des artérioles dont on a'négligé la ligature. On a conseillé , pour les arrêter, les réfrigérants, les hémostatiques et la compression des artères du membre par le tourniquet ou tout autre moyen , et l’on a souvent réussi ; cepend^t, à moins de nécessité, il vaut mieux mettre la plaie à nu et fier médiatement ou immédiatement , selon les possibihtés ,