AMPUTATION DU PREMIER MÉTACARPIEN
Une seconde incision , qui se continue avec la première , est faite sur la face dorsale au niveau des commissures ; on relève les téguments et l’on désarticule les phalanges d’arrière en avant.
Huit artères collatérales sont ouvertes , et sont liées en cas d’hémorrhagie. On réunit lâchement la plaie par quelques points de suture ou des bandelettes de ligne enduites de digestif.
L’accident le plus à craindre après l’amputation des phalanges est l’inflammation des tissus fibreux et synoviaux, étendue à la main , au poignet et au membre. Garengept débridait les gaines fibreuses , et Barthélemy a donné le même conseil. L’élévation du membre, les purgatifs , les fomentations etc. préservent mieux de l’inflammation; si on n’a pu l’éviter, de larges et profondes scarifications , et surtout la cautérisation ponctuée sont les meilleurs moyens de traitement. “t.
Amputation des os du métaearpe dans leup continuité. L’amputation des os du métacarpe dans leur continuité est préférable aux désarticulations dans tous les cas où le siège des lésions le permet. Louis scia les métacarpiens sur une jeune fille qui conservait ainsi une petite portion de la main , et cet exemple doit être imité.
Si l’on ampute simultanément les quatre derniers os du métacarpe , on peut les scier perpendiculairement à leur longueur ; mais si on les enlève séparément , on doit avoir soin d’en couper en biseau les extrémités osseuses, du côté radial pour les deuxième et troisième métacarpiens , et du côté cubital pour les deux derniers.
On exécute l’amputation en masse des quatre derniers os du métacarpe en divisant circulairement les téguments à 0“,04 au . moins en avant du point où la scie doit porter, en faisant relever les chairs vers le poignet , et en coupant avec un bistouri très-étroit toutes les parties molles interosseuses. Avec une très-petite scie,, on divise les métacarpiens; les téguments, ramenés au-devant d’eux , servent à les recouvrir et à fermer la plaie.
Deux lambeaux à convexité inférieure , l’un dorsal et l’autre palmaire, donnent également un bon résultat. Si la peau d’une des faces de la main avait été désorganisée , on taillerait un seul lambeau palmaire ou dorsal.
Les procédés d’amputation de chaque métacarpien en particulier varient selon le siège et l’étendue de la lésion.
Premier métacarpien. On peut amputer circulairement l’extrémité antérieure ou phalangienne du premier métacarpien en portant le bistouri au niveau de l’articulation phalangienne. Plus en
arrière , la méthode ovalaire serait encore indiquée : on place rait la petite extrémité de l’ovale sur le côté externe du métacarpien , et la grosse extrémité au pli palmaire de la commissure. L’os serait scié , comme nous l’avons dit , dans une direction oblique de dehors en dedans.
Cinquième métacarpien. La méthode ovalaire est seule applicable à l’amputation du cinquième métacarpien, dont l’extrémité antérieure n’en est pas isolée comme celle du pouce. Le procédé s’exécute de la même manière, mais l’os est scié de haut en bas et de dedans en dehors.
Deuxième métacarpien. La méthode ovalaire convient également à l’amputation du deuxième métacarpien : il faut avoir l’attention de faire partir le sommet de l’Y du côté externe de l’os , et de fléchir le pouce dans la paume de la main pendant l’opération.
Le même procédé servirait pour les troisième et quatrième os du métacarpe ; seulement on ferait partir le sommet de l’incision de la face dorsale , et il ne faudrait presque pas sacrifier de peau ; autrement la plaie serait difficilement fermée, en raison de l’écartement permanent des os voisins.
Le procédé suivant a aussi été décrit pour ces amputations ; on traverse la main de part en part et d’arrière en avant avec un bistouri droit , en rasant une des faces latérales de l’os , et coupant contre soi toutes les parties molles jusqu’au delà de la commissure digitale. Reportant alors l’instrument dans l’angle supérieur de la plaie , on contourne l’autre côté du métacarpien , et l’on fait sortir le bistouri par l’incision palmaire , en ménageant complètement les téguments ; on divise , comme la première fois , toutes les chairs interosseuses, ainsi que la commissure; il ne reste plus qu’à isoler l’os au point où doit porter la scie, et à le couper obliquement. M. Courty propose une simple incision dorsale, qui sert à conduire une scie à chaîne autour de l’os , de manière à ménager complètement la face palmaire de la main.
Si les artères collatérales , leur tronc commun ou les arcades palmaires étaient lésés, on en ferait la ligature. Le pansemient consiste à rapprocher doucement les parties ; on évite les violences sur les articulations carpo -métacarpiennes , dont on prévient ainsi l’inflammation.
Amputations carpo-métacarpiennes. Tous les os du métacarpe peuvent être séparés du carpe, soit isolément , soit en totahté. Les deux premiers et le cinquième se désarticulent le plus fi'équemment.