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CHAPITRE II

PRATIQUK DU MOULAGK

Il faut avant tout pour confectionner un moulage avoir construit un modèle. Le modèle est çénéralement en bois.

Article I". — Construction des modèles.

A. — Généralités sur les modèles en bois. — Le modèle en bois sert, soit en cet étal, ce qui a lieu journellement, soit pour fabriquer un modèle métallique. Il n'est cependant pas toujours vrai que pour arriver au modèle en métal il faille forcément passer par le modèle en bois car dans certains cas, et notamment dans les fonderies de cuivre, on peut faire usage de modèles en plâtre y en cire ou en toute matière plastique.

On choisit des bois sains, parfaitement secs et de nature à prendre un poli suffisant pour qu'à la sortie du sable ou de la matière réfraclaire qu'on aura tassée sur la surface des moules, celle-ci ne soit ni inégale, ni raboteuse, après l'absorption d'une quantité plus ou moins grande d'humidité. Le bois choisi de préférence est le sapin du Sord.

Les modèles devant subir un moulage répété et exigeant par suite un^ grande solidité seront faits en chêne ; le noifer sera employé pour les très petits modèles de pièces de machines, etc..

B. — Du retrait. — La nécessité d'obvier aux effets du retrait de

la fonte entraîne l'obligation de donner aux modèles des dimensions

telles qu'après complet refroidissement les pièces soient ramenées aussi

près que possible de leurs véritables formes.

Le retrait est variable suivant la forme et les dimensions des objets, n 4

suivant hi nature et la qualité de ia foule; ses elTcts varii'iit qui'lqueg

fois avec le mode Ac moulage employé, // est d'environ I 0.

Les fontes noires ou très grises prennent moins de retrait que 1 fontes crises ordinaires ; les fontes truilf'es prennent plus de retn qne les fontes grises et moins que les fontes blanclies.

Une température insuffisante à la coulée ou un refroidissement tn Lruscjue dans le moule accélèrent les effets du retrait, ou tout au t les rendent très irrégiillers.

Dans la pratique, avec une bonne fonte de moida'^'c, on nnijore lei cotes principales des modèles de 9 à 10 millimètres par mètre quand les pièces sont de formes et de dimensions ordinaires, de 7 à 8 millimétrés seulement quand elles sont épaisses et massives et de 1 1 â 13 millimètres quand les pièces sont de grande étendue, d'une épaisseui relativement faible ou fabriquées avec une fonle s'approchanl d'à près de la fonle blanclie.

Il faut ajouter que les nombres ci-dessus ne sauraient être adoptjl d'une façon absolue, car l'emploi des nervures, plaquettes de c^tnsolid lion, etc. qu'on enlèvera par burinage sur l'objet moulé peut limiter beaucoup les effets de la contraction et la maintenir, même i les cas les plus défavorables, aux environs de 10 millimètres.

Le relrail donne souvent lieu à des efforts de tension considérablet et, si ces efforts s'exercent sur des parties trop faibles, ils peuvent e amener la rupture. De là, la nécessité d'artifices de consolidation ( d'exagération dans certaines dimensions qu'on enlèvera au trav{ d'usinage à froid.

C. — De Iti ilc'pouillc. — Absiraciion faite des précautions à prendre pour se prémunir contre les effets du retrait, il est encore une chcM essentielle dont on doit tenir compte dans le tracé des modèles, c'erf la dépouille, soit l'évasemenl à donner aux modèles pour faciliter leun sortie delà matière réfractaire constituant le moule et ne pas la dégrada

Tliéoriquenienl un modèle qui sérail parfaitement d'équerre (cub« rylimlre, etc.) pourvu que sa hauteur ne soit pas Irop grande, devrait pas avoir de dépouille.

Or, il arrive que, si ce modèle est en bois, ses pores se gonflent à causf de l'humidité du moule contre les parois duquel il glisse difficilement j s'il est en métal, il est sujet à s'oxyder et adhère davantage. Ile résulte qu'on ne peut se dispenser de la dépouille que pour les objet

IRArAtL r)K LA fOSTB

de dimensions restreintes donl il esl ris^oiireusemenl indispe

ihlf <le pas altérer les formes, soit parce que l'on ne veut ou l'on ne peut lessoumetlreàunlravaitdereclificalionparun usinage définitif à froid. Ainsi, en pratique, le modèle d'un cube ne sera pas un cube géométrique, sa base supérieure aura un ci3(é légèrement plus grand [,1 ) que relui de sa base inférieure, etc..

Dans la plupart des cas, l'usinage de rectification sera inutile et l'objet, avec ses dimensions modifiées du reste dans des limites très étroites, sera presque toujours utilisable par le eonslrueteur.

La dépouille sera souvent avantageusement aidée par un démontage bien entendu des modèles ou par des artifices spéciaux parmi lesquels il faut citer celui des pièces battues. Les formes mêmes des modèles nécessitent quelquefois leur démontage ou l'emploi de ces artifices.

La figure 23 représente la section d'une pièce pour laquelle s'est imposé le démontage du modèle ; celui-ci devra être constitué en trois morceaux, a, b, c, ainsi que l'indique la figure 24.

La figure 25 représente une portion de moulage en deux châssis C avec pièce battue M. l'ne pièce battue est un morceau rapporté eu sable un peu gras qui lui donne de la résistance et venant compléter le moule en s'adaptant à l'intérieur des cliAssis contre une portion de la surface du modèle M.

Le retrait et ta dépouille conduisent à donner au modèle des dimensions un peu difféienles de celles de l'objet fini : il faudra, en outre, tenir compte d'autres modifications résultant de la surépaisseur è laisser en certains [loints pour permettre le travail du tour ou de l'ajustage, !ur variant en pratique entre "» et iO millimètns.

Fig. 25.

c, cliâssis. — M, mt

li'le.— *, pièco tiottui

celte surépais

D. — Modèle» en métal, plâtre, etc.. — On fait généra leinoni en

(1) Pour un cuba de

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métal les modèles des pièces devanl être moulées un çrand nombre de fois ou de celles qui sont trop minces et trop faibles pour supporter sans inconvénients un nombre même limité de moulages successifs.

Le métal ordinairement employé est la fonte; cependant on se sert aussi du cuivre, du bronze, du laiton ou autres alliages.

Le plâtre est quelquefois employé dans les fonderies; soit pour certains modèles spéciaux d'ornement, car il se coupe mieux que le bois, présentant ainsi des angles plus vifs et des surfaces plus nettes, soit pour renforcer, compléter, allonger des modèles en bois en vue d'essais ou pour corriger des modèles qu'on ne veut pas refaire.

Dans tous les cas on donne de la dureté à la surface du plâtre en l'enduisant d'une ou plusieurs couches d'huile siccative.

La cire est employée dans les modèles pour fonte de bronze appliquée à rornementation et à la statuaire ou pour le moulage dit en cire perdue dont il sera dil quelques mots ultérieurement.

Article 2. — Moulage en sable et en terre

Le moule se prépare toujours en battant la matière re' frac taire (sable ou terre) autour du modèle représentant la pièce à fabriquer.

La matière réfractaire épouse toutes les formes du modèle et lorsqu'on relire celui-ci elle en conserve l'empreinte, si elle a été battue assez énergiquement pour bien se comprimer et s'agglomérer.

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