I. — Travaux exécutés à la presse
Nous ne pouvons donnera ce sujet qu'une assez rapide énumération, car la description du travail exécuté au pilon pourrait être reproduite ici en grande partie.
Le pilon agit par choc, la presse par pression lente : les déformations accomplies par ces engins donnent une idée toute différente de la ductilité du métal aux hautes températures du forgeage. Le travail î\ la presse se traduisant pluUU par un écoulement facile de l'acier, à l'instar d'une matière plastique, il est rationnel de penser que cet appareil sera supérieur au pilon pour les opérations (remboutissuffe et (iélampage ; et de fait le métal y court moins de risques <le déchirures, tout en y subissant une déformation plus grande et plus régulière.
Quant au forgeage proprement dit, il se fait très bien à la presst-, il y est rapide et peut être beaucoup plus précis ([u'avec le pilon : Véliragc y est particulièrement facile; il a fallu peu de temps à nos usines pour bien exécuter le fiuissage.
Il y a en effet un apprentissage à faire, surtout au point de vue de la profondeur à admettre pour les empreintes de la première chaude et la loi de leur décroissance aux chaudes suivantes si Ton ne veut s'exposer à avoir en fin de travail un lingot rapidement forgé mais rempli de gerçures. S'il est vrai qu'aux ateliers de Wliilwortli presque tout le travail de grosse forge et notamment le travail pour la marine (arbres coudés, droits, etc.) se fait à la presse, nous pouvons en dire autant
TRAVAIL DE l'ACIER 185
aiijourd*hui pour un certain nombre (l*usines françaises (^Unieux, chez Jacob Ilollzeret C»% etc., etc.).
II reste entendu que nous n'attribuerons pour Tinstant aucun caractère de sui)ériorité au travail de la presse pour ce qui concerne la qualité du métal élaboré: nous constatons simplement l'aptitude de Tens^in au travail de façonnasse.
11 est enfin une opération pour laquelle la presse paraît absolument convenir, c'est celle du fiabariage^ opération consistant à modifier progressivement et par action lente la surface d'une pièce déjà forgée de façon à lui donner aussi riçoureusement que possible, au travail d'usinage près, la courbure voulue en tous ses points.
La pièce devant être gabariée (tôles, plaques de blindage, etc..) est portée au rouge à peine sensible et conduite à la presse munie pour ce travail d'une panne et d'une enclume appropriées à cliac|ue cas. Des coins, tasseaux, etc. placés sous la pièce en des points déterminés de l'enclume, ou entre la pièce et la panne, serviront à gauchir la surface quand on donnera la pression. Toute presse à forger pourra servir au gahariage pourvu que l'écarlement des jambages soit suffisant pour la manœuvre des pièces qui, comme les tôles et les plaques de blindage, ont deux dimensions très grandes. Dans les grandes forges, on spécialise généralement les presses suivant le travail (ju'elles ont à faire et on règle en conséquence leur construction et leur puissance.