II. — Mise en parallèle des deiur. appareils
Il faut à un pilon une cliabolle de très grand poids ; celle du (Ireustit pèse 720 tonnes; celle des Aciéries de Terni (Italie) pèse 998 tonnes. La presse n'a pas besoin de chabotte, son action s'exerce tout entière entre des parties rigides solidement reliées entre elles : ses fondations sont insignifiantes.
L'avantage de la presse ne fera que s'accentuer dès qu'on voudra augmenter la puissance du forgeage. Que pourraient être les fondations d'un pilon de 150 tonnes par exemple et leur prix de revient ? Cette difficulté n'existe pas pour la presse.
L'effet utile du pilon n'est jamais qu'une fraction de l'effet théorique par suite de l'élasticité de la chabotte. Dans la presse, au con-
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traire, Tefforl du piston du pot de presse est intégralement transmis au lingot.
L'emploi de la presse ne donne pas lieu à ces énormes vibrations qui, avec le marteau pilon, ébranlent les constructions voisines, dérangent rétablissement des machines-outils, etc Enfin il ny a pas à
craindre de déplacement de la base.
Le métal se déformant beaucoup plus aisément à la presse (tout se passe comme si l'acier paraissait plus ductile), on pourra travailler les liuîj^ots plus froids et par suite diminuer le nombre des chaudes. MM. F. Gantier el Demenge estiment que le nombre des chaudes à la presse est réduit de moitié et la durée du travail des 4/5. Il en résulterait qu'on ferait cinq fois plus de travail dans le même temps à la presse qu'au pilon.
M. Dufour cite l'exemple suivant :
Avec une presse de 2000 tonnes, on a forgé un lingot octogonal de 900 mm. (diamètre inscrit) et 1200 mm. de longueur et on l'a ramené en une seule chaude en 40 à 30 minutes au plus, à la dimension carrée de 350 mm. Pour obtenir le même résultat avec un pilon de 50 à 60 tonnes, il eiU fallu deux chaudes et deux périodes de travail de une heure chacune.
Le nombre des chaudes serait réduit de moitié et la durée du travail dans le rapport de 12 à 5 qui vaut à peu près 2,5. Or, il est admis connue rèy^le générale par les praticiens anglais que l'on fait 2 fois 1/2 plus (le travail à la presse qu'au pilon dans le même temps. L'exemple cité par M. Dulour est donc susceptible de fournir un renseignement sérieux.
Faisant abstraction de la durée moins grande du travail pour un mêine corroyage et ne considérant ([ue la réduction du nombre des chaudes, nous voyons combien il est avantageux de travailler à la presse au [)oint de vue même de la qualité du métal. Les chauffages répétés font courir à l'acier des risques dangereux au sujet de l'état de son 4j;^rain qui tend de plus en plus à devenir cristallin et comme, en outre, l'acier peut être porté à une température un peu moins élevée on se mettra d'autant mieux en garde contre un « acier brûlé », c'eslrà-dire à grain cristallin et oxydé.
Il en résulte que la presse est un outil à grand débit, produisant plus que le pilon dans les moments d'activité industrielle et donnant pour le forgeage un prix de revient moins élevé.
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Il faut aussi leuir compte de la dépense de vapeur : d'après M. DaeleHj à dépense de vapeur éy^ale, la presse produirait le double du marteau-pilon, indépendamment de la question de rapidité.
Le nombre des coups à la minute est fort variable d'iuie presse à l'autre, il varie de 10 à 30 environ et est considéré pour l'instant comme très satisfaisant, étant donnée la lenteur relative des engins servant i\ mameuvrer les lingots : ^rues, ponts roulants, etc..
Pour avoir toutefois des résultats comparables au point de vue du prix de revient des deux forçeages, il faudrait que les essais fussent faits par une usine ayant une presse et un pilon équivalents : nous allons voir comment, très rationnellement du reste, M. Dufour cherche à donner une idée de cette équivalence.
IIl. — Equivalence d'une presse et d*un pilon.
Il paraît difficile d'établir un rapport quelconque entre le travail utilement dépensé dans le for^eaiçe au pilon et celui dépensé dans le forçeaçe à la presse. Ces deux appareils agissent bien différemmenl, et l'action de choc exercée par l'un d'eux ne peut être analysée rigour reusement.
Laissant de c<Hé toute considération théorique relative à l'équivalence de ces enjoins, on peut se proposer de rechercher quelle est la puissance que doit avoir une presse pour les travaux à exécuter.
« Et d'abord^ il est établi par Vexpérience quil fauly en forfieage « normal, compter sur une pression de 800 à 1000 kil. par centimèlre « carré du lingot : admettons 800 kil. »
Si on suppose que l'on veuille ébaucher des lini^ots octoijonaux de I mètre (diamètre inscrit) et qu'on veuille les amener à une dimension carrée quelconque, en forgeant sur 4 faces seulement, la plus grande largeur pressée sera obtenue quand on atteindra le premier carré qui a environ 70 cm. de côté. Si on se donne alors une largeur de panne de 35 cm. par exemple, on déduira la surface maximum pressée : 70 X 35=2430 cm».
Or d'après ce qu'on sait pour la valeur de la pression par cm- du lingot en forgeage normal, on aura pour la presse : 2430X800, soit environ 2000 tonnes.
Si au lieu de forger sur quatre faces seulement, on voulait forger sur les huit faces successivement, la surface pressée ne dépasserait jamais.
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avec un liriiTOt de I mèlre dediamèlre inscrit et un tas de 35 cm. comme plus haut : i2 X35= liTOcmq.; d où une presse de 1470 X S00 = 1200 tonnes.