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MONITIONS DE MOUT. CONCLUSIONS

cette intention des mourants, ou cette intervention du corps astral; c'est se refuser à aller au delà des démonstrations. Il est fort possible qu'un jour, quand la métapsychique aura fait des progrès, nous arrivions à admettre cette transmission télépathique des mourauts aux vivants. Personne ne peut prévoir ce que réserve la scieûce future à nos arrière-neveux ; mais à l'heure actuelle personne n'a le droit de faire cette supposition gratuite, de construire cette théorie fragile.

Restons dans le domaine des faits établis, indiscutables, et disons que souvent la mort d'un être humain est connue par les êtres humains vivants, sans que les sens normaux puissent expliquer cette connaissance : que de plus cet avertissement de la mort se manifeste par des symboles dont la diversité est infinie; et enfin que les monitions presque toujours sont uniquement subjectives, quoique, dans des cas exceptionnels, elles paraissent avoir une réalité objective.

Telles sont les conclusions qui se dégagent des monitions de mort; mais, ainsi que Geley, Bozzano, et Sir Oliver Lodge le font remarquer avec raison, l'explicaliou qu'on donne de telles ou telles séries de faits est insuffisante si elle ne peut s'appliquer qu'à cette série spéciale de faits. Tout doit se tenir et être cohérent. Une théorie ue peut être édifiée d'après les seuls faits de monitions de mort, ou de cryptesthésie, ou d'ectoplasmie. Il faut que la théorie proposée satisfasse plus ou moius à tous les faits. Aussi est-il plus sage de réserver à la fin des chapitres divers de ce livre toute conclusion géuérale d'ensemble.

Richet. — Métapsychique. 27

Les monitions collectives sont rares.

Avant de les étudier, nous montrerons que certaines monitions non collectives, c'est-à-dire perçues par une seule personne, se sont produites dans des conditions telles que, s'il y avait eu réellement phénomène extérieur ordinaire, mécanique, ou physico-chimique, il y aurait eu impression collective, puisque plusieurs personnes étaient présentes. Ces monitions ont donc été indiscutablement subjectives.

Et je reviens encore, à cause de son importance, sur la signification précise, dans notre science métapsychique, des mots subjectif et objectif.

Aux excitations sensorielles normales tous les individus normaux sont à peu près également sensibles. Un coup de fusil est tiré à cent mètres de distance; il faut être sourd pour n'avoir pas entendu. On fait partir une fusée éclairante qui monte dans le ciel; il faut être aveugle pour ne pas l'avoir vue. Ces deux faits, qu'on peut d'ailleurs constater par des appareils enregistreurs ou des photographies, sont objectifs.

Or, pour qu'une monition se produise-, il faut de toute nécessité une vibration quelconque des forces ambiantes ; par conséquent, de toute nécessité, il faut un phénomène extérieur, objectif. Mais ce phénomène objectif, qui met en jeu la sensibilité des sensitifs, n'a pas le caractère d'objectivité d'un ébranlement de l'air par le son, ou de l'éther par la lumière; c'est une objectivité spéciale, de nature parfaitement inconnue, et qui a ce caractère singulier de n'agir que sur certains individus, de n'être pas perçu par les autres, et de ne pas être enregistré par nos appareils de physique.

Quand Mad. Thompson, prenant la montre de mon fils, dit : « Trois générations mélangées », il y a sans doute une vibration quel-

conque venant de la montre qui lui a donné cette notion ; mais nul être vivant autre que Mad. Thompson n'aurait été capable de percevoir cette vibration.

Eu fait de cryptestbésie la sensibilité des divers individus varie, comme de 1 à 100.000 je suppose ; tandis que pour les divers individus, les variations de la sensibilité aux sons, aux couleurs, aux lumières, aux odeurs, ne sout que de 10.000 à 10.001.

Ce n'est pas tout. Lorsqu'une vision apparaît à B et qu'il croit reconnaître A, il n'est pas prouvé du tout que la forme A (qu'il croit voir), soit A, dans le sens que nous attachons banalement à ces mots : voir A. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que B a la notion de A. Cette notion de A est interprétée par B comme étant la réalité de A. C'est quelque chose évoquant A qui arrive. Mais qu'est-ce qui arrive? La transformation de cette confuse notion de A en l'image visuelle et précise de A devient alors un phénomène tout à fait subjectif.

Il ne s'agit pas là d'hypothèses : ce sont des faits. Dans quelques cas bien authentifiés, B est entouré de personnes qui ne voient rien, alors quelui, B, voit nettement quelque chose. Donc en toute évidence la perception de B est subjective, dans le sens ordinaire du mot.

Voici quelques-unes de ces monitions non collectives, mais qui eussent dû être telles, si le phénomène n'avait pas été subjectif.

Mad. Taunton, étant à un concert, voit devant elle, entre l'orchestre et elle, l'apparition de son oncle M. W.. ■ qu'elle ne savait pas malade, qui paraissait couché dans son lit, l'appelant comme font les mourants. L'apparition n'était pas une vapeur : pourtant on pouvait voir l'orchestre à travers ce corps. M. Taunton demanda à sa femme pourquoi elle était ainsi fascinée. La vision disparut, et, après le concert, Mad. T... expliqua ce qu'elle avait vu. De fait M. W... était mort exactement à l'heure où la vision avait apparu.

Mad. Purton entend, dans la nuit, un cri terrible et des gémissements d'angoisse qui remplissent toute la maison, avec un vacarme épouvantable. Elle se réveille terrifiée, parcourt la maison qui est tranquille et où tout le monde dort. Le matin elle demande si l'on a entendu un bruit inaccoutumé, mais on n'a rien entendu. Peu de temps après arrive la nouvelle de la mort de son fils Franck qui revenait d'Australie sur le Royal Charter. Le, Royal Charter a fait

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naufrage, avec tous les passagers, au moment où Mad. Purton a eu cette monition.

M. King, du Royal Military Collège, en rentrant chez lui, avec un de ses amis, par la campagne, à 22 heures dit tout d'un coup : « Regardez-la, regardez-la! » et il montre du doigt un endroit du bois. Mais M.., son ami, ne voit rien. King tombe par terre en gémissant. Puis il se relève, et les deux amis reprennent leur marche. King était comme ivre, et il ne disait rien. Tout d'un coup il s'écrie : « Où Vont-ils portée? Je vous dis qu'ils la portaient ! ». Le lendemain matin King ne se souvenait de rien ; il apprit alors qu'une vieille dame, qu'il aimait beaucoup, était morte subitement d'une maladie de cœur exactement à 22 heures1.

Berta Hurly2 allait souvent rendre visite à Mad. Ewans, une vieille femme assez malade, mais non en danger immédiat. Un soir, étant à table, avec sa famille, elle voit une figure de femme habillée comme Mad. Ewans, qui traverse la chambre et disparaît. « Je dis : « Qu'est cela? » et ma mère me dit : « Qu'avez-vous ? » Je réponds : « Cette femme qui a, passé d'une porte à Vautre, cest Mad. Eioans. » On se mit à rire de moi. » A cette même heure, Mad. Ewans, prise de délire, commençait son agonie. Elle mourait à 8 heures du matin.

M. B. ., prenant le thé chez son fils, avec son fils et sa belle-fille, dit tout d'un coup : « Qui regarde par la fenêtre ? » Or personne ne pouvait monter là. MB... insiste, disant qu'il voit une femme avec une figure pâle et des cheveux noirs. Il n'est tranquille qu'après qu'on a fait (inutilement d'ailleurs) le tour de la maison. Il est 17 heures 45. Le même jour mourait à Guernesey, à 17 heures 45, la mère de Mad. B..., belle-fille de M. B... qui avait eu la vision3.

M. Mouat, allant à son bureau, rencontre son employé qui cause avec le portier, et il aperçoit devant la porte le Rév H... Généralement leRév. H..., qui travaillait au bureau de M. Mouat, n'arrivait pas de si bonne heure. Un autre employé, descendant de son bureau, a vu M. H... et est sorti après avoir essayé, sans succès, de

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