‹ Traité de métapsychiqueChapitre 217 sur 327 · Bozzano, loc. cit., 33a · texte numérisé non relu

Bozzano, loc. cit., 33a

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le trouver pour lui dire que M. F..., veut l'emmener à Fosthart pour y trouver une petite société d'ecclésiastiques et d'instituteurs, et que là, à l'auberge, il remarque un monsieur qui laisse sortir de sa poche le Mûnchener Post. M. Mittelmayer raconte le rêve à sa femme. Le lendemain le rêve se réalise dans tous ses détails. Un paysan arrive après la première messe pour lui annoncer que M. F... allait venir. Dès que M. F... arrive, M. Mittelmayer lui raconte son rêve, sans qu'aucune explication satisfaisante en puisse être donnée. A Fosthart, il y avait un monsieur qui lisait le Mûnchener Post.

M. S. H., (cas CXIV de B...), étant éveillé, voit près de sa table, le dos tourné à la porte, un monsieur grisonnant, en manche de chemise, qu'il connaissait, mais qu'il ne reconnaît pas. Il raconte le fait à sa femme et à ses trois employés. Puis il va à son bureau. Alors à distance il voit quelqu'un dans la rue, et il dit à ses employés : voici mon homme qui vient. Ce monsieur, étant entré, trouve que la chaleur est trop forte; il enlève son veston et apparaît en manche de chemise, tel que M. K... l'avait vu dans son rêve.

Mad. A..., atteinte d'une forte fièvre, voit dans un demi-délire une figure de femme penchée sur elle. Elle n'en aperçoit que le buste avec le prénom de Marie, prénom suivi d'un nom qu'elle ne peut pas lire, mais qui se termine par et. Deux jours après elle cherche à louer une maison de campagne, et, dans le petit village de Crosmes quelle ne connaissait pas, elle trouve, dans la petite maison qu'elle va habiter, une autre locataire, quelle reconnaît : « Je suis sûre, dit-elle que vous vous appelez Marie ». Elle s'appelait Marie Galichet (cas CXVII de B...).

Mad. Z..., tait un rêve très vivace. Elle se voit avec sa sœur au parc de Richmond, et là, sur une chaise, trouve une épingle médaillon qu'elle donne à sa femme de chambre. Elle raconte le rêve, et, sans doute cela lui donne l'idée d'aller à Richmond. En se dirigeant vers un siège, elle trouva une grosse épingle médaillon qui y était posée, et qu'elle donna à sa femme de chambre.

Ce cas est assez intéressant. Il y a une bien invraisemblable prémonition, qui est la trouvaille de l'épingle. Le reste semble avoir été voulu et décidé après le rêve, à cause du rêve. Point

n'est besoin pour que la prémonition soit intéressante qu'il s'agisse d'un événement grandiose. Les petits incidents sont souvent les plus curieux, par leur invraisemblance et la multitude de leurs détails.

Mad. Albert Richet, ma belle-fille, me fait le récit suivant : « Le dimanche 28 décembre 1919, à 17 heures environ, j'étais dans le Métropolitain Nord-Sud, j'allais de la station Pasteur à la station Pigalle. Le compartiment était rempli de monde : j'étais dans mon état tout à fait normal. A la station Solférino, le train était déjà presque complètement arrêté, quand soudain j'entends, venant d'un compartiment voisin (arrière), des cris déchirauts d'une femme et d'un enfant, en même temps que l'impression d'un brouhaha général, comme si l'on accourait de tous côtés pour leur porter secours. Je me lève pour essayer de voir sur le quai la cause de ce tumulte ; mais je ne vois rien d'anormal. Alors, me levant, je m'adresse à une dame (que je ne connaissais pas) qui était ma voisine dans le compartiment, et je lui dis : a Est-ce que vous n'entendez pas? » Elle me regarde étonnée, sans me répondre, et ne paraît pas me comprendre ; je reprends : « Est-ce que vous n'entendez pas? » Elle me répond : « Mais non, je n'entends rien. » Je me rends compte alors que les cris, le brouhaha, le tumulte, étaient seulement dans mon imagination. Il me paraît cependant, sans que je puisse l'affirmer, que le train mettait plus de temps que d'habitude à se remettre en marche.

« Une minute et demie après nous arrivons à la station suivante : Chambre des Députés. Le train s'arrête, et alors à peine est-il arrêté que j'entends exactement, venant du compartiment d'arrière, les mêmes cris déchirants de femme et d'enfant, et le même brouhaha sur le quai, et le remous de la foule. On dit autour de moi que c'est une femme dont l'enfant a failli être étouffé par la foule. Mais, à cause de l'affluence des voyageurs dans le compartiment, lesquels se lèvent et essayent de regarder, il m'est impossible de m'approcher de la portière assez pour voir ce qui s'est passé Cette fois le train s'est arrêté plus longtemps. Je demeurai stupéfaite.

« Ce qui est assez singulier, cest que cette dame inconnue m'a

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dit ces seuls mots sans commentaire : « C'est une prémonition ! » Elle est descendue à la station suivante (Concorde).

« C'est la première fois qu'un tel phénomène m'est arrivé. En outre, quoique je voyage souvent dans le Métropolitain, c'est la première fois qu'il y a eu en ma présence un accident semblable. J'en ai été profondément émue, et tous les détails en sont parfaitement gravés dans mon esprit. »

Ce cas est extrêmement net. Il ne peut pas s'agir d'une paramnésie, puisque l'hallucination auditive a été racontée avant la réalisation (ante eventum). D'autre part, il est difficile de voir là une simple coïncidence. Enfin l'hallucination a été nettement et incontestablement subjective.

Voici deuxfaitsdu même genre, mais qui sont bien peu probants1. Un instituteur, M. Savelli (à Costa en Corse), rentrant chez lui, passe, avec un ami, près d'une maison d'où semblaient partir des cris et des lamentations. Puis tout cesse. M. Savelli et son ami se rendent compte qu'il n'y a rien. Le lendemain, passant par le même endroit, ils entendent les mêmes gémissements. Cette fois les cris étaient réels. Un enfant avait été pris du croup et venait de mourir.

Un autre fait a été raconté par M. Napoléoni, maréchal des logis en retraite. En passant devant deux maisons isolées avec un ami, il entend, vers minuit, des coups sourds, comme si on frappait du bois avec un marteau. Deux jours après, au même endroit, comme ils repassaient encore, ils entendent les mêmes bruits, réels cette fois. Le menuisier du village faisait le cercueil d'un berger mort la veille.

M. Bowring (cas CXX de B...) rêve qu'il voit son canari favori mort sur sa baignoire, les ailes ouvertes ; il en parle à sa femme qui tout de suite va regarder dans la cage. Tout est en ordre ; mais, le lendemain matin, le canari fut trouvé mort, sur sa baignoire, les ailes ouvertes. Quelques oiseaux précédemment avaient été trouvés morts, mais toujours avec les ailes fermées.

Mad. Johnson (cas CXXI de B..) qui prend soin de noter les divers incidents de ses rêves et de ses visions — et il est très désirable que toutes les personnes sensitives fassent de même — se voit sortant d'une boutique vide, en unecontrée étrangère : devant elle un

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