CHAPITRE PREMIER
L'étude des hallucinations collectives a fait la transition entre ce qui est objectif et ce qui est subjectif.
En effet, lorsque deux personnes voient un fantôme, et le décrivent d'une manière identique, il est difficile de supposer qu'elles ont été simultanément et identiquement hallucinées.
Aussi bien, nous voici déjà, par le fait que des monitions complètement et simultanément collectives existent, amenés à présumer qu'il y a des matérialisations ; car on ne comprend guère, s'il n'y a pas d'image extérieure, qu'il y ait hallucination simultanée et identique de plusieurs personnes. Mais les exemples ne sont ni assez nombreux ni assez méthodiquement enregistrés pour que la démonstration soit rigoureuse. Or la méthode expérimentale va suppléer à cette insuffisance de la méthode par observation. De multiples expérimentations, extrêmement précises, que nous exposerons plus loin, apporteront la preuve décisive de la matérialisation.
La métapsychique objective peut être divisée ainsi :
A. Télékinésies, c'est-à-dire mouvements d'objets, à distance, sans contact. Bruits et coups frappés, sans qu'il y ait de formes vivantes matérialisées.
B. EctoplasmieS; c'est-à-dire matérialisations de formes vivantes, d'objets, de figures, de personnages.
Les phénomènes matériels objectifs sont beaucoup plus rares que
les phéuomènes subjectifs. Il n'est qu'un très petit nombre de médiums capables de les produire. Encore, même chez ces médiums à effets physiques, le plus souvent les phénomènes se bornent-ils à des coups et à des raps, sans qu'on puisse observer des mouvements d'objet sans contact, et moins encore des matérialisations.
Les médiums à effets physiques, étant des êtres exceptionnels, en général deviennent des professionnels, comme les sœurs Fox, les Davenport, Home, Egunton, Mad. d'Espérance, Eusapia, Marthe Béraud. Quelques-uns. par exception, comme Stainton Moses, Linda Gazzera, Stanislawa Tomczyk, Miss Goligher ont pu développer leurs facultés dans des cercles limités sans qu'on ait rétribué leur médiumuité.
Mais, qu'il s'agisse des uns ou des autres, dans tous les cas, les mêmes précautions doivent être prises contre la fraude. Si j'avais par moi-même quelque pouvoir médianimique, j'exigerais que toutes les précautions fussent prises contre une fraude possible, commise ou à commettre par moi. Car il est à peu près certain que les médiums, en état de trance, surtout si la trance est profonde, perdeut tout contrôle sur leurs mouvements, et deviennent alors, malgré toute leur bonne foi normale, capables des pires collusions.
Toute expérience exige le plus constant et le plus sévère contrôle, quel que soit le médium. C'est à ce prix seulement qu'une expérimentation est valable.
Cette sévérité extrême a une contre-partie. Parce qu'un médium a fait une expérience qui a des apparences frauduleuses, ce n'est pas une raison absolue pour le discréditer irrémédiablement. Mettez vous dans des conditions telles que toute fraude sera impossible, même si le médium est suspect. Quand Mad. Roberts entre dans une cage dont je possède seul la clé, si je suis sûr, matériellement sûr, de la solidité de ma cage, et si j'ai disposé l'expérience de telle sorte que personne n'en possède la clé, une fois que j'aurai bel et bien constaté que Mad. Roberts est dans la cage, et que personue ne peut entrer dans la pièce où je me trouve avec elle, toutes les machinations possibles seront sans effet. Mais, si je n'ai pas pris ces précautions, si quarante personnes sont dans la salle, si la cage (que je n'ai pas fait construire par mon mécanicien), vérifiée superficiellement par moi, est placée loin de moi sur une estrade, il me sera
impossible de conclure; et ma méfiance sera terriblement accrue par le fait qu'il s'agit d'une représentation publique payante. En voilà largement assez pour me donner la certitude que Mad. Roberts opère par un truc plus ou moins habilement machiné, même si je n'ai pas été assez habile pour découvrir ce truc.
Les faits nombreux que nous allous citer sout ceux pour lesquels toute machination a été impossible.
Kichet. — Métapsj chique. 33