EFFLUVES MAGNÉTIQUES
Dr Walter Kilner de l'hôpital Saint-Thomas de Londres, et d'autres du D' 0 Donnell, du Mercy Hospital à Chicago. Il paraît qu'eu regardant le corps nu d'une personne humaine, à travers certains écrans, on peut voir, dans une obscurité complète, des effluves lumineux se dégager, qui suivent les contours du corps. Mais, comme ces deux médecins ne nous révèlent pas quelle est la nature de ces écrans, c'est absolument comme s'ils ne nous disaient rien1.
A. de Rochas cite à ce propos, fort justement, les belles recherches de Reichenbach, contestables, mais qu'on devrait cependant méditer et reprendre.
Quant à l'auréole des saints et aux mains lumineuses , on ne peut guère leur accorder la moindre valeur scientifique.
En somme toute cette étude est à reprendre ab ovo, avec les procédés rigoureux d'investigation que nous possédons aujourd'hui.
Ce n'est pas à dire que le problème soit facile à résoudre. La curieuse histoire des rayons n, de Blondlot, nous montre combien il est difficile de se défendre contre les illusions et les hypothèses.
L'aura, le corps astral, le pénsprit, l'effluve odique, sont des expressions diverses pour exprimer un même phénomène, une radiation humaine (ou animale). Il est possible que cette radiation existe, puisque tout est possible ; mais jusqu'à présent on n'a pas pu la démontrer. Le jour où elle sera enfin établie, sans doute alors on pourra la rattacher à tout ce qui a été dit par Reichenbach, par A. de Rochas, par les anciens magnétiseurs, et nous ne serions pas énormément surpris si cette très grande découverte était faite. Elle ne l'est malheureusement pas encore, et il n'y a pas même un bon commencement de preuve.
Le Dr Joire a fait sur l'extériorisation de la sensibilité quelques expériences2, desquelles il semblerait prouvé qu'il y a bien une certaine extériorisation de la sensibilité. Mais il n'y a pas lieu de supposer que cette sensibilité s'exerce près de la surface cutanée à
1. Est-ce la dicyanine? Voy. G. de Fontenaï, L'aura humaine et les écrans du D* Walter Kilner {A. S. P., mars 1912, 74).
2. L'extériorisation de la sensibilité. Etude expérimentale et historique, par A. de Rochas, 1 vol., 8», Paris, Chacornac, 6« édit., 1909.
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1, 2, 10 centimètres de distance. Il est plus probable qu'elle n'est qu'un cas spécial de lucidité, ou cryptesthésie. Le mécanisme en est certainement moins simple que ne l'a supposé de Rochas (voyez la figure schématique qu'il en donne, fig. A, p. 57) quand il figurait une série de couches sensibles formant une enveloppe imaginaire du système cutané1.
Les magnétiseurs appelaient rapport la relation qu'ils supposaient exister entre le magnétiseur et le magnétisé ; relation telle que les sensations ressenties par le magnétiseur étaient ressenties par le magnétisé, lequel devinait la pensée de son magnétiseur, même sans qu'une parole fût prononcée. P. Janet, observateur attentif et sceptique, a constaté que Léonie B..., endormie par lui (ou par son frère avec lequel magnétiquement elle le confondait), reconnaissait exactement la substance qu'il mettait dans sa bouche, sucre, sel, ou poivre. Un jour, dans une chambre voisine, son frère J. J. se brûle le bras droit au-dessus du poignet. Léonie, sans rien en savoir normalement, témoigne alors une vraie douleur, et montrée P. Janet, qui l'ignorait, le point exact où était la brûlure. Evidemment ce n'est pas le hasard ; mais, plutôt que de croire à un transfert de sensibilité, je dirais que c'est un fait de cryptesthésie, ce qui ne nécessite aucune hypothèse.
G. Delanne cite les diverses expériences dans lesquelles le sommeil a été provoqué à distance, sans que le sujet ait pu avoir connaissance normale des efforts du magnétiseur pour l'endormir2. Mais la perspicacité, consciente ou inconsciente, des sujets est si grande qu'on ne peut guère adopter une conclusion ferme. Dans les célèbres expériences du Dr Husson avec Mad. Sanson, on n'a pas pris, selon toute apparence, les précautions nécessaires3.
Rien n'est donc moins démontré que l'existence d'un fluide vital,
1. A. S. P., 1897, voir la discussion qui s'est engagée J. S. P. R., décembre, 1906, p. 535. — Voy. aussi : Reichenbach, Le fluide des magnétiseurs, précis d'expériences sur ses propriétés physiques et physiologiques, classées et annotées, par A. de Rochas, d'AiGLux, 8°, Paris, Carré, 1891.