CHAPITRE VII
DÉTERMINATION : 1^ DES RAPPORTS ÉTABLIS, DANS LE SYSTEME MÉTRIQUE ASSYRIEN, ENTRE LES VALEURS DES DIVERSES UNITÉS PONDÉRALES ET 2^ DE CES VALEURS ELLES-MÊMES AVEC LEUR TRADUCTION EN MESURES FRANÇAISES.
Malgré les nombreuses recherches des numismates et des métrologues qui ont étudié, à divers points de vue, l'ancien système métrique pondéral des Assyriens, la vérité est pourtant que ce système est encore loin d'être connu avec toute la précision désirable. Telle n'est pas cependant l'opinion des maîtres de la science.
Voici d'abord en quels termes François Lenormant s'est exprimé sur ce point, à la page 92 de son Essai sur un document mathématique chaldéen :
« Le système des Poids chaldéo-assyriens estparfax' » tement connu maintenant, grâce aux deux magni- » fiques séries de poids, les uns en bronze, les autres » en pierre, découverts à Koyoudjik par M. Layard et » maintenant conservés au Musée Britannique, grâce » aussi aux monuments du même genre que possède le » Louvre. Ce système a été d'abord étudié par » M. Norris, puis par M. Mommsen, par M. Brandis » et enfin par M. Oppert.
)) // ne présente plus désormais aucun point obscur. » On sait avec certitude que les Babyloniens et les » Assyriens, leurs disciples, faisaient usage de deux » séries de poids^ dans l'une desquelles les unités
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» étaient exactement le double de celles de l'autre , » Tune ayant pour point de départ un Talent fort de » 61 kilogrammes 300 grammes, l'autre, au contraire, » un Talent faible de 30 kilogrammes 650 grammes. » L'échelle des multiples et des divisions se reprodui- » sait absolument la même, dans les deux séries, dont » les étalons se reconnaissaient, du premier coup d!œil, » en ce que ceux de la première sont toujours en » bronze et ont la forme de lions, tandis que ceux de » la seconde sont toujours en pierre et ont la forme » d'oies ou de canards. »
Mais, on le remarquera, ces dernières assertions de Lenormant ne sont pas exactes et il en fournit luimême la preuve, dans les notes qui accompagnent son mémoire, notamment dans celle qui porte le n<* 196 (2® cahier, page 82), car il y reconnaît en termes formels que les lions n° 6, n° 10 et n° 11 du Musée Britannique appartiennent, tous les trois, à la série faible, quoique en forme de lions. Il est donc parfaitement inexact de prétendre que tous les Étalons des poids assyriens se reconnaissent aisément, du premier coup d'œil^ en raison seulement de leur forme.
De son côté, M. Oppert n'a pas été moins aflSrmatif que Lenormant, quand il a dit à la page 72 de son Étalon des mesures assyriennes ^fixé par les textes cunéiformes : « la mine et les poids qui en dépendent » représentent deux séries de valeurs dont les unes sont )) les doubles des autres. Les poids assyriens consta- » tent ce fait incontestable. »
Je me considère, malgré cela, comme autorisé à le répéter, et j'ai l'espoir de le prouver bientôt, ces assertions sont notoirement inexactes.
On sait, en termes généraux, et les recherches des numismates l'ont démontré depuis longtemps, que la
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série des poids assyriens comprend essentiellement :
1** Un Talent pesant 30 kilogrammes ou environ.
2® Une Mine, habituellement nommée Mine forte, égale à la 30® partie de ce Talent, c'est-à-dire approximativement égale à 1 kilogramme.
3** Une autre Mine, habituellement nommée Mine faible, égale à la moitié d'une Mine forte, ou à k. 500.
4® Un Décadrachme ou Pierre (1) égal à la 6® partie d'une Mine faible.
5^ Un Sicle, 60® partie de la Mine forte.
6® Une Drachme, 60® partie de la Mine faible.
Et 7** une Obole, 6® partie de la Drachme.
Et, comme on Ta déjà vu, sur le tableau mis à la fin du chapitre précédent, les rapports établis entre ces diverses mesures de poids sont rigoureusement égaux, suivant la coutume assyrienne, à ceux qui existent, dans le même système métrique, entre les mesures correspondantes de longueur ou de capacité, de telle sorte, par exemple, qu'un Talent contient 21.600 Oboles (un Kas'bu d'Oboles) comme une Parasange contient 21.600 Empans, et comme un Gur contient 21.600 Cos.
Avant d'aller plus loin, il est nécessaire de faire remarquer : d'une part, que toutes les mesures assyriennes de poids ne sont pas comprises dans l'énumération qui précède, et^ de l'autre, qu'on se tromperait évidemment, si l'on pouvait croire que les sept mesures précédentes ont été créées à la fois, et introduites en même temps dans la pratique.
En fait, les diverses mesures dont on se sert dérivent
(1) Le nom de Pierre donné à cette unité pondérale, provient, sans doute, de Fhabitude qu'on avait de remplacer, pour les usages ordinaires, ce petit poids, égal à la 360« partie du Talent, ou à 83 grammes environ, par un caillou ou par une pierre ayant aussi exactement que possible le poids normal.
nécessairement les unes des autres. Ce sont les mesures linéaires^ une fois formées, qui ont servi à former les mesures cubiques, et celles-ci, à leur tour, ont donné naissance aux mesures pondérales ; et cette loi générale de formation successive doit être appliquée, dans tous les systèmes métriques, aux mesures d'une seule et même série, aussi bien qu'en passant d'une série à l'autre.
Par exemple dans la série linéaire assyrienne, la mesure primordiale, l'Empan, déduite, avant tout, des dimensions du corps humain, y a servi à former, d'un côté, par ses multiples, et de l'autre, par ses fractions, toutes les mesures qui composent l'ensemble du système. De même, dans la série des mesures de capacité, c'est la mesure primordiale, le Séphel ou Empan cube, d'abord déduite de l'Empan linéaire, qui a servi, d'une manière analogue, à former successivement toutes les autres mesures. De même enfin dans la série pondérale,où la première mesure de poids a été nécessairement déduite d'une mesure cubique spécialement choisie, et a servi ensuite à former toutes les autres mesures pondérales.
Mais quelle a été chez les Assyriens cette première mesure de poids et comment a-t-elle été formée ?
Chez la plupart des peuples de l'antiquité et notamment chez les Égyptiens et chez les Romains^ cette mesure a été réglée par le poids du liquide (eau ou vin), contenu dans l'une des principales mesures cubiques. C'est ainsi, par exemple, que l'on trouve, chez les Romains, la Livre égale à la 80'' partie du poids du vin contenu dans une Amphore, ou ce qui est la même chose, à la 10® partie du poids du vin contenu dans un Congé ; de même encore chez les Égyptiens, dont la numération a toujours été décimale, comme celle des Romains, et où l'Outen est égal à la 100® partie du poids
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du liquide contenu dans un Téna ou grand Hin (1). Malgré cela, il est certain qu'il n'en a pas été de même chez les Assyriens, puisque leur Talent pèse très approximativement, comme je Tai déjà dit, 30 kilog., et puisqu'il n'existe, dans leur série cubique, aucune mesure capable de reproduire ce poids de 30 kilogrammes, lorsqu'on la remplit d'eau ou de vin.
Il faut donc le reconnaître, les Assyriens ne se sont servis, ni de l'eau ni du vin, et ont choisi de préférence, quand ils ont voulu régler leur première mesure de poids, une autre substance, jusqu'ici inconnue, mais que l'on peut cependant déterminer sans beaucoup de
peine :
En premier lieu, parce que, malgré l'opinion contraire de M. Oppert (Étalon, page 76), cette substance ne peut pas être solide.
En second lieu, parce qu'il est indispensable qu'elle puisse être, comme l'eau, à tout moment et en abondance, entre les mains de tout le monde.
Et en troisième lieu enfin, parce que, dans la circonstance actuelle^ le blé paraît seul capable de remplir d'une manière convenable, cette double condition.
Il est même facile de le prouver, quoique nous ne connaissions pas, d'une manière exacte, le poids du blé que l'on cultivait autrefois dans la vallée de l'Euphrate ; mais celui que l'on cultive en ce moment en France pèse, en moyenne et très approximativement, 77 kilogrammes par hectolitre, soit 770 grammes par litre (2) ;
(1) Voir, dans les Mémoires de t* Académie de Nîmes ^ xii* série, tome 2, année 1879, la détermination géométrique des mesures de capacité dont les anciens se sont servi en Egypte, page 111.
(2) Pendant très longtemps, avant et après 1830, l'Annuaire du bureau des longitudes a fixé le poids moyen d'un hectolitre de blé à 75 kilogrammes seulement. Plus tard et notamment en 1866, page 104, et en 1869, page 108, le même Annuaire a élevé ce poids de 75 à 76 kilo-
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et il devait en être à peu prés de même, sur les bords de TEuphrate ; de sorte que pour connaître très approximativement le poids du blé contenu dans un Bar assyrien, il suffit de multiplier la contenance de ce Bar, égale à 39"*-,366 par 770 grammes, ce qui donne 30'^"', ail»'-, c'est-à-dire, aussi exactement que possible, le poids connu d'un Talent assyrien.
Voici même, si je ne me trompe, comment on peut comprendre et expliquer cette préférence accordée au blé. Les assyriologues nous apprennent que le même idéogramme correspondait, chez les Assyriens, à Tidée de Tribut et à celle de Talent (mesure de poids) (1) ; et d'un autre côté, il semble permis de croire qu'avant l'invention des poids et des balances, tous les tributs étaient payés en nature, principalement en blé^ et que par conséquent, lorsque les agriculteurs avaient à payer leurs tributs, ils le faisaient en portant dans les dépôts publics un nombre déterminé de mesures de blé, de sorte que c'est de ce transport lui-même que doivent dériver les premières notions de poids, et c'est là précisément ce qui explique pourquoi on a déduit la première unité pondérale, en d'autres termes, le premier Talent (tribut ou poids), du poids déterminé par la quantité de blé contenue dans un Bar, quantité que Ton
grammes. Depuis lors le gouvernement français publie chaque année une statistique agricole officielle sur laquelle le poids de l'hectolitre se trouve déterminé de la manière suivante pour 1884 et 1885.
En 1884 En 1885
1" quaUté 78 kil. 67 79 kil. 49
2« qualité 77 62 77 45
3« qualité 74 58 75 19
On peut donc admettre que je ne m'écarte pas trop de la vérité en fixant approximativement le poids moyen de l'hectolitre de blé à 77 kilogrammes.
(1) Voyez le Manuel de M. Menant à la page 142 et TÉtalon de M. Oppert à la fin de la p^ge 86.
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hauteur sur une base rectangulaire de 4 Doigts de long et de 3 Doigts de large ;
Et enfin le Gomor ayant une contenance de 200p^"**'
ou de 346**®'«'*,6, représentée par un prisme droit de 4 Pouces de hauteur, sur une base rectangulaire de 9 Doigts de long et de 8 Doigts de large.
Les longues explications dans lesquelles je viens d'entrer, à la fin de ce chapitre, seront peut-être, considérées comme occupant ici une place inutile. Elles font voir cependant avec quelle rigueur des formes régulièrement rectangulaires pouvaient être données à tous les étalons des mesures cubiques assyriennes, et avec quelle facilité l'ouvrier le moins habile était en état de les fabriquer, à peu de frais. Elles peuvent servir aussi à mettre en évidence le soin minutieux avec lequel les créateurs du système assyrien avaient réglé tous les détails de ce. système, et à montrer par là, une fois de plus, la perfection de cette œuvre, encore plus remarquable, s'il est possible, dans ses détails que dans son ensemble.
En terminant, il me semble également nécessaire d'appeler un instant l'attention sur l'écart considérable qui existe entre les valeurs effectivement assignées, dans ce travail, aux contenances des mesures assyriennes de capacité et celles que les maîtres de la sçieijce leur assignent encore dans des écrits habituellement accueillis, avec la plus grande faveur, je no dis pas seulement dans le public, mais même dans le monde savant.
C'est ainsi, par exemplè,~qïïè"TVI. Oppert, sans avoir encore trouvé les moyens de déterminer d'une manière exacte les contenances des mesures assyriennes de capacité, a proposé, dans le mémoire qu'il a fait imprimer
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égales, ou bien encore deux de ses dimensions en 10 et la 3« en 12 parties égales, de manière à diviser alors TEmpan lui-même, soit en 1.440 prismes droits d'un Pouce de hauteur sur une base carrée d'un Doigt de côté, soit en 1.200 prismes d'un Doigt de hauteur sur une base carrée d'un Pouce de côté, divisions qui suffisaient pour donner les moyens d'exprimer par des nombres entiers toutes les fractions de l'Empan cube. C'est ainsi, par exemple, que la division en 1.440 parties permettait de considérer la 360® partie de l'Empan cube comme égale à ^ = 4 prismes droits d'un Pouce de hauteur sur une base carrée d'un Doigt, de sorte qu'on pouvait assigner, dans ce cas, au Cos, servant d'unité à la série duodécimale^ la forme régulière d'un prisme droit d'un Pouce de hauteur sur une base carrée de 2 Doigts de côté, la contenance de ce prisme étant, en
effet, égale à 2p^"^,77 ou à A^^,8.
L'étalon de la mesure servant d'unité à la série décimale pouvait recevoir de même la forme d'un prisme droit d'un Doigt de hauteur sur une base carrée de
2 Pouces de côté ayant un cube égal à 3p®"^%33 ou à
5doigi8 7g Dq même pour toutes les autres mesures savoir :
Le double-Cos ayant une contenance de 5,p®'^®*,55 ou
de 9**®^'%26, représentée par un prisme droit de 2 Pouces de haut sur une base carrée de 2 Doigts de côté ;
Le demi'Sa ayant une contenance de 16p®"*^,66 ou de
28<»o«ft»,8, représentée par un prisme droit de 2 Pouces de hauteur sur une base rectangulaire de 4 Doigts de long et de 3 Doigts de large ;
Le Sa ayant une contenance de 33i^"««',33 ou de
57doiffifi 6^ représentée par un prisme droit de 4 Pouces de
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hauteur sur une base rectangulaire de 4 Doigts de long et de 3 Doigts de large ;
Et enfin le Gomor ayant une contenance de 200p®"*®'
ou de 346**®'«'*,6, représentée par un prisme droit de 4 Pouces de hauteur, sur une base rectangulaire de 9 Doigts de long et de 8 Doigts de large.
Les longues explications dans lesquelles je viens d'entrer, à la fin de ce chapitre, seront peut-être, considérées comme occupant ici une place inutile. Elles font voir cependant avec quelle rigueur des formes régulièrement rectangulaires pouvaient être données à tous les étalons des mesures cubiques assyriennes, et avec quelle facilité Touvrier le moins habile était en état de les fabriquer, à peu de frais. Elles peuvent servir aussi â mettre en évidence le soin minutieux avec lequel les créateurs du système assyrien avaient réglé tous les détails de ce. système, et à montrer par là, une fois de plus, la perfection de cette œuvre, encore plus remarquable, s'il est possible, dans ses détails que dans son ensemble.
En terminant, il me semble également nécessaire d'appeler un instant l'attention sur l'écart considérable qui existe entre les valeurs effectivement assignées, dans ce travail, aux contenances des mesures assyriennes de capacité et celles que les maîtres de la sçieijce leur assignent encore dans des écrits habituellement accueillis, avec la plus grande faveur, je ne dis pas seulement dans le public, mais même dans le monde savant.
C'est ainsi, par exemple, "que" M. Oppert, sans avoir encore trouvé les moyens de déterminer d'une manière exacte les contenances des mesures assyriennes de capacité, a proposé, dans le mémoire qu'il a fait imprimer
76 MÉTROLOGIE ASSYRIENNE
et il devait en être à peu près de même, sur les bords de TEuphrate; de sorte que pour connaître très approximativement le poids du blé contenu dans un Bar assyrien, il suffit de multiplier la contenance de ce Bar, égale à 39"*-,366 par 770 grammes, ce qui donne 30'^'^*, 311^-, c'est-à-dire, aussi exactement que possible, le poids connu d'un Talent assyrien.
Voici même, si je ne me trompe, comment on peut comprendre et expliquer cette préférence accordée au blé. Les assyriologues nous apprennent que le même idéogramme correspondait, chez les Assyriens, à l'idée de Tribut et à celle de Talent (mesure de poids) (1) ; et d'un autre côté, il semble permis de croire qu'avant l'invention des poids et des balances, tous les tributs étaient payés en nature, principalement en blé^ et que par conséquent, lorsque les agriculteurs avaient à payer leurs tributs, ils le faisaient en portant dans les dépôts publics un nombre déterminé de mesures de blé, de sorte que c'est de ce transport lui-même que doivent dériver les premières notions de poids, et c'est là précisément ce qui explique pourquoi on a déduit la première unité pondérale, en d'autres termes, le premier Talent (tribut ou poids), du poids déterminé par la quantité de blé contenue dans un Bar, quantité que l'on
grammes. Depuis lors le gouvernement français publie chaque année une statistique agricole officielle sur laquelle le poids de rhectolitre se trouve déterminé de la manière suivante pour 1884 et 1885.
En 1884 En 1885
1" quaUté 78 kil. 67 79 kil. 49
2« qualité 77 62 77 45
3« qualité 74 58 75 19
On peut donc admettre que je ne m'écarte pas trop de la vérité en fixant approximativement le poids moyen de l'hectolitre de blé à
77 kilogrammes.
(1) Voyez le Manuel de M. Menant à la page 142 et l'Étalon de M. Oppert à la fin de la p^ge 86.
MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 69
hauteur sur une base rectangulaire de 4 Doigts de long et de 3 Doigts de large ;
Et enfin le Gomor ayant une contenance de 200p^'*^'
ou de 346****'*^'*, 6, représentée par un prisme droit de 4 Pouces de hauteur, sur une base rectangulaire de 9 Doigts de long et de 8 Doigts de large.
Les longues explications dans lesquelles je viens d'entrer, à la fin de ce chapitre, seront peut-être, considérées comme occupant ici une place inutile. Elles font voir cependant avec quelle rigueur des formes régulièrement rectangulaires pouvaient être données à tous les étalons des mesures cubiques assyriennes, et avec quelle facilité l'ouvrier le moins habile était en état de les fabriquer, à peu de frais. Elles peuvent servir aussi à mettre en évidence le soin minutieux avec lequel les créateurs du système assyrien avaient réglé tous les détails de ce système, et à montrer par là, une fois de plus, la perfection de cette œuvre, encore plus remarquable, s'il est possible, dans ses détails que dans son ensemble.
En terminant, il me semble également nécessaire d'appeler un instant l'attention sur l'écart considérable qui existe entre les valeurs effectivement assignées, dans ce travail, aux contenances des mesures assyriennes de capacité et celles que les maîtres de la science leur assignent encore dans des écrits habituellement accueillis, avec la plus grande faveur, je no dis pas seulement dans le public, mais même dans le monde savant.
C'est ainsi, par exeinple,~qûe M. Oppert, sans avoir encore trouvé les moyens de déterminer d'une manière exacte les contenances des mesures assyriennes de capacité, a proposé, dans le mémoire qu'il a fait imprimer
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et il devait en être à peu près de même, sur les bords de TEuphrate ; de sorte que pour connaître très approximativement le poids du blé contenu dans un Bar assyrien, il suffit de multiplier la contenance de ce Bar, égale à 39^"-,366 par 770 grammes, ce qui donne SO'^^-^ll*^-, c'est-à-dire, aussi exactement que possible, le poids connu d'un Talent assyrien.
Voici même, si je ne me trompe, comment on peut comprendre et expliquer cette préférence accordée au blé. Les assyriologues nous apprennent que le même idéogramme correspondait, chez les Assyriens, à l'idée de Tribut et à celle de Talent (mesure de poids) (1) ; et d'un autre côté, il semble permis de croire qu'avant l'invention des poids et des balances, tous les tributs étaient payés en nature, principalement en blé^ et que par conséquent, lorsque les agriculteurs avaient à payer leurs tributs, ils le faisaient en portant dans les dépôts publics un nombre déterminé de mesures de blé, de sorte que c'est de ce transport lui-même que doivent dériver les premières notions de poids, et c'est là précisément ce qui explique pourquoi on a déduit la première unité pondérale, en d'autres termes, le premier Talent (tribut ou poids), du poids déterminé par la quantité de blé contenue dans un Bar, quantité que Ton
grammes. Depuis lors le gouvernement français publie chaque année une statistique agricole officielle sur laquelle le poids de Thectolitre se trouve déterminé de la manière suivante pour 1884 et 1885.
En 1884 En 1885
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2« qualité 77 62 77 45