‹ Traité de microbiologieChapitre 17 sur 72 · AUTRES BACILLES ANAKROBIES UT · texte numérisé non relu

AUTRES BACILLES ANAKROBIES UT

l'agent. Nous allons voir que ces produits sont de l'acide butyrique, de l'alcool Ijutylique, et un peu d'alcool ordinaire. Or, l'expérience a montré que le bacille ne se développait pas dans des liquides renfermant au-dessus de 0,0o ou 1 p. 100 d'acide butyrique, de 0^9 à l,0o p. 100 d'alcool butylique, et de 2,7 à 3,3 p. 100 d'alcool.

59. Conditions de température. — La température la plus favorable est voisine de 40". A 42^, la fermentation est encore rapide, mais son activité décroit à mesure que la température monte. Elle cesse de pouvoir se produire entre 45 et 4o",5. Cette limite est d'ailleurs peutêtre variable avec la nature du milieu et l'état de la semence.

Le microbe adulte n'est pourlant pas tué à cette température. Après trois semaines d'inertie à la température de 46°, un flacon s'est mis à fermenter quand on La ramené à 37°. La mort n'a lieu que quelques degrés plus haut. Quand on opère sur des spores, les limites s'élèvent beaucoup, et, comme nous avions le droit de nous y attendre, M. Fitz les a trouvées variables avec Tàge et la qualité des spores, ainsi qu'avec la nature du milieu. Par exemple, avec des dissolutions de glycérine et d'extrait de viande, on a trouvé, pour les durées d'ébullition entraînant la mort des spores, les chiffres suivants dans trois séries d'expériences : pour la première : entre trois et cinq minutes; pour la seconde : entre six et dix minutes ; pour la dernière : entre quinze et vingt minutes.

Avec la mannite, les durées d'ébullition nécessaires pour stériliser la liqueur ont varié entre six et dix minutes ; avec le glucose, entre trois et six minutes dans un cas, entre dix et quinze minutes dans un autre.

On n'a pas besoin de recourir à l'ébullition pour tuer les spores, une température inférieure suffit, à la condition qu'on lui laisse le temps d'agir. Ainsi il faut entre

deux cl six heures pour amenei* la mort à Go", outre six et onze heures à 90% entre sept et onze heures à 80" ; à 70*^, douze heures ne suffisent pas à stérihscr la liqueur.

Tous ces nombres se rapportent à des liquides renfermant de la 2'lvcérine et de l'extrait de viande. La résistance est un peu moindre dans des solutions de sucre de raisin. Il ne faut que deux heures à 95'*, ou six heures à 90", pour tuer les spores.

La résistance est aussi plus faible dans des dissolutions de glycérine additionnées de sel ammoniac comme aliment azoté, que dans celles où on a mis de l'extrait de viande. La mort survient, dans les premières liqueurs, entre deux heures et demie et trois heures à 90", au lieu de six heures au minimum qu'exigent les autres.

60. Produits de la fermentation. — Sucre. — Le liquide de fermentation est un peu acide. Il contient un peu d'alcool butylique normal, de l'acide butyrique normal, mélangé d'une trace d'un acide gras supérieur, sans doute d'acide caproïque, et comme acide fixe, une petite quantité d'acide lactique.

Mannite. — Le liquide de fermentation est aussi un peu acide. On y trouve de l'alcool butylique normal avec une trace d'alcool éthylique, et de Facide butyrique pur, sans mélange d'autre acide. Dans le résidu, on trouve un peu d'acide lactique et d'acide succinique.

Glycérine. — Les produits de la première distillation sont de l'alcool butylique mélangé d'une quantité minime d'alcool ordinaire. Les acides volatils sont formés dune petite quantité d'acides acétique et caproïque, avec un grand excès d'acide butyrique. Dans le résidu fixe, on trouve de Tacide lactique. Quand on l'en a séparé par l'action de l'éther, on sature de nouveau par la soude, on concentre, on dessèche au bain-marie, et on reprend par l'alcool absolu. Celui-ci sépare un liquide sirupeux, bouillant entre

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:213 et 217", et sans doute identique au trimétiiylénalcool ou glycol propylénique normal GIÏ"OH.Cir'.CIl"OH de Freund.

On voit que les produits de la fermentation sont complexes et varial)les d'une substance à l'autre. Quant à leurs proportions, elles sont variables aussi, comme le montre le tableau suivant, qui en donne les chiÛ'res approximatifs rapporportés à 100 grammes des corps fermentescibles ;

. ( 100 gr. lUO gr. 100 gr.

Uii ohiient avec | svicre interverti mannite glycérine

Alcool bulylique 0,5 40,2 8,1

.Acide butyrique 42, S 3o,4 17,4

Acide lactique 0,3 0,4 4,7

Acide succinique traces 0,01 »

Triméthylenalcool » » 3,4

On voit qu'avec le sucre, l'alcool butylique manque presque totalement, qu'il forme à peu près le tiers du poids des acides volatils avec la mannite, et la moitié avec la glycérine. Si les produits de l'action d'un même microbe sur diverses substances conservent un air de famille, on voit au moins qu'ils sont en proportions très diverses.

Cette variabilité dans les proportions pouvait paraître surprenante à l'époque où Fitz a publié son travail, et où on croyait à une sorte de fixité de l'action fernientative. Après les résultats que nous avons mentionnés au sujet des bacilles de Perdrix et de Grimbert, on n'a plus le droit de penser qu'elle est due à un mélange d'espèces anaérobies dans les cultures de Fitz. Il se peut que les espèces aérobies dont nous avons parlé plus haut soient pour quelque chose dans le résultat. Mais il est probable qu'elles y sont pour peu de chose, et que l'espèce anaérobie étudiée par Fitz doit être placée à côté de celles que nous avons étudiées dans les chapitres précédents.

On voit tout ce qui manque à ce travail, en se rapportant à ce que nous disions dans le premier chapitre. Il

n'y a été fait aucune analyse de gaz ; Fitz s'est contenté d'analyser les produits, sans se demander s'il les connaissait tous, et s'il pouvait établir une équation de fermentation entre le sucre ou l'alcool disparus et les produits trouvés. C'est avec ces documents imparfaits qu'il faut faire une classification. On devine que cette classification est provisoire, et que ce livre ne peut avoir pour objet que de rassembler et d'unifier dans la mesure du possible les éléments épars de la science future, en essayant de les commenter et de les éclairer les unes par les autres.

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BACILLES FACULTATIVE^EENT AÉROBIES.

BACILLUS ETHACETICUS

Avec le hacillus ethaceticus^ nous commençons l'étude des êtres qui peuvent se développer dans des liquides aérés dans lesquels ils déterminent ensuite des fermentations, et qui par conséquent, ne sont plus exclusivement anaérobies, comme les mieux: connus de ceux qui précédent. Ce n'est pas que les espèces que nous avons décrites soient les seules connues comme anaérobies. On pourrait en allonger beaucoup la liste en puisant dans la bibliographie des milliers de travaux déjà publiés en bactériologie. Mais cet ouvrage ne vise pas à être un dictionnaire. Il vise au contraire à tirer des faits particuliers un certain nombre de notions générales, et il est obligé de négliger pour cela tout ce qui serait redite, répétition, exemple nouveau de faits déjà connus.

Dans cette recherche des idées générales, ce sont évidemment les microbes les mieux étudiés qu'il faut mettre au premier rang : encore avons-nous remarqué que pour aucun de ces microbes, sauf sur certains points pour celui de Perdrix, l'étude n'a été poussée aussi loin qu'elle aurait pu et dû l'être. De là des flottements dans les conclusions, flottements que nous avons essayé de réduire par des rapprochements, des comparaisons, mais qui sont presque impossibles à faire disparaître. C'est la même méthode que nous allons être obligés d'employer en étudiant les bacilles facultativement anaérobies, dont le mieux connu est le bacillus ethacelicus étudié par M. P. Frankland et ses collaborateurs.

61. Propriétés générales. — Le Bacillus ethaccticus a été rencontré dans du fumier de mouton, et isolé par une série d'ensemencements successifs dans une solution de 3 0/0 de glucose dans un liquide purement minéral, additionné de peptone. Dans chacun des tubes ainsi ensemencés se produisait une fermentation active. Avec l'un d'eux, on a fait une culture sur gélatine-peptone sucrée, et avec les colonies obtenues, on a fait une nouvelle série de fermentations avec du glucose,, de la mannite et de la glycérine. On a recommencé encore une fois l'ensemencement en surface, et une série de fermentations. L'espèce ainsi séparée a été considérée comme pure.

C'est un bacille c^ extrémités arrondies, se présentant surtout par paires, et mesurant de 1,5 à 5 ;jl de longueur sur 0,8 à 1 (JL de largeur lorsqu'il est cultivé sur gélatine ou en milieux solides, mais pouvant former de longs fils dans les liquides en fermentation, où il se montre en outre très mobile.

Cultivé en profondeur dans un tube de gélatine, il se développe en grains de chapelet le long du trajet de l'aiguille, pendant qu'à la surface la gélatine se liquéfie plus ou moins rapidement, suivant que la semence était moins ou plus vieille. Sur gélose, rien de caractéristique. Sur pomme de terre, culture blanc sale, s'étendant sur toute la surface. Sur gélatine en surface, la colonie a des contours bien limités et un contenu finement granuleux à l'origine. Plus tard, la liquéfaction de la gélatine commence et le contour prend l'aspect d'un chevelu délicat. Le microbe est donc à la fois aérobie et anaérobie. On n'y a pas trouvé de spores.

Il fait fermenter un assez grand nombre de substances : très vigoureusement le glucose, plus lentement le saccharose, le maltose, la mannite, la glycérine, le glycérate de chaux. Il est sans action sur la dulcite, l'érythrite, le glycol éthylénique, les lactate, citrate, tartrate et gjycolate de chaux. Les produits principaux de ces diverses fermenta-

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lions sont l'alcool éthylique et l'acide acétique. De là le nom du bacille : mais ce sont les variations de ces produits qui sont intéressantes à étudier.

62. Fermentation de la glycérine. — Examinons pour cela ce qui se passe avec la plus simple des substances fermentescibles par ce bacille, la glycérine. C'est un alcool triatomique, c'est-à-dire un sucre avec deux atomes dhydrogène en plus. La production d'alcool et d'acide acétique aux dépens de la glycérine ne peut donc se faire que suivant les deux formules très simples.

Production d'alcool :

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