CRISTAUX GROUPÉS
7. Péritome. En fragmens de la forme primitive, réunis circulairement autour d'un centre commun. Je désigne les modifications qui présentent cette réunion, par le nom àe péritome, coupé à Ventour-
Supposons que la forme primitive subisse sur les angles E un décroissement quelconque. Les faces produites au-dessus de chaque base se réuniront sur une arête parallèle à la petite diagonale , et leurs prolongemens en dessous des bases iront se réunir sur une autre arête parallèle à la même diagonale, en sorte que le cristal prendra une forme analogue à celle de la figure 225. Concevons maintenant que ce solide soit divisé en quatre parties, par des plans qui
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passeraient par le centre, parallèlement aux faces M, comme on le voit figure 280. La figure 23 1 représente la projection horizontale de ce solide ainsi divisé. Faisons abstraction des deux parties qui répondent à gcli et bcra , pour ne considérer que les deux autres; chacune d'elles sera un solide à six faces (fig. 23o), savoir, deux pentagones ôc^yî? , b'xg'fey deux petits triangles 66'^, gg^f, et deux trapèzes ôcxô', gcxg^y dont les côtés parallèles sont d'une part W etcXy et de l'autre ^^' et ex. Supposons enfin que plusieurs segmens semblables à celui que nous venons de considérer , se réunissent en s'appliquant les uns contre les autres par leurs faces trapézoïdales, nous aurons un solide dont la projection horizontale est représentée figure 282. Ces cristaux varient dans le nombre de segmens dont ils sont l'assemblage. Les uns sont composés de deux,' d'autres de trois, d'autres de quatre : il pourrait y en avoir de cinq. On voit , à l'inspection de la figure, qu'il doit rester un vide ; mais la partie du cristal dans laquelle il existerait se trouve engagée dans les cristaux environnans.
a. Péritoine unitaire. E. Assortiment semblable
à celui de la figure 282. Fersulfiu'é surbaissé. Traité, p^remière édit. , t. IV, p. 87.
b. Péritome quaternaire. E (fig. 282).
c. Péritome uniquatemaire. EE (fig. 288).
74 ïftAITE
, ft 4
d. Péritome binoquaternaire. BE.
Fbrmes indéterminables*
Ffîr sulfite Ii4anp aciculair^ (strahlkies, W).
Qlolml\fQjnnerra4ié.
Ç<^i:étiomi4-p^mehnné.
APPENPICE.
Fer oxidé épigène.
Relations géologiques.
Aucune observation ne prouve encore que le fer sulfuré blanc forme seul des masses assez considérables pour mériter d'être classé , avec le fer sulfuré ordinaire, parmi les roches proprement dites. Seulement il entre, comme principe accessoire, dans la composition du granité, aux environs de Nantes, ainsi que Fa observé M. Dubuisson , qui a bien voulu m'envoy er plusieurs morceaux , comme garans de la justesse de son observation.
Biais c'est surtout dans les terrains de formation récente, scpipelés montagnes d coiicÂ^^, qu'abonde le fer sulfuré blanc; puisque c'est à lui qu'appartiennent, d'après un nouvel examen, au moins une grande partie de ces masses globuleuses que j'avais nommées fer sulfuré radié. Ces masses sont enga-
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gées dans des carrières de craie ou de mariie, où se trouvent en même temps des rognons de quar^ agate pyromaque , vu^airenimt pierre à fusil.
Les corps des deux espèces sont ordinairement isolés. Qi^elquefois cependant le fer sulfuré blanc est comme enchatonné dans le quar^ pjfromaqw (^)- Ailleurs le même minéral est engagé daw l'^u^Ua> comme en France entre Montreuil et Boulogne et près de Pieppe. Les cristaux iqui vi^uieiit de ces deux localités présentent la forme de la variété péritome imitaire (fer surbaissé).
Le fer sulfuré blanc est aussi associé dans plusieurs endroits à la formation accidentelle des ^ons. Dana le comté de ComouaiUes et au Derby shire^ il adhère à la chaux fluatée et à la chaux carbonatée, qui accompagnent les filons de plomb sulfuré et de ziac sulfuré. C'est aussi dans les mines de Freyberg, en Saxe, d'AItsattel, en Bohême que se trouvent ces beaux groupes de cristaux péritomes et autres qui abondent dans les collections.
A eB juger par les observations que j'ai pu feire y le fer s^lfuré blanc est rarement associé à d'autrea mines de fer. Dans tous les morceaux que j'ai yusî, c'était le fer sulfuré ordinaire qui accompagnait,
(*) J'ai dans ma colleetion une de ces masses dans l'intérieur de laquelle il s'est for^ié des cristaux de chaux s^lfatée. A mesure que le^soufre s'en dégageait ^ il se convertissait en acide sulfurique^ qui s'est uni à des molécules de chaux fournies par la craie a^ec laquelle la pyrite était en contact.
soit le fer oligiste, soit le fer arsenical , soit le fer carbonate.
Annotations.
Les recherches que j'ai faites sur les cristaux qui appartiennent à la nouvelle espèce dont il s'agit ici, ont eu pour but la solution de deux questions différentes. L'une était de savoir s'ils se rapportaient à une espèce distinguée du fer sulfuré ordinaire, et l'autre s'ils ne rentraient pas dans l'espèce du fer arsenical.
La première question me paraît résolue d'une manière évidente.
Quelle que soit celle des formes que j'ai citées , que l'on essaie de ramener à celle du cube, considérée comme primitive , on s'aperçoit d'abord que les lob de décroissement dont il faudrait la faire dépendre dérogeraient à la symétrie de celles qui se rapportent au cube; et en comparant avec cette dernière forme celle à laquelle conduit la division mécanique du fer sulfuré blanc , on trouve qu'elles sont incompatibles dans un même système de cristallisation. .
Les deux formes que j'ai citées dans la première édition de ce Traité, parmi celles que j'ai décrites, m'avaient donné une certaine inquiétude qui se renouvelait toutes les fob qu'elles s'offraient à mes yeux. Ne voyant aucun moyen de les lier par la théorie avec les formes qui dérivent du cube, je
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m'étais contenté de les décrire tant bien que ntal. Il fallait que des observations imprévues vinssent me •tirer de l'embarras où j'étais , en me faisant connaître combien il était fondé.
Les octaèdres d'Almerod'e achèvent de faire ressort' tir le fer sulfuré blanc, à côté de l'autre, par cela même qu'ils n'oflFrent qu'une différence assez légère,; quoique très appréciable, avec l'octaèdre r^uKer. Les lois relatives au cube, qui est la forme primitive de celui-ci , passeraient si près, dans le cas présent , de celles qui le donnent rigoureusement, sans cependant y atteindre , que la petitesse de cet espace qui les en sépare, et qu'aucune loi admissible ne peut leur faire franchir, équivaut à une distance pour ainsi dire immense.
Les caractères qui tiennent aux propriétés chimiques , marchent dans le sens de la Géométrie. Les cristaux de fer suKuré blanc ont une disposition pro^ chaine à se convertir en fer sulfaté; et si dans quelques-uns cette disposition, est beaucoup moins marquée que dans les autres, on doit l'attribuer, ce me semble, à une cause accidentelle, provenant peutêtre du mélange de quelque matière étrangère, qui paraît s'annoncer par la couleur d'un jaime foncé de leur surface extérieure. D'une autre part, je n'ai jamais vu aucuns cristaux cubiques, ou octaèdres ou dodécaèdi*es à plans pentagones , du fer sulfuré ordinaire , passer à l'élat de fer sulfaté. On connaît même des masses radiées de ce fer , qui semblent se refuser
à ce passage y tandis <|a'il a lieu si facilement et si promptemiènt A ri^àixl dés vàriëtés analogues de fer sulfuré Mànô. lï Jr à ici uhe limité , relative aux pro~ priétés, qui, sans être aussi prêche que celle qui est tracée par la Géométrie, mérite cependant d'être remarquée dans la comparaison des deux substances.
Il est facile de concevoir la raison pour laquelle ies masses radiées $e changent plus aisément en fer stdfigité qUë les cristaux , parce que la structure acknilaire étant pour ainsi dire plus lâche que celle d'un criâ;£d unique, favorise davantage le mouvetient intestin iqui produit l'altération d'où dépend la conversion du fer sulfuré en fer stdfaté.
C'est cette disposition à se transformer en fer sulfaté qm rond la société du fer sulfuré blanc si dangereuse pour certaines espèces de mines métalliques, et spécialement pour les cristaux d'ai^ent rouge que le fer sdtfàré entraine dans sa ruine.
J'ajouterai que Hmickel , conseiller des mines du rcd de Pologne , qui a donné sous le nom Pjrritologie Un ouvrage complet , oîi il a répandu un grand nombre d'observations intéressantes, avait remarqué cette griaiide différence qui existe entre les diverses pyrites, dont les imes, suivant son expression, se vitriolisiaient spontafttément avec une extrême facilité (et il cite les pyrites d'Almerode), tandis que les autres n'ofiraient aucun indice de la même tendance. M avait dierché à expliquer cette différence ,
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et l'on voit qu'il j ëtait embarraèté. Mab dû moitis ii avait vu le fait, et touché de près au but.
Pour prévenir toutes les objections que Ton pourrait opposer au rapprocbèitient des deuiL substahce^, je dois dire qu'elles sont quelqùéfoiis juxla-pôsées danâ un méine morceau. J'ai dans ma collection un groupe de cristaux cubo-dodécaèdres de fer sulfuré ordinaire, dans lequel est engagée une masse orbiculaire , qui parait appartenir au fer sulfuré blanc. Mais on distingue la ligne de démarcation entre cette masse et le fer sulfuré ordinaire qui l'enviromne^ comme on voit dans certains morceaux de mésotype ^ la distinction dé ce minéral et de la stilbite qui lui adhère^ en refusant de s'unir avec lui. Je pourrais citer d'àutte^ substances qui offrent deA éxêmptes^ analogues.
Et quand méttlé il j aurait des morceaux où tés deux espèces de fer talfuré se ti^uva^éùt mêlées ensend^, on ne devrait pas en être plus étonné que dé voir la chaUx càrbonàtéê et l'airagonite, l'antmxoine ^«dfuiré et lé ploiAlb sulfuré , le fer sulfuré et le cUiVi^é pyritéux , Cbnttactët entre eta. une union du mèiàit genre.
Aptes avoir obtenu îés résultats dôùt j'ai parlé, je inè ntpp^lài qttê M. Proust avait annoncé c(u'il Otiistâit dttià l'tinioti du fer avec le ioufrè deux pdîriÉs d'é^[tiiHbriB , en sfortè qu'il y avait un fer sùïfuré au niééiBiHitMy qui contenait ^ de sbulrè, et un fet
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sulfuré au minimum qui en contenait 87 à 38 centièmes.
Or le premier rapport ayant lieu dans le fer sulfuré ordinaire, il me parut très vraisemblable que le second devait se trouver dans le fer sulfuré blallc^ et toutes les personnes auxquelles je conununiquai ma coi^ecture la trouvèrent extrêmement plausible.
Dans cette hypothèse, tout se conciliait, et la Chimie concourait avec la Géométrie pour établir ici deux espèces distinctes. Cependant le fer sulfuré blanc, dont l'analyse a été tentée par une main très habile, a donné jusqu'ici le même rapport entre les quantités de fer et de soufre, que celui qui existe dans le fer sulfuré ordinaire : si l'identité de ces rapports se confirme dans la suite , il faudra dire que les deux substances diffèrent par les fonctions relatives de leurs principes; et alors le fer sulfuré serait parmi les métaux Tanalogue de l'arragonite.
L'autre question que j'ai eue à résoudre, et qui consistait à savoir si le fer sulfuré blanc ne pouvait pas être associé au fer arsenical, était plus délicate. Les formes primitives de ces deux substances sont du même genre, c'est-à-dire des prismes droits rhomboïdaux; toutes deux présentent ces mêmes formes données immédiatement par la nature ; et lorsqu'on a devant les yeux certains cristaux qui offrent le type du fer sulfuré blanc dentelé, la ressemblance qu'ils ont avec le fer arsenical primitif et qui s'étend jusqu'à la couleur, a quelque chose de bien séduisant ;
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et j'avoue que moi-même j'ai d'abord été tente de croire que les cristaux dont il s'agit appartenaient au fer arsenical. De plus, les cristaux de la variété équivalente ont un angle qui est sensiblement égal à celui qui lui correspond sur une variété de fer arsenical , et qui est situé dans le même sens.
Mais outre que les autres facettes obliques qui modifient la variété de fer sulfuré équivalent ne se montrent dans aucun cristal de fer arsenical, on ne trouve aucune loi admissible de décroissement , relative au noyau du fer arsenical qui puisse donner les facettes dont il s'agit.
U faudrait, pour que le rapprochement pût avoir lieu , faire disparaître une différence d'environ 5 degrés , que donnent l'observation et la théorie , entre les angles des deux formes primitives ; et quoique les ^cristaux de fer sulfuré blanc soient petits , leiurs faces sont assez nettes pour que l'on ait droit de présumer que les mesures du goniomètre n'ont pu conduire à une erreur aussi considérable que celle qui répond à la différence dont j'ai parlé.
* A la vérité, quelques-unes des formes du fer sulfuré blanc présentent une analogie séduisante avec celles qui appartiennent au fer arsenical. J'ai un petit cristal du Gornouailles, que l'on serait tenté de prendre pour un fer arsenical ditétraèdre, allongé dans le sens de la petite diagonale du noy^u. Mais si l'on examine ses faces latérales, on s'aperçoit qu'elles sont doubles et répondent aux faces h^h\ de la variété Miner T. ÏV. 6
équivalente , au lieu que dans Fhy pothèse du mis-' pickel , elles devraient être simples et répondre aux faces primitives latérales.
Dans la même hypothèse, le fer arsenical deviendrait un fer sulfuré blanc arsenifère. 11 devrait donc contenir les mêmes quantités relatives de fer et de soufre que le fer sulfuré blanc, et la quantité d'arsenic devrait varier , comme n'étant qu'accidentelle. C'est tout le Contraire; le rapport entre les quantité» de soufre et de fer est très différent de part et d'autre, et toutes les analyses du mispickel faites par M. Chevreul, ont donné la même quantité d'arsenic sur cent parties.
Enfin , les nouveaux accroissemens qu'a pris l'espèce qui nous occupe ici , d'après les observations qui font rentrer parmi ses variétés les cristaux octaèdres d'Almerode , si différens de ceux que pré-* sente le mispickel ; 'et toutes ces masses globuleuses radiées , qui paraissent de même tout-à-fait étrangères au mispickel, achèvent d'écarter l'idée d'un rapprochement entre les deux substances.
J'ajoute que le fer sulfuré ordinaire accompagne très souvent le fer arsenical, de manière que les deux substances conservent les formes qui leur sont particulières, et que j'ai prouvé d'ailleurs être incompatibles dans un même système de cristallisation. Or cette observation s'oppose encore à l'opinion que le fer arsenical ne soit autre chose que du fer sulfuré mélangé d'arsenic.
Pour que cette opinion eût quelque apparence, il faudrait que ce fût le fer sulfuré blanc qui te trou* yât associé au fer arsenical. On pourrait soupçonner alors qu'il passe à ce dernier, à Faide d'un mélange d'arsenic. Mais la cristallisation en plaçant ces deux substances d^ns des circonstances différentes semble avoir indiqué, par leur séparation dans la nature, celle tjui doit exister entre elles dans la méthode ellemême.
Je conclus de tout ce qui précède qu'il existe dans la nature deux espèces de fer sulfuré très distinguées l'une de l'autre , et qu'il y a tout lieu de croire que la nouvelle espèce doit être également séparée du fer arsenical. J'avoue que le travail que j'ai été obligé de faire pour arriver à cette conséquence a été l'un des plus longs et des plus épineux dans lesquels m'ait engagé l'étude des cristaux , surtout lorsqu'il a fidlu débrouiller la complication que présentent ces variétés, composées de segmens d'octaèdres^ qui par elles-mêmes sont faites pour déconcerter l'œil du cristallographe , et qu'on est encore étonné de voir à côté de ces cristaux de la variété équivalente, lors même qu'ils y ont été placés par les applications de la théorie. Au reste, je donne ici les conséquences auxquelles m'ont conduit toutes les recherches, toutes les observations que j'ai pu faire, en employant les moyens que j'avais en ma disposition , et en tâchant de suppléer à ce qui leur manquait pour être plus concluans. Tout ce qu'on peut exiger en pareil cas de
celui qui cultive une science , c'est qu'il mette tous ses soins a tirer le meilleur parti possible des ressources qu'il a entre les mains, en sorte que si, pai des moyens plus avantageux, quelque autre ou luimême parvenait dans la suite à voir autrement, la diversité des résultats ne fît que prouver la difficulté du sujet.
Le fer sulfuré blanc concourt, comme je l'ai déjà dit, à la production de cette immense quantité de fer oxidé que l'on exploite pour nos usages. Mais il est susceptible d'un genre particulier d'utilité, par la facilité avec laquelle il ^e convertit, dans certaines circonstances, en sulfate de fer, et devient le sujet d'une grande opération à laquelle on a donné le nom de pitriolisation. Elle consiste à réunir en tas les pyrites concassées et grillées , puis à les laisser exposées à l'humidité de l'air. Au bout de quelque temps, le soufre se dégage, et s'unissant à l'oxigène de l'air, forme de l'acide sulfurique, qui se porte sur le fer et le convertit en sulfate, que l'on fait dissoudre dans l'eau chaude , où il se cristallise ensuite par le refroidissement.
Ainsi le fer sulfuré blanc ne se soustrait à l'action des causes qui, en l'amenant à l'état de fer oxidé, le disposeraient à subir les opérations de la métallurgie , que pour se présenter sous une autre forme , aux arts dont le but est de plier les productions de la nature à nos besoins. *
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HUITIÈME ESPÈCE