‹ Traité de minéralogieChapitre 44 sur 118 · QUARTZ · texte numérisé non relu

QUARTZ

Ce minéral est l'un des produits les plus abondants du règne inorganique. Il se présente sous des aspects très -différents, et les diverses variétés qui appartiennent à cette espèce possèdent des caractères si opposés, qu'au premier abord , ils excluent toute idée de rapprochement : tels sont le cristal de roche, remarquable par sa limpidité, et la pierre à fusil à peine translucide, presque toujours colorée en gris plus ou moins foncé. Mais ces deux minéraux sont, à l'exception de légers mélanges, exclusivement composés de silice ; leur dureté et leurs caractères chimiques sont en outre les mêmes.

La variation dans les caractères extérieurs des échantillons de quartz est ordinairement en rapport avec la nature de leur gisement. Cette circonstance nous engage à diviser le quartz en six sous-espèces , pour lesquelles la texture offre une constance qui les caractérise.

Ces sous-espèces sont :

1" Le quartz hyalin^ ou cristal de roche ;

2® Le quartz compacte ou quartzite ;

Z^ Le quartz agate;

A^ Le quartz sileXy ou pierre à fusil ;

5® Le quartz terreux ;

6® Le quartz risinite.

Nous ajouterons en outre, en appendice, le jaspe et les gris.

caractères çénéraiur. — Composé exclusivement desilice. — Sa dureté est représentée par le nombre 7; il fait feu au briquet, raye le verre ainsi que tous les minéraux, à l'exception de douze espèces qui appartiennent la plupart aux pierres fines. — Pesanteur spécifique, 2,65 à 2,1B. — Infusible au chalumeau ; — insoluble daas les acides.

QUARTZ HYAUN. ilB

P&EKIÈEE SOUS-ESPàCE. — QUARTZ HUI.IN.

Cette sous-espèce a reçu le nom de quartz ftyaKn, à cause de sa limpidité et de sa transparence ; elle comprend le cris^ tal de roche, Vaméthystey le caillou d'Alençon et plusieurs autres Yariétés dont le caractère général est d'être cristallisé ; lorsque les faces ont disparu, les échantillons sont alors analogues, par leur cassure, à un morceau de verre ; mais les propriétés optiques en dévoilent l'état cristallin.

composition. — Les analyses suivantes montrent que le quartz hyalin est de la silice pure.

«VABfl BTAUK M KABiflÂSeAl. QUAETS AMâTIITSTB DO MiflL.

Par Bucholx. Par Rose.

Silice 99,575 i 98,50\

Alumine, une trace. .. . | 0^25)99,50

Oxyde de manganèse. . . | . , , 0,75 /

Sa composition est donc représentée par le signe chimique Si ou par le signe minéralogique 5t.

GristalliMtioii, — La forme primitive du quartz est un rhomboèdre, fig. 13, pi. 3, dont les angles sont, d'après Phillips, P sur P=94n5'; P sur P'=85<>45'.

Les cristaux en forme primitive sont très-rares; Haûy en a décrit à Ghaudfontaineprès de Liège ; mais ils sont pseudomorphiques ; l'examen que j'ai été à même de faire des cristaux de cette localité me permet d'assurer, en outre, qu'ils sont cubiques. L'Ecole des Mines possède des petits cristaux en rhomboèdres primitifs de la province de Minas-Géraès, au Brésil ; ils sont scintilles de grains d*or natif, et leurs faces sont raboteuses. On en connaît également qui proviennent de Ttle des Loups, dans le lac Onega en Russie ; ils sont gris, translucides et disséminés sur du quartz ferrugineux brunâtre.

La forme habituelle du quartz est un prisme régulier à six iaces, fig, 14, surmonté d'un pointement à six faces. Ordinai-

i16 QOARTZ HYALIN.

rement les trois faces P de ce pointement sont très-dominantes, et les trois autres e^ ont peu d'étendue, ainsi qu'on le voit dans la fig. 15; quelquefois même ces faces sont simplement indiquées. Cet élargissement de trois des faces du pointement est trop habituel pour ne pas être dû à une cause naturelle. Il nous parait se rattacher aux clivages du quartz, qui, quoique bien faibles, sont cependant indiqués quelquefois par des anneaux colorés.

Quelques cristaux sont aplatis, le sommet en est alors remplacé par une arête, fig. 16, disposition qui déforme le prisme, et lui ôte un partie de sa régularité.

Les cristaux de quartz présentent une multitude d'altérations de la forme originale, dues à des causes accidentelles ; elles diversifient de mille manières les dimensions de cette forme et les figures des faces qui les terminent. Déjà, je viens de signaler la prédominance de trois des faces du pointement et l'aplatissement général du cristal. Quelquefois, comme dans la fig, 17, deux des faces de la pyramide supérieure P" eie^'»", et les deux faces qui leur sont parallèles dans la pyramide inférieure, ont subi un allongement considérable parallèlement à leur base; les différentes parties du cristal paraissent avoir joué lune sur l'autre pour se prêter à cet allongement, de manière que les axes des deux pyramides ne sont plus dans le même prolongement, mais offrent deux directions parallèles.

Lorsqu'on étudie pour la première fois un pareil cristal, on est embarrassé pour le mettre dans sa position naturelle ; on est disposé à placer verticalement les faces P", ejl*^ e», et à les considérer comme les pans du prisme. Cette circonstance a conduit M. Haûy à désigner cette variété sous le nom de pseudo'prismatique.

Les faces P et eV font avec Taxe le même angle ; elles appartiennent à des rhomboèdres inverses, et leur réunion donne lieu, lorsque le prisme disparaît, à des cristaux en dodécaèdres triangulaires isocèles, fig. 18, dont on trouve de nombreux exemples, notamment au milieu du gypse qui ac-

QUARTZ HYAUN. M 7

compagne les ophites des Pyrénées. Le quartz hyalin rouge qui a reçu le nom d'hyacinthe de Compostelle affecte également cette forme.

Les cristaux de quartz présentent un assez grand nombre de modifications, la plupart n'en altèrent pas la forme générale; ces modifications confirment toutes la forme primitive que nous avons assignée au quartz. Quelques cristaux permettraient de rapporter sa cristallisation au prisme à six faces relier, mais quand on les étudie avec soin» on reconnaît ou que ces cristaux sont formés de deux rhomboèdres de même angle f placés inversement, ou qu'ils appartiennent à des cristaux maclés, qui affectent une symétrie qu'ils ne possèdent pas en réalité. Les modifications du quartz sont :

Des rhomboèdres , les deux prismes réguliers à six faces e^^ et d*, qui appartiennent essentiellement au type rhoinboédrique; plusieurs prismes à douze faces; des scalénoèdres, donnés par des modifications intermédiaires qui offrent une certaine symétrie; enfin des modifications complètement disymétriques. Celles-ci sont tellement nombreuses, qu'on ne saurait adopter pour leur notation un simple exposant.

Les rhomboèdres se décomposent en deux catégories, les riiomboèdres directs, comme le primitif P ; les rhomboèdres inverses analogues à a'^ , qui affectent le même angle que les rhomboèdres directs , mais dont les faces se croisent avec celles-ci sous Tangle de 60 degrés. Parmi les rhomboèdres, quelques-uns sont extrêmement aigus, notamment ceux dont le signe cristallographique est ^^^ e^'*. Ces rhomboèdres , quand ils sont dominants , donnent aux cristaux de quartz une physionomie particulière, et au premier abord on a quelque peine à les regarder comme des cristaux réguliers.

Les deux prismes à six faces ne jouent pas le même rôle. Le prisme e^, celui qui impose aux cristaux de quartz la forme prismatique, est toujours complet, les faces en sont trèsnettes. Le second prisme d\ outre qu'il est très-rare, ne se présente qu'en facettes très-étroites placées (/ïy. 9, pi. 226) sur

lis QtikMZ HYAtm.

les arêtes Verticales du prisme e*. Il offre une circonstance particulière qu'il est nécessaire de remarquer, c'est qu'il lui manque trois faces, et qu'il est hémièdre, comme cela a lieu dans la tourmaline ; les faces d^ sont en outre toujours mates.

Les Bcalénoèdres sont très-nombreux; les modifications intermédiaires qui les produisent occupent des positions différentes dans le cristal ; il en existe une série très-remarquable par la symétrie qu'elle possède par rapport au prisme régulier à six faces c*; Ils sont placés sur les angles de ce prisme, de deux en deux, et de manière que leur intersection avec la face du prisme soit parallèle à la diagonale de cette face qu'ils regardent. La face la plus anciennement connue de cette série, qui porte la lettre i' dans les fig. 25, 26, 27, pi. 5, aété désignée par Haûy sous le nom de plagièdre. Les faces t^, V'\ etc., placées de manière que leurs intersections soient parallèles, jouent un rôle analogue. On a remarqué que ces faces n'existent que sur trois angles, de deux en deux, ce qui confirme la forme rhomboédrique du quartz. Un caractère particulier i ces facettes plagièdres consiste en ce qu'elles sont toujours hémièdres. Autrement dit , d'après la symétrie , il devrait y avoir sur chaque angle modifié deux facettes semblables, l'une à droite, l'autre à gauche; contrairement à ce principe, il n'en existe qu'une. Dans certains échantillons, elle es* placée à droite, dans d'autres elle esta gauche. On les distingue alors par le nom de plagièdre de droite et de plagiidre de gauche. Cette disymétrie se lie avec une propriété particulière du quartz, que nous avons fait connaître en décrivant les caractères optiques des minéraux (vol. P% p. 507) ; elle est désignée sous le nom de polarisation rotatoire.

Les cristaux de quartz qui présentent le plagièdre à droite font tourner la lumière à droite, l'inverse a lieu pour les plagièdres de gauche.

Dans la série des faces plagièdres, on doit mentionner à part la face désignée par Haûy sous le nom de rhombifère, et qui porte ta lettre S dans ses planches ; elle offre une dispo-

QUARTZ HYAUK. il9

ffltion remarquable, que nous ferons connaître en décrivant les cristaux qui portebt cette modification.

Les scalénoèdres qui n'appartiennent pas à la série des plagièdres sont placés dans des positions variées ; ils offrent également tous la circonstance remarquable d'être hémièdres.

Il y a peu de tetnps, la cristallisation du quartz était considérée comme très-simple; elle Test en réalité pour la grande géDéralité des cristaux; il résulte, au contraire, d'une monographie très-intéressante de cette espèce, que M. Descloizeaux Tient de publier qu'elle est fort complexe. M. Miller avait déjà ajouté une vingtaine de faces à celles données par Haûy ; toutefois avant le Mémoire de M. Descloizeaux, on ne connaissait que 40 à 45 systèmes de facettes. Us sont maintenant au nombre de plus de 140. Quelques-unes de ces non* Telles faces appartiennent à des rhomboèdres placés sur les angles latéraux ' et sur les angles sommets A. Le plus grand nombre résultent de décroissements intermédiaires et donneraient lieu, si elles étaient complètes, à des scalénoèdres. Cellesci n altèrent presque jamais la disposition du cristal , elles se présentent sous forme de troncatures peu larges ; cette circonstance en rend l'observation difficile, et il a fallu une grande persévérance et une grande habileté cristallographique pour établir les différentes lois qui président à leur dérivation sur le rhomboèdre primitit du quartz.

Parmi les rhomboèdres, plusieurs sont inverses les uns des autres, autrement dit, leurs faces font entre elles le même angle, mais elles sont orientées les unes par rapport aux autres sous un angle de 60 degrés, comme nous avons indiqué que cela avait lieu pour les faces P' et cV. Il en résulte que, lorsque deux rhomboèdres inverses existent ensemble, ils forment un pointement à six faces plus ou moins aigu.

U est inutile, pour la description des cristaux de quartz, de donner les nombreuses facettes que M. Descloizeaux a

* Al^Mies de Mmie et de physique^ Iro'uiëme série, t. LXIV, iS55.

fait connaître; nous ne saurions également en indiquer les fi* gures, qui exigeraient plus de dix planches. Nous nous bornerons à représenter les cristaux les plus fréquents, ou ceux qui offrent un intérêt cristallographique particulier. Nous croyons toutefois utile de faire connaître au moins la plupart de ces faces par leurs signes cristallographiques. Nous en transcrirons aussi les angles les plus importants.

Rhomboèdres sur l'angle A. — a«, a«, a\ a'»'*.

La face a^ est la limite des rhomboèdres sur Tangle À ; les trois faces se confondent et donnent la base des prismes à six faces.

Rhomboèdres sur l'angle E. — 1® Directs; au nombre de 29 : «3, «», e», e«, c'^ 6" , c*a, 6i*, 6«, c47, e^, e^, e», (^\ eV^, e"/»,

^13/2^ ^i7J%^ e^/6^ ^9/4^ ^11/4^ ^iT/*^ ^/5^ ^13/5^ ^13/6^ ^15/7^ ^iW ^t^i^^^

2« Inoerses; au nombre de 30 : c«, inverse de c*, c'/* de P, «3/a de c««/\ «8/3 de «•% e*/^, e*^» de c*^^ e»/*, c^/*, e*A de c», c«'\ c^/* de e», 6*/^ de e", éî"/^ de e*»/», e»/^, e^/g de 6*3/^, c*3/« de e*/«, «••/•, e"/io dee^'*, c«3/«o, e*«/ii de e^/3^ ^««iii^ ^23/ia^ ^10/13. ^ar/u^ e>Wi*, e**/«», c*<>/*^ de e«», e»/»^ de ««i/», e^*«, e^^^*^ de e"/%

Prismes réguliers à six faces. — «*, d*.

Prisme* à douze faces 9.— K*=( 6»/», d' , d'^»); K*= (d*, 6*/^, di/6) ; K« = ( tf, 6«/«, d*P); K«=(d\ 5*/io, di/»); K«=(d', 6V«», */•« ;

Scalénoèdres sur les arêtes B. — 6', 6'», 6*.

Scalénoèdres donnés par des plagièdres, rhombifère^ face S, Haûy.— i=(6Vt,(|«,dV*);plagièdrexdeH:t=(ft«/*,d',d«/«). Vu de H= (ft«/-, d', d«/*) ; V = ( 6'/», d«, d«/»); V' = (&•/•«, d», d»'*); 0 = (6',d*/^, d«/5»); n=(d«,d*'5, &•/•); 9=(d', d«/", 6'/*); T=(d', d^*, 6«/«); X=(d«, *•/••, 6V«); G = (d»,d«/8, 6«/*); ^=(6^/", d«, d^/M); W = *, d^/'», 6«/«); N = ( d', d*/«, 6'/* ) ; TT = ( ds d»'«*, 6''* ) au nombre de 46 .

31 scaléofièdres donnés par des modifications complètement disymétriques. — Z = ( 6«/3, dW3, d»'»* ); S = ( 6^/\ *, d»/^); y={6«'3, d*, d»'»); 4/={dSd*^ 6»/«); «=(dSd*'- 6*'").

Les cristaux de quartz, bien que toujours fort simples, portent assez fréquemment sur les arêtes horizontales du prisme de petites troncatures, terminées par des arêtes parallèles. Fréquemment aussi les angles, formés par la réunion du prisme et du pointement à six faces, sont également tronqués. Les cristaux, représentés par les fig. 20 et 21, pi. 5, portent les petites faces horizontales les plus habituelles; elles sont données par des lois de décroissement e» et ^^. Ces facettes sont au nombre de trois, à chaque extrémité du cristal, et si elles étaient prolongées, elles produiraient des rhomboèdres aigus. On remarquera que ces deux troncatures n'existent pas sur les mêmes arêtes. Lorsqu'elles sont réunies, comme cela a lieu dans la fig. 22, elles forment une bordure complète, et le prisme est émarginé. Cette disposition tient à ce que les rhomboèdres e', «*^ sont inverses Fun de Tautre, et ils donnent lieu, quand ils sont prolonges, à un pointement à à:^ faces, analogue à celui formé par le primitif P, et son inverse e^^. Les cristaux où ce pointement atteint ses limites sont rares ; il en existe cependant un joli cristal dans la collection du Muséum d'histoire naturelle.

Les faces e« et d«/^, qui forment une bordure sur les arêtes horizontales du prisme à six faces, ont une grande tendance à se reproduire en même temps que les faces P du rhomboèdre primitif, et que celles e^J^ son inverse. Il résulte de cette disposition des cristaux allongés, dont l'ensemble offre l'apparence d'une pyramide aiguë peu réguUère. J'ajouterai que tous les cristaux de quartz portent sur les pans du prisme des stries horizontales qui sont précisément les traces de ces faces. Ces stries fournissent même un excellent caractère pour reconnaître ce minéral.

Deux faces sont également très-fréquentes sur les angles ; les fig. 25 et 26 dont nous venons de donner la description, présentent l'une d'elles; elles existent simultanément sur la fig. 27. La plus habituelle, désignée par la notation V et que nous

122 QUARTZ HYALlM.

ayons déjà fait connaître) est le plagièdre de HaQy, marqué dans soti Atlas par la lettre x. Cette face remarquable existe mv trois des angles^ en alternant; d'après sa dérivation, elle devrait se retrouver à gauche et à droite de chacun des trois angles sur lesquels on l'observe, mais elle est toujours simple. Cette disymétrie est en rapport, ainsi que je l'ai annoncé, avec la propriété optique particulière au quartz de faire dévier le plan de polarisation. Les cristaux qui portent le plagièdre à droite sont dits cristaux de droite, et jouissent de la polarisation rotatoire à droite. L'inverse a lieu pour les cristaux plagièdres à gauche. La fig. 25 représente un des cristaux les plus habituels de quartz. Il n'existe de plagièdres que sur trois angles, en alternant, et les faces sont situées inverse* ment a l'extrémité de la même arête.

Les plagièdres forment des séries nombreuses. Pour faire connaître les positions qu'ils occupent sur les cristaux, il est nécessaire que nous décrivions avec quelque détail une face de cette espèce qui jouit d'une régularité particulière, et que l'on sépare quelquefois de la série des plagièdres. Cette face, qui porte sur la fig. 19, fU 4, la lettre i, a été désignée par Haûy sous le nom de rhombifère. Dans l'Atlas de Haûy, elle est indiquée par la lettre s, La plupart des minéralogistes ayant adopté la notation de Haûy pour cette face, ainsi que pour le plagièdre qu'il a marquée de la lettre «, il faut se rappeler ces lettres. J'ai dû néanmoins, dans les figures de mon Atlas, les désigner par leur signe cristallographique.

Le nom de rhombifère a été emprunté à la disposition particulière de cette face, dont la forme est celle d'un rhombe; cette disposition symétrique dépend de la loi de décroissement qui lui donne naissance, par suite de laquelle les intersections de cette face avec les deux faces contiguës du pointement sont parallèles aux arêtes n et t de la pyramide. Ce résultat est général, quel que soit le rapport entre les diagonales du rhomboèdre primitif.

OUARtZ taYAUN. lis

Le thomMfère tte doit se trouver quô BUr tMis angles en alternant ; cependant, dans quelques échantillons de quartÉ^ ainsi qu'on Tobserve dans hfig. 98 bis, pi. 6, qui repré*^ sente des cristaux du Daupliiné ^ ces faces elistent dur les six angles; cette régularité n'est qu'apparente, elle annoUce que ce cristal offre une macle) c'est, du reste, un des faits les plus curieux de la cristallisation du quartz, que ses cristaux affectent extérieurement une assez grande régularité, tandis qu'intérieurement ils sont souvent fort irréguliers. Le plus grand nombre d'entre eux sont formés de la réunion de plusieurs cristaux enchâssés les uns dans les autres, parallè^ lement à Taxe. Les faces du prisme et de la pyramide, bieki que parfaitement planes et réfléchissantes, sont souvent en effet une espèce de mosaïque. Si on les examine avec attention, on r^narque que fréquemment les stries qu'elles portent lie se correspondent pas ; quelquefois aussi l'association des cristaux est marquée par des lignes irrégulières qui se dessinetit sur leur surface, ainsi qu on la indiqué sur les fig. 130 et 131, )il. SI . L'agrégation de cristaux que cette disposition révèle devient évidente quand on les examine sous la lumière pola* risée; chacun d'eux se colore de nuances différentes, ordinairement très-prononcées.

Ces pénétrations de cristaux sont quelquefois régulières et constituent des macles et des hémitropies $ mais le plus ordi-* nairement elles ne sont assujetties à aucune loi ; toutefois elles présentent une circonstance bien remarquable, qui consiste en ce que le contour du cristal» semblable à unmouledans lequel on aurait coulé un métal, semble opposer une barrière infranchissable à la matière siliceuse: il en résulte qu'un cHstal de quartz, quoique formé de l'agglomération de cristaux, quel-*quefois disposés sans ordre, offre des faces planes» dont la continuité est parfaite. Elles réfléchissent la lumière, comme si elles appartenaient à un cristal complètement régulier, et aucun signe à l'extérieur ne vient trahir le désordre qui existe dans son intérieur.

iU QUARTZ HYAUN.

La face rhombifère que nous venons de décrire forme la limite des plagièdres, el ceux-ci sont ordonnés autour de cette face, d'une manière intéressante à connaître. Dans la/îflf. 27, pi. 5, qui offre deux plagièdres i'et i"; ceux-ci sont placés sur la facet [s de Haûy), de manière que leurs intersections sont parallèles à celle des faces P et t. Il existe des plagièdres dont l'intersection est parallèle à celle des faces e */^ et t ; lorsque ces faces font le même angle, les plagièdres constituent des faces symétriques qui, par leur ensemble, conduiraient à un scalènoèdre produit par ce genre de modifications intermédiaires. Dans ce cas, ces plagièdres sont inverses les uns des autres. La fig, 10, p/. 226, en offre un exemple. Lorsque les angles sont différents, ce sont des plagièdres de gauche. M. Descloizeaux distingue les premiers sous le nom de plagièdres de la zone (P. t), les seconds par celui de la zone (c'^', i). Ces deux groupes de plagièdres peuvent être placés au-dessous de la facet, comme dans les fig. 25, 26 et 27, pi. 5; ils peuvent être au-dessus de cette face, ainsi que la fig. H, pi. 226, le représente. Il existe donc quatre groupes distincts de plagièdres; Haûy n a décrit que des plagièdres placés au-dessous de la face t. peut-être même n'a-t-il connu que ceux de droite, car plusieurs figures qu'il donne appartiennent à des cristaux maclés. M. Miller a fait connaître plusieurs variétés de plagièdres de gauche. M. Descloizeaux est le premier qui ait signalé les plagièdres supérieurs à la face i.

Ces différentes faces sont liées entre elles par une loi remarquable, qui résulte de leur demi-symétrie, si on peut se servir de cette expression ; elle consiste en ce que ces faces coupent larête B, et Tune des deux arêtes D, comprises dans l'angle où elles sont placées, de manière que les coefficients qui expriment la loi de décroissement soient doubles l'un de Tautre.

Dans la zone (P, t), les lois de décroissement sont de la forme (d\ cP, b^f*); dans la zone (e«/", i), elles sont de la forme

Cette relation met une différence prononcée entre les faces

QUARTZ HYAUN. «5

complètement irrégulières , dont les lois de décroissement peuvent être représentées par l'expression (d*,(P, 6^), plus générale que celle des plagièdres.

La fig. 12, pi. 226, dans laquelle la face t est bordée sur ses quatre côtés, offre un exemple de lassociation des quatre classes de plagièdres.

Nous avons eu récemment Toccasion d'étudier une disposition très-intéressante relativement aux faces plagièdres; elle consiste en ce que dans les groupes de cristaux de quartz, lorsque plusieurs de ces cristaux portent des plagièdres, ces faces se sont produites de manière qu'il existe une sorte d'équilibre entre les plagièdres à droite et les plagièdres à gauche. La dissolution siliceuse qui leur a donné naissance aurait donc été pour ainsi dire neutre ; elle aurait produit un nombre correspondant de cristaux possédant la polarisation rotatoire à gauche, et de cristaux ayant la polarisation rotatoire à droite. C4efait est analogue à celui que M. Pasteur a fait connaître pour les paratartrates, sels qui, par la cristallisation, se séparent en cristaux tétraèdres de droite et tétraèdres de gauche ; il confirme la belle découverte de ce savant sur la relation de la polarisation rotatoire et de la cristallisation. (Voir page 311 du 1*' vol.)

La face rhombifère peut être considérée comme appartenant indifféremment à l'une et l'autre zone, et on peut la représenter par les formules i = (d\ d'l\ 6'^*) ou (6'^*, d*, d*/*).

La fig. 26 montre l'association du plagièdre et de deux nouveaux rhomboèdres inverses, é'f^ et e*^^, qui produisent parleur association une seconde bordure sur les arêtes horizontales du prisme à six faces. Ce cristal , figuré par M. Lévy dans la description qu'il a donnée de la collection de M. Turner, provient de Meillant, dans le département de l'Isère.

Comme exemples de rhomboèdres placés sur les angles, nous décrirons encordes deux cristaux /îg. 13 et 14, pL 236. Le premier offre, outre les faces habituelles P, eV^ et e^, cinq rhomboèdres : «7/3, ^ii/», «••/lo^ ^20/1»^ g,/.^ e'/». Les deux derniers forment des étages successifs sur le cristal, et ils donnent lieu, par leur ensemble, à un pointement fort aigu, sur lequel cesrhom-

49ê QUARTZ HYALIN.

bpè4r#6 86 dessinent en forme d'escalier. A cette disposition singulière se joignent le rhombifère t, deux plagièdres v et »• Ce dernier est supérieur à la face rhombifère, et forme un escalier avec les faces du prisme e^, et des rhomboèdres e^/*, e^^*.

La fig. 13, d^ns laquelle trois rhomboèdres : e"'*®, «**'• et i,«o//i9 gg succèdent, est en outre remarquable par cinq ou six facettes donnée^ par des plagièdres et des décroissements intermédiaires.

Les fig. 10 et 15, pi. 226 et 227, offrept des exemples de rhomboèdres placés sur l'angle sommet Â.

LfC quartz possède, outre les rhomboèdres placés sur les an* gles, des cristauxdans lesquels les arêtes culminantes sont remplacées par un rhomboèdre tangent, appelé équiaxe par Haûy . tecristal/i^^SS, p{. 4, qui provient deQuébec, dans le Canada, en offre un exemple ; il est associé avec le rhomboèdre e*.

La fig. 24, pi. 4, qui représente un cristal de Ttle d'Elbe, appartenant à TÉcole des Mines, montre également cette intéressante modification. Les faces de Téquiaxe sont mates et légèrement arrondies.

Les arêtes verticales du prisme portent quelquefois des mo^ difioations : les unes, tangentes, donnent naissance au second prisme à six faces qui, d'après sa dérivation, est désigné par le signe d'i les autres, inégalement inclinées sur ces arêtes, produisent des prismes à douze faces. Les fig. 9 et 16, pi. 226 et 227, sont destinées à rappeler ces facettes; elles affectent la même disymétrie signalée pour les plagièdres autrement dit les modifications d\ ou le biseau qui les remplace, n'existe que sur trois arêtes en alternant; nous avons indiqué, en dé* crivant les caractères physiques, que la tourmaline (vol. !•% p. 215) présentait cette anomalie à la cristallisation.

Dans les échantillons de cette variété que j'ai étudiés, et qui appartiennent à TÉcoIe des Mines , les faces d^, bien que très-prononcées, ne possèdent pas le brillant des faces e* ; elles sont même rugueuses et un peu courbes. Us proviennent tous du Brésil.

QUA»T2 HYAUN. 117

Les arèles culminantes de la pyramide (P, é^^) portent quelquefois des troncatures tangentes, Haûy avait déjà figuré ces faces dans la fig. 17, pi. 227, que je lui ai empruntée, on n'avait pas vérifié leur existence, et je ne les avais pas indiT quées dans la première édition de cet ouvrage ; mais de^ puis deux ans, le Muséum d'histoire naturelle a acquis un échantillon où ces faces, quoique fort petites, so^t pronon* cées; elles sont fortement arrondies. Dans^quelques échantillons, cette facette est remplacée par un biseau fig. 18, pL 227; souvent, encore, on voit de légères gouttières à la place de ces &cettes : elles résultent de l'association de deux cristaui(. Il est rare, dans ce cas, que l'étude des stries ou celle des faces plagièdres ne révèle pas cette association de cristaux.

Quelques échantillons très-rares portent une indication d^ la face a', qui forme la base des prismes* Il existe à T 'École des Mines un cristal très-remarquable à cet égard , que la fg. 19, pi. 227, représente : la base en est presque aussi laige que dans les émeraudes; on aperçoit sur sa surfeice trois systèmes de stries, qui dessinept des angles équilatéraux , comme on l'observe d^ps les minéraux qui ont le clivage rhomboédrique, et notamment dans le corindon. L'échantillon de l'Ecole des Mine^ est cassé à une de ses extrémités ; on ne peut donc savoir si les terminaisons des deuK sommets seraient les mêmes. M. Achard possède un éçhan-« tillon dans lequel le prisme est terminé à une extrémité par le pointement à six faces, et à l'autre par upe large face q*; Toutes les faces de ce cristal sont profondément coiTodées et comme chagrinées. Cette disymétrie singulière, qui est analogue à celle que l'on observe dans le silicate de zinc , n'est pas , du reste, habituelle au quartz ; on possède beaucoup de cristaux complets dont les deux sommets sont analogues, ainsi que je les ai représentés dans les fig. 14, 15 et 18, pi. 5.

Nous citerons encore une modification très-intéressante représentée fig. 28, pi. 5; elle est décrite par M. Lévy comme provenant de Féroë; elle porte les douze faces d'un métas-

talique d'^ . Placées sur les arêtes latérales du primitif; elles sont associées avec ce dernier polyèdre, ainsi qu'avec les six faces du prisme e*. Ce cristal de quartz, fort rare et dont je n'ai jamais vu d'échantillon, est analogue à une variété de chaux carbonatée décrite par HaUy, sous le nom de bibinaire.

Hémitropies, maclM et pénétrations irréfirolièrei. — Nous avons annoncé que la plupart des cristaux de quartz sont formés de Tassociation de cristaux ; quelquefois ces associations sont régulières et donnent lieu à la disposition désignée par Haûy sous le nom d'hémitropie. Lsifig. 20, p/. 227, en ofire un exemple intéressant. Les faces P des pointements supérieure et inférieure sont opposées Tune à l'autre , tandis qu'elles devraient alterner, et qu'à une face P du sommet supérieur devrait correspondre une face e'^. On obtiendrait la disposition que présente ce cristal en faisant tourner le pointement inférieur de 60 degrés, ou en supposant que deux cristaux se soient pénétrés sous cet angle. Ce cristal est, en outre , intéressant par l'existence de plusieurs facettes que nous n'avons pas encore décrites.

Les fig. 152 et 133, pi. 21 , qui représentent des cristaux déposés dans la collection de TEcole des Mines, portent des macles dans lesquels on reconnaît facilement la loi qui a présidé à leur association ; dans le premier, fig. 132, le plan de réunion des deux cristaux passe par une des arêtes du prisme et coupe la face rhombifere en deux parties ; une ligne nn' marque cette séparation , qui est surtout visible par la différence dans la direction des stries des deux parties de la facette.

Dans le second cristal, fig. 133, le plan suivant lequel a lieu la macle s'observe à la fois sur l'une des faces P du pointement, sur le plagièdre t et sur la face du prisme e^. Les stries qui existent sur les faces P et e^ ne peuvent, d'après la symétrie du cristal , avoir des directions différentes, mais elles ne se correspondent pas sur leur longueur, en sorte que leur non-continuité est encore un caractère saillant qui dévoile la direction suivant laquelle la macle a eu lieu.

QUARTZ HYAUN. 129

Un cristal de quartz, décrit par M. de Brooke, présente une macle remarquable ; elle consiste dans l'association de deux cristaux, fig. 29, p{. 5, suivant un plan abfghi^ parallèle à Taréte cd, qui est une des arêtes d'intersection entre le rhomboèdre primitif P et son inverse c'^.

Des cristaux récemment découverts conduiraient à penser que les croisements que présente le quartz ne possèdent pas toujours la régularité indiquée par M. de Brooke. Dans la fy. S2 , pi. 228, qui représente un cristal de la mine de la Gardette , les faces qui sont en regard sont P et e^^^ au lieu des deux faces e'f. Les facettes é^^* qui existent sur ce cristal ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.

Pénétrattons irrégolières, — J'ai déjà indiqué des péné* trations de cristaux de quartz , dans lesquelles les plans se confondent, et sont par conséquent insensibles à Toeil; mais la polarisation de la lumière, en colorant de teintes différentes les cristaux dont ils se composent dévoile leur singulière association. Souvent aussi le poli des faces est différent sur chacun des cristaux, en sorte qu'alors le miroitement de la lumière permet de reconnaire la manière dont ils se pénètrent. Une étude approfondie des cristaux de quartz a conduit M. Rose * à les distinguer en cristaux de droite et cristaux de gauche , dénomination dont j'ai indiqué le sens. L'examen de ces cristaux a permis à ce savant minéralogiste de reconnaître que certains cristaux qui présentent une anomalie dans leurs modifications sont le produit de groupements dont on se rendrait difficilement compte sans cette considération.

Les observations de M. Rose ont porté principalement sur des cristaux de New- York et de Jerischau, en Silésie. Dana ces cristaux, trois faces du rhomboèdre primitif P possèdent seules l'éclat d'un miroir; les autres faces, légèrement mates, réfléchissent cependant encore une image à contours tranchés- Une différence analogue affecte aussi les faces du prisme ; elles sont, comme sur tous les cristaux de quartz, striées trans-

* AmiaUs de Poggendorffj vol. LXII, p. 333, juillet iS44.

1M QUABTZ HYAUN.

vtrstl«mMl| mais le% silloos ne sont pas partout les inèm^. Sar trois faces altamds^ ils sont très-éloignés las uns des au** tres^ tandis que sur les trois autres faces ils sont t)lus serrés, en sorte (}ue les premières faces sont plus brillantes que les secondes. Sur quelques cristaux, cette différence est très-grande.

Les faces mates du pointement reposent sur les faces du prisme qui ont moins d'éclat. Il en résulte que les deux eitré^ mités de ces cristaux sont différentes, ainsi qu'on le voit dans les fig. laa et 139, pi. 31. Pour les cristaux de New-Tork, dont les deux sommets sont terminés, cette conclusion est yérifiée par l'observation ; mais les cristaux de Jerischau, étant implantés par une de leurs extrémités sur la roche du filon , n'offrent pas cette facilité ; toutefois leur identité ateo ceux de New^York est si complète que le doute n'est pas permis.

Ces cristaux portent en outre sur trois des angles» en alternant, la modification i désignée sous le nom de rhombifére* Cette face, au lieu d'être lisse et éclatante, est terne et striée par des lignes fines, tracées, ainsi qu'on le voit dans les fig. 138 et 199, parallèlement à l'intersection du rhomboèdre primitif P et de la face t; les facettes rhombiquee, toujours au nombre de trois sur les cristaux simples, sont placées tantôt à gauche du rhomboèdre primitif, fig. 138, tan^ tdt adroite, fig. 139. C'est cette disposition particulière qui distingue leseristaux de gauche et les cristaux de droite. 11 serait intiressanf d'étudier si cette circonstance a quelque rapport avec la polarisation rotatoire, ainsi que cela existe pour les eristaux plagièdres.

Je n'ai point retrouvé sur les cristaux du Dauphiné, ni sur eeut de Madagascar, larayure fine indiquée par M. Rose pour les cristaux de New^York et de Jerischau, en sorte que cette disposition ne serait pas aussi constante que les stries horî-^ aontales que l'on observe sur les faces du prisme.

Les cristaux de Jerischau sont presque tous maclés ; ils sont ordinairement formés de deux individus réunis parallèlement à l'axe, et toutes leurs faces se correspondent exactement

QyAlTZ HTAUN. IM

eoBUM s'ils étaieBl simples. Deux circonstanoes réTèlent ces groupements : la première est le nombre des faces rhombiques t; la seconde consiste dans la disposition des parties brillantes et des parties mates. M. G. Rose a remarqué que ces macies sont le résultat de la pénétration de deux rhomboèdres de droite^ ou de deux rhomboèdres de gauche.

La/ig. 131, pi. 21, présente une macle formée par deux individus de droite; la ligne de séparation traverse le sommet du cristal, et la macle possède quatre faces rhombiques. Si les individus eussent été gauches, la symétrie complète de la ligne de partage les eût réduits à deux.

Dans la fig. 130, les individus qui se pénètrent sont deux cristaux gauches; le rôle que joue chacun d'eux est fort différent. Un des deux est de beaucoup dominant ; seulement, à l'angle où la troisième face rhombique devrait se trouver, existe le second individu, de sorte qu'il ne peut y avoir là de iace rhombique, et que le sommet n'en possède que deum. Une partie de ce second individu se trouve encore sur les faces latérales opposées, mais il ne se prolonge pas jusqu'au sommet du cristal; la ligne de partage des deux cristaux est toti irrégulière, ainsi qu'on le voit par la disposition du pointillé ^ se rapporte aux faces du rhomboèdre inverse.

Cttra^e. — Le quartz ne possède pas de clivages sensibles. Cependant on observe dans quelques cristaux des anneaux colorés qui annoncent une structure lamelleuse. Le Muséum d'histoire naturelle a acquis, il y a quelques mois, un cristal qui provient d'Ecatherinimbourg, dans lequel le clivage est sensible. Dans ce cristal remarquable par la perfection de ses faces, le clivage est marqué par la présence d'anneaux colorés. Sa forme est celle d'une double pyramide à six faces, portant seulement de légères indications du prisme. Trois des faces du pointement supérieur, en alternant, offrent des anneaux colorés prononcés ; il en existe également sur trois des faces 4u pointement inférieur; mais celles-ci correspondent aux trois bces du pointement supérieur qui n'en ont pas. Il résulte de

55t QUARTZ HYALIN.

cette disposition que ces anneaux représentent exactement les trois sens de lames caractéristiques des rhomboèdres.

Outre ce bel exemple du clivage du quartz, on parvient à déterminer des tissures dans le sens du rhomboèdre primitif, en chauffant un cristal de quartz à une haute température, et en le plongeant subitement dans de l'eau froide ; si cette eau a été colorée par une dissolution métallique, on remarque que les fissures offrent des plaques de couleur, disposées dans le sens des clivages.

Dimensions.— Les cristaux n'atteignent ordinairement que de faibles dimensions. Pour la plupart des minéraux, des cristaux de 5 à 6 centimètres sont presque gigantesques; peu ont 1 décimètre de hauteur. Le quartz forme une exception à cette règle. Les groupes de cristaux de roche du Dauphiné présentent souvent des canons de quartz de plus de 1 décimètre. Le beau gisement de Madagascar, qui fournit le cristal de roche que Ton taille pour les objectifs de quelques lunettes astronomiques, produit des cristaux qui ont plus de 3 décimètres de côté, et qui, malgré cette dimension, sont remarquables par leur pureté et leur diaphanéité. Ce gisement est unique dans son genre, comme l'Islande, pour les beaux échantillons de spath. Le Dauphiné et le Valais fournissent aussi de très-beaux cristaux de quartz, mais ils sont presque toujours nuageux et blanchâtres. Nous devons citer un magnifique échantillon que le Muséum d'histoire naturelle de Paris possède ; il provient deFischbach, dans le Valais; il atteint 1 mètre dans tous les sens. On y voit une indication des faces de prisme , mais ce sont les faces du pointement qui le constituent presque en entier; malgré la largeur de ces faces, qui ont de 0",45 à 0™,50 à leur jonction avec le prisme, elles sont parfaitement planes et miroitantes; c'est, je crois, le plus gros cristal connu. Des glaces, peut-être aussi un mélange intime de quelques matières étrangères, mais surtout des désordres de cristallisation, font que ce beau cristal est laiteux et simplement translucide.

AXfiLES PBnrClPÂlIX DV QUARTZ.

P «nr P =

P sur P =

F SUT ««/• = P flor «1/* en retour

P sur «« =

Fsure» =

P rar e» =

P sur 0'/a =

PsDr«» =

P 8or «8 =

Psor^ =

P sur «»t =

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P sur «t« =

P sur «•» =

P sar «4" =3

P sur 0«» ^

Psar «» =

P sur «» =

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P sur a» =

P «ur a«/» =5 P mr fi^ adjacent

Psur ô» =

P surM =

P fur <P ==

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P sur ««"• =

Psure»'* = P sur «•/*adjac.=

P sur «»/♦ W. =

P SOT e»/s Kl. =:

P sur e**f id, =

P sur e»» ==

Psurt =s

P sur i' = P sur r en retour

P sur r = P sur f en retour

e»i* sur «»^ =

e*i* sur a*'* = «wt sur i" en retour

«11» sur t' =3

«(•* sur <• =

«• sur «> =3

^ sur «• 5=

15S0 io'.

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ia8« 13'.

169» ir.

i6ao a'.

ia40 41'.

laio 45'.

1170 jr 1160 50'.

laio 17'.

1170 ai'.

ia5o 11'.

15ao 51'.

14lo 40'.

ia5o 11'.

laoo.

e> sur sur t =:

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«i'«*sur 6' =

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«*/* sur «»/' =

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«V* sur «"" =

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• sur «•/» = t sur v' = i sur a"« = i sur e"* adjacent t sur « =

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••/• sur n =

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9*^ sur d« =

«•/' sur f =

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«?/• sur ^z* = •» sur e"'*o adjacent «• sur é^f* latéral 0> sur s^/> latéral è"« sur d» =:

ua».

1610 ao' .

17ao ai'.

1600 ao'.

i56o ao'.

15ao 55'.

163» la'.

15ao 65'.

15ao 15'.

1630 aa'.

1810 ao'.

laao 28'.

66o la/.

laio 28'.

d'améthyste isolées, superposées les unes aux autres ; en sorte que lorsqu'on expose une plaque d'améthyste à la lumière polarisée, et qu'on fait son portrait par l'intermédiaire du daguerréotype, on obtient une succession de lignes parallèles ordonnées par rapport au clivage ; la figure ci-contre représente cette disposition ; les lignes foncées appartiennent à l'amé*thyste, et les lignes claires correspondent au quartz.

M. Haidinger, qui a fait une étude très-intéressante de l'améthyste et de ses propriétés optiques ' , a reconnu qu'elle pré- Fig. 66. sente des couleurs différentes sui-

vant les trois faces qui sont en relation avec sa forme. U a donné à cette propriété de l'améthyste le nom de pléochroistne. On remarquera, que la figure ci-contre offre trois secteurs correspondant aux trois faces P du rhomboèdre primitif. Sous lazimuth zéro^ ces trois secteurs sont de la même couleur; si on tourne successivement la plaque d'améthyste, de manière à regarder à travers l'une des faces P, la couleur du secteur correspondant à cette face change; elle passe du violet à un bleu pâle, puis au rose tirant sur le rouge.

Ce phénomène se présente avec plus d'intensité quand, au lieu de prendre une plaque perpendiculaire à l'axe, on se sert d'un prisme rectangulaire, dont les trois faces P, M et T sont disposées de telle façon que la face P correspond à une face P du pointement, et que les faces M et T sont taillées perpendiculairement sur P. Les nuances différentes sont alors très-sensibles. M. Haidinger conclut de cette expérience que Taméthyste est formée d'une agrégation de cristaux, qui sont tous ordonnés par rapport à l'axe; il regarde en conséquence que l'améthyste possède un axe riely tandis que les cristaux ap-

' Vbêr dm Pleochroimus und die KrystaUsimctur des AmeUiystes , par M. W. Haidinger. (Akademie der Wissensdiafteii, mars 185i.)

QUARTZ HYAUN. 137

partenant anx autres minéraux, n'ont ordinairement qu'une direetian d'axe.

Le pléochrolsme de l'améthyste me paraît peu différent du polychrolsme , que l'on observe dans plusieurs minéraux ; dans tous les cristaux, en effet, les changements de couleur par réfraction sont en rapport avec la disposition cristalline.

Eclat. — Vitreux, toujours assez vif, quelquefois un peu gras. Les faces du pointement, ainsi que celles des variétés rhombifere et plagièdre, sont ordinairement très-éclatantes ; la plupart des autres faces sont souvent mates, ou du moins peu éclatantes.

Pkogphorescence. — Les quartz blanchâtres sont fréquemment phosphorescents par le frottement.

Attodatioiis. — Les [cristaux de quartz sont quelquefois pénétrés de cristaux d'une autre nature ; les aiguilles de titane y sont surtout abondantes. Nous mentionnerons particuhèrement Tasbeste^ qui, dans certains échantillons, s'incorpore d'une manière tellement intime avec le quartz, que ce dernier minéral en prend une texture fibreuse et devient chatoyant; on se sert quelquefois de cette variété de quartz fibreux pour la bijouterie, on la taille en cabochon. Une partie des pierres désignées sous le nom d'œtt de chat appartiennent à cette association du quartz hyalin et de Tasbeste. Les échantillons dans lesquels ce tissu fibreux est le mieux caractérisé proviennent de Geylan et de la côte du Malabar. Les environs d'Âla, en Piémont , fournissent également du quartz asbestifère ; mais, dans cette localité, le quartz a conservé en partie sa texture fibreuse; sous ce rapport, les échantillons qui en proviennent sont instructifs, en faisant connaître d'une manière certaine l'association des deux minéraux.

Aventmine. -^ Une autre association rare, mais qui produit une pierre ayant une certaine valeur dans les arts, quand elle est homogène, c'est celle du quartz avec du mica jaune à reflets dorés. Les petites lames de mica réfléchissent la lumière dans tous les sens, et quand on polit le quartz qui les

158 QUARTZ ffYAUN.

edatient^ en plaques, ou sous une forme arrondie, sa sarfaee est brillantée par une multitudede points scintillants à reflets dorés. Cette association du quartz a reçu le nom d'aveiKurîn^, (dUe est fort rare quand le mica est disposé d'une manière he* mogène; quelques aventurines ne contiennent pas de mica. Cette dernière variété, plus recherchée que la j^emière, doit le scintillement de la lumière à de petits grains de quartz disséminés dans l'intérieur de la pierre, et qui réfléchissent la lumière dans des directions diflerentes ; Taventurine non micacée est ordinairement à teintes très-claires, d'un blanc verdàtre, rarement d'un brun rougeàtre. La plupart des aventurines du commerce sont factices; elles sont formées parla dissémioation de petits cristaux de cuivre de forme tétraèdre , dans un émail dé couleur variable. M. HaUy indique des aventurines trouvées aux environs de Nantes, qui doivent la scintillation qui m fait le prix à un tissu granuleux du quartz, par suite duquel la lumière est reflétée dans tous les sens.

Aérç-Hydra, ^ Certains cristaux dQ quartz contiennent d^s gouttes de liquide qui, assez souvent, ne remplissent qu'en p^tiQ les cavités tubulées daps lesquelles elles sont renfermées; il (sn résulte que les huiles d'air qui occupent le vide montent @t descendent k mesura qu'on incUne la pierre d'un cAté ou de l'autre, comme dans UQ niveau à bulle d'air. Pendant longteipps on a supposé que le liquide contenu dans le quartz était de l'eau, ce qui a fait donner aux échantillons qui contiennent ces gouttes le nom de quartz aéro'hyire. Il résulte des Observations de M. le docteur Brewster que ces gouttes sont formées de deux liquides oléagineux, 20 à 35 fois plus dilatables que l'eau, de sorte que pour peu qu'on chauffe un cris^ tal de quartz qui en renferme, on voit les bulles disparaître immédiatement, le liquide se dilatant par la plus faible cha* leur et remplissant toute la cavité.

M . Brewster a pu isoler une assez grande quantité de ces liquides, pour en étudier les principaux caractères; il a reconnu que l'un d'eux ^st volatil | la températured^S?*, et que l'au-

QOAan QYAUN, m

ti8 est ^, Lq premier a reçu réeemment 4« M- Daaa le aom d^ i^ri^toiùM, et la second celui de l^r«foiler(îf»^«

Il existe eatre ces deux liquides uae grande différeuce de pesanteur spécifique. Le plus dense donne un globule résineux transparent jaune, qui absorbe Thuiniditéde Tair; insoluble dans Teau et dans Talcooly il se dissout dans les acides hydroehloriqup et nitrique. (Yoir la description de ces huiles bitu^ mineuses à Tarticle qui les concerne^ dans la classe des com* bostibles fossiles.)

Certains échautillons de quartz de Madagascar sont criblés d'une multitude decesbujles; elles sont ordinairement tràs^ petites, et forment par leur ensemble conune un fond sablé. La collection de TÉcole des Mines possède une plaque de quarts dans laquelle il existe plus d'un millier de ces petites buUes sur la surface d'un pouce carré. La présence de ces buUoil pourrait expliquer Todeur empyreumatique de qertains quart» ; ils la devraient alors à du bitume mélangé d'una meuaiàre ÎBtim^ dans sa masse.

Aiuaoci««*^ Le quarts hyalin en cristaux ne saurait se o^ur fondre av^c aucune autre substance ; il existe, il est vrai, pluéeurs minéraun qui cristallisent en prisme régulier à six faces, surmonté d'un pointement à six faces; mais le faciès général du quartz, Télargissement presque constant de trois desiaces du pointement, le caractérisent suffisamment; aa dnreté fournirait, du reste, une distinction facile avec tous les minéraux en prismes à six faces, à Vexception, toutefbis, de Yimeraude incolore et de la phénakite. Les cristaux d'émer raude sont ordinairement basés, et ceux de phénakite sont teraûnés par un pointement à six faces très-obtus, dont plusieurs faces présentent même des angles rentrants.

Lorsque le quartz hyalin est en fragments, sa cassure vi^ treuse et éclatante le caractérise. Il ne trouve d'analogie que dans les cristaux factices, dont la dureté est toujours moindre; uaearactère saillant, pour distinguer le cristal de roche du Terre, est Timpressieq de froid qu'il produit; pour le consia-

140 QUARTZ HYAUN.)

ter» il suffit de prendre, dans chaque main» un morceau d'une de ces deux substances» on les distingue alors immédiatement.

Les quartz taillés présentent de l'analogie avec plusieurs minéraux; ils peuvent même, dans certains cas, se confondre avec eux. Cette comparaison peut avoir lieu :

1^ Avec le diamant. La réfraction de ce dernier minéral est simple ; sa dureté est plus grande. Son éclat, que Ton désigne par adamantin^ est beaucoup plus vif ; sa pesanteur spécifique est plus forte, dans le rapport de 5,5 à2,6. Ce dernier caractère, d'un emploi facile, est rigoureux: il ne laisse aucun doute.

2* Avec le corindon hyalin^ dit saphir blanc. Celui-ci raye fortement le quartz; son éclat est plus vif, et sa pesanteur spécifique est plus grande, dans le rapport de 5,9 à 2,6.

5^ Avec le spinelle blanc. Ce minéral est plus dur; sa pesanteur spécifique supérieure, dans le rapport de 5,5 à 2,6; enfin, il ne possède pas la double réfraction.

4^ Avec la topaze incolore, dite goutte d'eau. Les caractères de distinction sont les mêmes que pour le saphir blanc ; le rapport de la pesanteur spécifique de ces minéraux est de 5,5 à 2,6.

5^ Entre la topaze jaune du Brésil et la variété de quartz hyalin de même couleur. Caractères analogues.

6<^ Entre le corindon hyalin jaune, dit topaze orientale^ et le quartz de couleur analogue. Mêmes caractères que pour le saphir blanc.

1^ Entre le corindon, dit améthyste orientale, et lé quartz hyalin violet. Idem.

DEnniVB SOUSHifPÈCB. — QUARTZ COMPACTE.

On trouve dans certains terrains, principalement dans ceux des Alpes et dans les terrains de transition de la Bretagne, des couches d une roche quartzeuse, dont la cassure est tantôt esquilleuse, tantôt grenue. On a, pendant longtemps, rangé cette roche dans les terrains anciens, sous le nom iequarizite. Les études du gisement de cette roche ont prouvé qu'elle a

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