‹ Traité de minéralogieChapitre 78 sur 118 · CHAUX CARBONATES · texte numérisé non relu

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mosphérique que ceux qu'on trouve parmi les Tergelés et les bancs francs : ces derniers sont souvent sujets à geler et à se désagréger avec le temps.

5® varfélés et lambourdes. — Les vergelés sont des pierres maigres, poreuses, plus ou moins fines, résultant de l'agr^tion d'un sable calcaire, qui souvent parait entièrement composé de miliolithes. Ces pierres, qui s'exploitent en quantités immenses dans la vallée de l'Oise et sur les plateaux du Glermontois, sont fréquemment rubanées déveines ocreuses, d'une teinte grise et quelquefois mêlées de débris de moules coquilliers, qui en rendent la texture grossière.

Les vergelés s'équarissent à la laie et se scient à la scie à dents avec tant de facilité, qu'on ne les taille pas autrement.

Les lambourdes des environs de Paris proviennent des mêmes bancs que les vergelés ; leur nature est pareille, mais elles sont généralement plus tendres, et souvent grasses ou marneuses, en sorte que le mot de lambourde s'emploie volontiers pour désigner un vergelé de qualité inférieure, tandis qu'une lambourde de bonne nature peut avec raison être qualifiée de vergelé.

Les vergelés et lambourdes, qui s'exploitent en bancs puissants et étendus, forment la masse du calcaire grossier moyen ; c'est de toutes les subdivisions du calcaire grossier la plus constante dans son épaisseur et dans sa structure minéralogique, et en même temps celle qui se distingue le plus nettement des autres par la nature des matériaux qu'elle fournit. Les couches plus fermes et plus fines qui donnent le banc royal de Gonflans, ou le liais de Garrières-Saint-Denis, ont toujours, à un certain degré, l'aspect spécial du calcaire à miliolithes, qui se reconnaît également dans les bancs résistants de Saint-Maximin , appelés roche de Yergelé.

6<^ Saint-Leii, pierres irnsses et pierres tendres. — Les pierres de Saint-Leu, ou pierres grasses, se distinguent des vergelés en ce que le sable calcaire qui en. est l'élément principal est formé de débris de coquilles, brisés, piles et tellement

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fondus dans la masse, qu'ils ne se distinguent pas du ciment également calcaire qui les agrège ; de là cette faculté de s'écraser sous le marteau et de s'attacher aux outils, que les carriers expriment par le mot de pierre grasse.

Le type de cette nature se Toit dans les carrières de Troshy et de Saint-Leuy dont la pierre, d'une teinte jaunâtre y très« tendre au moment de Textraction, et à laquelle on doit laisser jeter son eau de carrière, durcit à la surface et se conserve parfaitement en élévation. Mais, exposée à l'humidité, elle gèle et se détruit rapidement, où le vergelé aurait bien résisté. D'ailleurs le Saint-Leu se débite et se scie comme le vergelé.

J'ai établi par des coupes nombreuses que le Saint-Leu forme la partie moyenne du calcaire grossier inférieur entre les couches à verratns ( Cerithium giganteum) et les couches à nummulites.

Ces deux dernières subdivisions donnent, la première dans le Valois et la seconde dans le Laonnais, des pierres appelées tendres, douces ou fines, d'une teinte blanche, qui sont en général plus sableuses et moins consistantes que le Saint-Leu; bien que leur structure minéralogique soit analogue, elles ne paraissent plus uniquement formées de débris coquilliers, mais aussi de sable calcaire fin, provenant de la destruction des bancs plus anciens.

Les bancs à veiTainsetà nummulites s'eiploitent en étan* fiche et se débitent le plus souvent en parpaings, tranchés et taillés à la laie.

7® caiérence et sainancomt. — Les pierres de Ghérence, de Saillancourt, de Tessancourt et autres localités voisines sont de véritables grès calcaires, d'une teinte grise ou rougeàtre, plus ou moins agglutinés par un ciment calcaire, et composés d'élément très-divers; on y voit, avec du sable calcaire et du sable siUceux, des coquilles entières ou brisées, des oursins, des polypiers, des grains de quartz translucides et de nombreux grains verts de glauconie.

La consistance de ces couches varie beaucoup dans l'épais^

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seur de la masse et d'une carrière a l'autre ; on y trouve cêpendant d'excellentes pierres, les unes franches, les autres très-dures, rarement gélives, se Conservant bien dans l'eau, mais s'usant au frottement. Le banc le plus dur et le plus fin de Ghérence s'emploie aux sculptures monumentales, telles que les groupes de l'Arc de l'Etoile.

Les bancs dont il s'agit forment la masse du calcaire grossier inférieur dans le golfe tertiaire, entouré de falaises de craie, dont les limites sont celles du Vexin français; et les caractères minéralogiques que ces bancs présentent seuls dans le bassin de Paris résultent des circonstances géologiques particulières dans lesquelles leur dépôt s'est effectué.

Le bassin de Paris fournit encore quelques matériaux de construction empruntés aux calcaires d'eau douce de Saint- Ouen, de Château-Landon , aux grès de Fontainebleau et de Beauchamp ; nous croyons devoir dire quelques mots sur les matériaux fournis par ces localités.

8^ Grès et çrès bAtards. — Les grès de Fontainebleau, qui s'emploient comme pierre de taille dans cette ville et dans quelques autres, n'ont pas besoin d'être définis minéralogiquement ; ce sont les bancs moyennement durs qui servent à cet usage ; les plus résistants sont réservés pour le pavage.

Les sables de Beauchamp ont à leur partie supérieure, dans quelques localités, des grès à ciment calcaire, qui donnent de bonnes pierres, très-résistantes à l'écrasement, non gélives, très-durables, mais chères à tailler. Telles sont les pierres d'Etrepilly, près de Meaux, et le banc dit bon Bénard^ qui s'exploite à Louvres.

Les grès bâtards sont des grès assez calcarifères ou des calcaires assez mélangés de sable siliceux, pour que leur aspect participe des deux natures du grès proprement dit et de la roche grossière. C'est ce qui arrive quelquefois , soit pour les Couches de Beauchamp dont je viens de parler , soit pour quelques bancs du calcaire grossier inférieur, par exemple, dans la vallée de l'Ourcq.

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9^ Ghâtean-Landon.— Le Chàteau-Landon est un calcaire compact, très-dense et- très-résistant y se sciant et se taillant parfaitement » et susceptible de poli, ce qui la fait quelquefois appeler marbre.

Celui qu'on tire des carrières situées en amont de Nemours, sur les deux rives du Loing, est peut-être la plus belle et la meilleure pierre de taille du bassin de Paris.

Les environs de Briare, d'Orléans etde Chartres fournissent des matériaux analogues, mais de moins belle qualité, souvent remplis de poches et difficiles à tailler.

Les bancs exploités dans ces diverses localités présentent exactement les mêmes caractères minéralogiques; mais ils appartiennent à deux époques géologiques différentes, les uns étant supérieurs et les autres inférieurs aux sables de Fontainebleau.

10^ MamièrM. — Les pierres qui portent ce nom étaient, il y a peu d années, employées seulement dans la construction des aqueducs. Leur emploi a pris une grande extension; elles constituent une variété de silex particulière, que nous avons décrite à l'espèce quartz, page 165 : nous la citons à cette place pour présenter un résumé complet des matériaux de construction fournis par le bassin de Paris.

Pour relier les indications géologiques qui précèdent, je donnerai ci-après la coupe théorique du calcaire grossier, que M. Michelot a dressée d'après plus de trois cents coupes de carrières, qu'il a relevées dans le bassin de Paris. Les subdivisions qu'il a admises dans les étages de MM. Brongniart et Cuvier, et qui ont chacune leurs fossiles habituelles, sont trèscommodes pour la pratique;' cet ingénieur a pu y rapporter tous les bancs exploités, qu'il a mentionnés dans les tableaux statistiques qu'il a dressés; considérées dans l'ensemble du bassin, quelque-unes de ces divisions n'offrent qu'une importance secondaire , parce qu'elles ne se voient distinctement dans chaque étage que là où cet étage est suffisamment développé.

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