TURQUOISE
un peu gjTùè sant rarement purs. Leur couleur ofire de grandes variations de bleu et de vert; les bleues sont les pins estimées. Leur prix est analogue à celui de Topale ; à Moscou, on paye 5 roubles (25 fr. ) pour un lot de turquoises contenant à peu près 1,000 fragments de la grosseur d'un pois. C'est un objet de commerce assez considérable pour les marchands de la Bulgarie.
La turquoise est une pierre très-recherchée, et qui se maintient toujours à des prix élevés, quand la teinte en est belle. M. Beudant rapporte qu'une turquoise ovale de 5 lignés sur 5 lignes et demie , d'un bleu clair, avec une légère teinte verdàtre, a été vendue 500 fr. en vente publique.
Ce haut prix de la turquoise a fait qu'à plusieurs reprises on a employé dans la bijouterie des matières colorées en bleu, dont l'aspect était à peu près le même. On s'est servi particulièrement pour cet usage de dents de mammifères fossiles colorées par du phosphate de fer et [trouvées en France, à Simorre» Auch, etc., dans le département du Gers. Ces turquoises , dont la valeur est presque nulle relativement aux turquoises de Perse, ont été désignées, par opposition à cellesci , sous le nom de turquoise de nouvelle roche.
La dureté des dents de mammifères est moindre que celle de la turquoise ; elles sont, en outre, attaquables par les acides, et répandent au feu une odeur animale : ces caractères fournissent des moyens faciles de distinguer ces deux matières bleues , si la différence de nuances laissait quelque doute.
chlorophyllite. — J'ajouterai, à la suite des phosphates d'alumine y quelques mots sur la cUorophyllite , minéral recueilli près de la mine de Néal, dans les États-Unis. M. Jackson, qui la fait connaître , dit qu'il y est en prismes r^;uliers à six faces, courts et tabulaires. Il est rayé par une pointe d'acier. La couleur de sa poussière est d'un blanc verditre très-pâle ; sa pesanteur spécifique est de 2,705. Il ne fond qu'imparfaitement au chalumeau. M. Witteney Ta trou?é composé de :
CRYOUTHE. 485
Silice 45,a0
Phosphate d'&lumine. 27,60
Magnésie 9,60
Protoxyde de fer 8,26 \ 100,00.
Protoz. demanganëse 4.10
Ean 5,60
Potasse et perte 1,64
Celte composition semblerait indiquer un mélange de deux minéraux différents. Le peu de détails que Ton possède sur la chlorophyllite ne me permet d'émettre aucune opinion sur sa nature ; je ne saurais également assurer si Ton doit la con* sidérer comme une espèce minérale distincte.
F&UBUiITB.
Ce nom a été donné par le docteur WoUaston à de petits cristaux blancs et transparents , présentant la forme d'un oc* taèdre tronqué, fig. 323, pi. 52, adhérant à la wavellite du Comouailles. Les inclinaisons des faces de l'octaèdre sont, pour 6* sur 6* contiguës = 109®; 6* 6* opposées à la base = 144*, et b* sur b* opposées à un angle de la base = 82. Conformément à ces angles , la forme primitive de la fluellite est un prisme rhomboldal droit de lOS"", fig. 322. Le rapport d'un des cdtés de la base à la hauteur est à peu près comme les nombres 1-3.
D'après une analyse en petit, M. WoUaston a trouvé cette substance uniquement composée d'alumine et d'acide fluorique.
L'éclat de la fluelUte est vitreux. Son indice de réfraction est i ,47, tandis que celui de la wavellite est 1 ,52. Ce minéral est très-rare , même en Angleterre ; on n'en connaît que deux ou trois échantillons.
KryoUthe ; Alumine fluttée alcaline ; Eisstein.
Ce minéral est en masses lamelleuses , d'un blanc laiteux, quelquefois un peu jaunâtre par le mélange d'oxyde de fer.
4i6 GRTOurra.
Il possède trois clivages égaux et faciles, perpendiculaires entre eux. On n'en connaît point de cristaux ; on ne peut donc savoir si sa forme primitive est cubique , ou si elle est seulement en prisme rectangulaire droit: cependant, comme des lames minces de cryolithe placées entre deux tourmalines rétablissent la lumière , il est probable que son système cristallin est simplement symétrique.
L'éclat de la cryolithe est vitreux, un peu perlé, jamais très-vif. Sa pesanteur spécifique est de 2,963. Peu dure, elle raye la chaux sulfatée, mais elle se laisse rayer par la chaux fluatée. Elle fond à la simple flamme de la bougie : c'est à cette propriété qu'est dû le nom de cryolithe ; c'est également par suite de sa grande fusibilité qu'elle a reçu le nom de 0is$Uin, ou pierre analogue à la glace.
Une analyse de M. Berzélius a donné pour la composition de lacryolilhe :
Aci<le flaoriqua ... 31 ,25
Alumine 24,40 1100,00.
Soude 44^25
Transformant ce résultat dans la théorie de l'acide fluori* que , la composition de ce minéral devient :
Rapp. atoniques.
Fluor 54,07 0/162 12.
Alumine 13,00 0,076 2.
Sodium 32,93 0,112 3.
Nombres qui peuvent se représenter par la formule 2klP + 5NaP.
La cryolithe a été trouvée àlvikaët, près de la baie d'Arksut , dans le Groenland ; elle parait y former des veines dans un granité , où Ton a constaté , en outre , la présence de Tétain et du wolfram.
Ghiolite. — La chiolite se trouve en grains cristalUns dans le granité de Miask. Ces grains ont une disposition prismatique asses( prononcée ; ils possèdent uu clivage triple , lequel, réuià ^ l^vr couleur d'un blanc de neige , donne à ce minéral
GHIOUTE. ig7
une identité presque absoliie avec la cryolithe, et sans la confiance qu'on doit ajouter aux analyses d'Hermann et de Rammelsberg , je ne l'aurais pas décrite comme espèce. J'ajouterai que les clivages ne sont pas rectangulaires , comme dans ce minéral ; ils déterminent un prisme rhomboîdal droit, sous Tangle de 114** environ.
La dureté de la chiolite est un peu supérieure à celle de la chaux carbonatée ; elle est représentée par 4. La pesanteur spécifique des grains cristallins est de 2,72 ; celle de la poudre serait, d'après Rammelsberg, de 2,842 à 2,898. La chiolite est translucide : son éclat est résineux ; elle fond avec une facilité égale à celle de la cryolithe , et donne les réactions propres à lacide fluorique. La composition de ce minéral résulte des analyses suivantes :
Phun. 57^ {»7,50 57,39 57,73 53^61 OM^^.
AlumimHm.. 19,69 19,59 18,03 17,73 16,43 0,053 2.
Soiiiam 23,78 22,91 24,69 24,56 26^ 0,084 3.
lOO^OD 100,00 100,00 100,00
Magnésiam. .'. 0,95
TUrium 1.04
Fotasse 0,59
GhodneMite. — Ghodnew a analysé un minéral qui provient de Miask, et qui se trouve, comme la chioUte, en grains cristallins. Sa pesanteur spécifique est de 2,77 ; il est blanc et nacré. Tous ses caractères sont identiques avec ceux de la chiolite ; la seule différence consiste dans les proportions de silice , d'alumine et de fluor, qui sont un peu différentes.
1 Jùumal fUrpriU. chem. , t XXXVI , p. 188.
* Quatri^e supplémant , p. 33, 1849.
* Journal des mmêê mawa, 1846, p. iÛ8.
4S8 ALUMINE SULFATÉE.
ALUamiB 80I.FATBB.
Alunogène (Beudant).
Ce sel parait être constamment le résultat de l'action de matières sulfureuses sur des roches contenant de l'alumine. Fréquent dans les solfatares, il y est le produit de l'altération des trachites par les vapeurs qui les traversent. Dans les mines, on le voit s'effleurir à la surface des roches qui contiennent des pyrites. J'en ai recueilli sur les parois des galeries de la mine d'Huelgoaët en Bretagne ; souvent, enfin , il existe dans les argiles qui accompagnent les lignites : il en est même un pro* duit très-essentiel , en fournissant un des éléments de l'alun* Les lignites du Soissonnais, exploités sur beaucoup de points du département de TÂisne , pour la fabrication de la couperose et de Talun, doivent leurs propriétés à l'action que je viens de rappeler. Les pyrites qu'ils contiennent , en se décomposant, donnent naissance à de Tacide sulfurique, qui» réagissant ensuite sur le fer et l'argile, produisent du sulfate de fer et du sulfate d'alumine.
Depuis quelques années, le sulfate d'alumine a remplacé en partie Talun dans la teinture, et ce sel est maintenant le but d'une fabrication très-active.
Valumine sulfatée forme des houppes concrétionnées à la surface des roches. On la connaît aussi en fibres déliées analogues à de la soie. Dans ce cas , il est probable qu'elle est mélangée de sulfate de fer, qui donne naissance au sel désigné sous le nom d'alun de plume. Elle est soluble dans Feau , fortement astringente; sa composition correspond, pour la proportion de l'acide et de la base, au sulfate ordinaire AlSu*; mais la proportion d'eau varie. De l'alumine sulfatée de Rio- Saldona^ en Colombie , a donné à M. Boussingault :
Oiyg. Rapp.
Acide sulfurique... 36,40 21,79 3.
Oxyde de fer 0,04
Chaux 0,02
Argile 0,04
WEBSTËRITE. 489
Cette composition correspond à la formule AlSu^ + 6I9. M. Beudant annonce que le sulfate d'alumine recueilli à la solfatare de la Guadeloupe ne contient que quatre atomes d*eau.
Analogies. — Plusieurs sulfates se présentent avec des caractères presque identiques. Je rappellerai que certaines variétés de sulfate de magnésie et de sulfate de soude sont en fibres soyeuses. L'alun de plume se trouve avec les mêmes caractères.
Le sulfate de magnésie est très-amer. L'alun de plume est reconnaissable au goût styptique qui caractérise l'encre. On distinguera, en outre, ces trois sulfates par le plus simple essai chimique : il suffit de verser de la potasse dans leur dissolution ; le sulfate de soude n'éprouvera aucune action ; le sulfate de magnésie donnera un précipité blanc floconneux très-abon* dant. Quant à Talun de plume , il produira un précipité verdàtre dû au fer, qui est au minimum d'oxydation.
Uallite; Aluminite ; Alumine soos-sulûitée.
Ce minéral a été trouvé, il y a déjà fort longtemps, dans les environs de Hall en Saxe; mais son existence est restée problématique jusqu'en 1813, époque où M. Webster en a observé un nouveau gisement dans le terrain de craie de New- Haven , sur la côte du Sussex. Depuis , M. Brongniart l'a retrouvé dans les terrains tertiaires d'Auteuil, où il forme une couche contemporaine au terrain. J'ai eu moi-même Toccasion de le recueillir dans les terrains tertiaires de Lunel- Vieil, dans le département du Gard; dans cette localité, comme à Auteuil, il est en stratification concordante dans le terrain. La couche de webstérite de Lunel-Vieil peut avoir 3 à 4 pouces de puissance : je l'ai vue se prolonger sur une assez grande distance.
• Dans tous ses gisements, la webstérite est blanche , terreuse , et tache les doigts à la manière de la craie. Sa pesan-
4M ALUNITE.
leur spécifique, très-faible, varie 4^ i i@6 à 1,890. attaquable par les acides, la webstérite donne de l'eau par ia calcination; elle est très-difficilement fusible au chalumeau.
La webstérite de Hall et du Sussex forme des masses ayant une disposition réniforme grossière. Leur cassure est terreuse et à grains fins, analogue à celle de la craie. La webstérite d'Auteuil et celle de Lunel-Vieil possèdent une structure oolitique grossière. Leurs grains, vus à la loupe , offrent, ea outre , une cassure fibreuse rayonnée un peu nacrée. Malgré ces différences, la composition de la webstérite est presque i(}8ntique dans tous ses gisements, ainsi qu'il résulte des aua* tyses suivantes :
Wcbsléri^deHaU, De Naw-BtTen, 9» LnneUVieU, D'Anlooil
par Siromeyer. par le inéoie. parM. Durréooj. paru, ^
Alumine 30,261 29,86
acide sulfurique.. 25,36 1 23,37 Eau 46,321 46,76
Oktb.
Cette substance est donc un sous-sulfate d'alumine , représenté par la formule AlSu + ZAq.
Analo^ec. — Plusieurs su))stances blaodi^es et terreuses ressemblent à la webstérite ; je citerai particulièrement certaines argiles^ la magnésie carbonatée et la magnésie silicath ou magnésite. La seule action des acides les distingue : la craie et la magnésie carbonatée y sont solublesavec effervescence; la magnésite est soluble avec gelée ; la webstérite est dissoute sans aucune action et sans résidu.
Almnine sous-Bolfatée alcaline; Âlmnlnile; Âlannstein; Pierre d'alan.
La pierre d'alun de la Tolfa, qui pendant de longues années a fourni au commerce une grande partie de l'alun , est la première alunite qui ait été connue. Longtemps après , cette même substance a été découverte en Hongrie; enfin , il y a peu d'années, M. Gordier en a constaté un gîte important au Mont-Dofe. Ces différentes localités appartiennent toutes su
ALUNITE. 491
terrain trachiiique. On a cru au premier abord que la pierre d'alun y ayait été remaniée par les eaux. J'ai eu roccasion de visiter le gisement de la Tolfa et celui du Mont-Dore : dans Tun et l'autre Talunite m'a paru appartenir au tuf trachitique , et avoir été formée par la même action. Il existe bien , il est vrai, dans la solfatare de Pouzzoles et dans celle de la Guadeloupe, des roches altérées donnant de lalun, mais leur formation, toute différente, est due à la cause que je viens d'indiquer quelques lignes plus haut, pour le suliate d'alumine.
Les pierres d'alun de la ToH'a , de la Hongrie et du Mont- Dore sont blanches , à cassure compacte ou terreuse, tantôt dures comme des roches siliceuses, tantôt assez tendres. Quelques échantillons sont caverneux , à la manière des pierres meulières. La dureté de cette roche est quelquefois, en outre , augmentée par la présence de quartz disséminé en grains de grosseurs très-variables. Les différences entre les caractères des pierres d'alun tiennent à ce qu'elles ne sont pas de l'alunite proprement dite , mais des roches feldspathiques , contenant une plus ou moins grande quantité d'alunite , ce que l'usage indique bientôt, car certaines pierres fournissent beaucoup plus d'alun que d'autres. M. Mohs ayant remarqué que les cellules des pierres d'alun étaient tapissées de petits cristaux rhomboédriques, a pensé que ces cristaux étaient de Talunite proprement dite , et le premier il a introduit cette espèce dans la minéralogie. M. Cordier et M. Beudant ont confirmé par des analyses et des observations cristallographiques l'existence de lalunite.
Cette espèce se présente en petits cristaux rhomboédriques sous l'angle de 92^ 50^ et en masses concrétionnées fibreuses. Outre la forme primitive, /S;. 324, pi. 52, on connaît des cristaux en rhomboèdres tronqués , fig. 325. Ces cristaux , blancs ou blancs grisâtres , translucides et à éclat vitreux , ont beaucoup d'analogie avec le nnc carbonate ; mais la roche qui les supporte est très-différente , et , sous ce rapport, leur distinction est facile. Ils sont , w outre, plus dari, ils rayent
402 ALUNITE.
la chaux carbouatée avec facilité ; leur cassure inégale est vitreuse, tandis que le carbonate de zinc admet des clivages parallèlement au rhomboèdre primitif.
La pesanteur spécifique de l'alunite varie de 2,694 à 2,752. Au chalumeau, elle décrépite sans se fondre. Réduitieen poudre, elle se dissout dans l'acide sulfurique ; elle donne de Teau par ia calcination , et devient par cette opération en partie soluble.
Alimlto fibreuse. — Elle constitue des masses concrétionnées grisâtres; les fibres sont tantôt déliées, tantôt assez larges et comme légèrement lamelleuses. Rarement les fibres se prolongent dans toute la longueur de l'échantillon; le plus ordinairement elles forment de petites couches successives, des espèces de bandes, comme cela a lieu pour l'albâtre calcaire. La dureté de Talunite , et surtout sa propriété de devenir en partie soluble par la calcination, la distinguent de la chaux carbonatée concrétionnée ; elle a également de Tanalogieavec la baryte sulfatée et la chaux phosphatée. La pesanteur spécifique de la baryte dispense de faire Tessai caractéristique de Talunite.
Les difiérences que j'ai signalées dans les caractères exiérieurs des pierres d'alun se représentent dans leurs analyses ; il en résulte qu'il est difficile de distinguer les éléments essentiels de ceux qui ne sont qu'à l'état de mélange ; cette difficulté est augmentée par la nature feldspatique de la roche qui contient , comme l'alunite , de l'alumine et de la potasse. Cette circonstance m'engage à citer plusieurs analyses.
AlODlie d« MooUoDi, CrislaUiiée, De Beregnui en Hongrie, par Dei cotilf par Cordier '. par M. Beribier *.
Alumine 40^00
Potasse. 15^
Acide sulfurique. 36^60 Eau 10,60
QuarU. • 26,30
Oxyde de fer.. AflO
Oiyf. Rip».
* AnnalêS des mines, U IV, première série, p. 205.
* /M., qvatriëme série, t. Il, p. 461 .
ALUNITE. 493
L'analyse de M. Berthier, quoique faite sur un échantillon très-impur, est la seule qui mène à une formule rationnelle. Elle serait exactement représentée par KSu^ + dAlSu + 6Aq. Si l'analyse avait donné 7,90 de potasse, au lieu de 7,32, il est remarquable que cette formule correspondrait, ainsi que M. Beudant l'avait soupçonné, avec la composition que M. Anatole Riifaut a trouvée pour le sous-sulfate aluminopotassique qu'il a préparé artificiellement; seulement, ici, la proportion d'eau est moindre ; elle ne s'élève dans l'alunite qu'à 6 atomes , tandis qu'elle est de 9 atomes dans le sousalun de M. Riffaut.
Pour retirer Falun de la pierre de la Tolfa, après l'avoir grillée, on la transporte sur une aire où on l'arrose continuellement afin de la faire efileurir; on la réduit ensuite en pâte, puis on procède au lessivage à chaud et à la cristallisation On obtient immédiatement de l'alun sans addition de matière potassée. L'alun de la Tolfa est recherché dans le commerce, où il est connu sous le nom d'alun de Rome. Sa supériorité est due, d'après M. Meillet *, à ce qu'il renferme un excès d'alumine, et qu'il cède cette terre plus facilement aux étof« fes que l'alun ordinaire.
Sa production dans les fabriques de Rome tient à ce qu'on n'évapore , dans ces fabriques, les eaux de lessivage des alunites calcinés qu'à une température qui ne dépasse jamais 42 degrés centigrades; car, à 50 degrés, cet alun se décompose en alun ordinaire, en laissant déposer un aous-sulfate insoluble.
On peut facilement obtenir avec un alun ordinaire les mêmes effets qu'avec celui de Rome. Il suffit de dissoudre l'alun à une température de 40 degrés centigrades, d'ajouter à la liqueur une quantité de potasse telle que le précipité qui se forme se redissolve presque en totalité, de filtrer et de faire cristallisera une faible chaleur. Par ce moyen simple, l'alun
* Revuê scientifique, juin 1839, p. 590.
494 ALtmiTE.
le plus impur se trouve purgé de tout ce qu'il pouvait coBlenir, et il acquiert en même temps toutes les propriétés de l'alun d'Italie.
Gisement. — Dans certains terrains argileux , on a trouvé des couches qui possèdent toutes les propriétés des alunites des terrains trachitiques , seulement elles sont moins pures et par conséquent moins riches. Les terres alunifères de laToscaoe sont les plus connues par les exploitations auxquelles elles ont donné lieu, et qui sont encore continuées aujourd'hui, malgré la fabrication directe des aluns. Ces terres sont des argile$ un peu schisteuses indélayabies , de couleur ocreuse, qui se trouvent dans les terrains crétacés de la province des Marem* mes, notamment aux environs de Hassa-Maritima. Ces argiles, dans leur état normal, sont grises , délitables et impropres à la fabrication des aluns ; elles n'acquièrent cette propriété que dans les parties où la nature première du terrain a subi des altérations métamorphiques dans tout son ensemble. Ces allérations ne se bornent pas à transformer les argiles en pierres alunifères ; dans la plupart des cas, les calcaires qui les accom*^ pagnent sont devenus cristallins , et il s'est développé , suivant les plans de stratification , des couches et des amas de quartz métallifère.
Bien qu'il n'existe pas de soufre natif dans ces alunites, il est probable que Faction qu'elles ont éprouvée offre de graudes analogies avec celles qui se sont exercées sur certains conglomérats trachitiques. On en trouve une preuve asseï frappante dans le rapprochement des caractères minéralogiques des terres alunifères de Montioni, de TÂccesa, etc., avec les caractères que prennent les argiles crétacées, non altérées, aujourd'hui traversées par les lagoni, notamment à Mont^ Cerboli. Ces argiles, grises et délitables, placées sousTinfluence des vapeurs sulfureuses, deviennent en effet jaunes, rouges ou blanches, indélitables, et seraient en plusieurs points propres à fournir de l'alun , si elles étaient en quantité suffisante.
ALUN. 4d!(
Nous devons encore citer comme minerais d'alun , les argiles pyriteuses exploitées dans plusieurs terrains , notamment dans Targîle plastique du département de l'Aisne, près de Paris; Tacide sulfurique, que les pyrites produisent en se décomposant, donne , par sa réaction sur les argiles, naissance à du sulfate d'alumine et à du sulfate de potasse. Ge dernier n'est pas ordinairement en proportion assez considérable pour fournir immédiatement de l'alun , et on est obligé d'y ajouter des matières potassées. Dans quelques localités , cette addition n'est pas nécessaire , et nous citerons particulièrement le pays de Liège, où certains schistes argileux du terrain anthracifère sont remarquables par leurs propriétés alunifères. Ces schistes, désignés sous le nom A'ampéliles alumineux, existent surtout dans la contrée située entre Liège et Huy, où ils donnent lieu à des exploitations. Leur puissance varie de 2 à 30 mètres. Ce sont des argiles délitables , grises ou noirâtres , pénétrées intimement de fer sulfuré qu'on trouve aussi en rognons et en plaquettes. Les fissures du terrain , et surtout les anciens travaux , sont tapissés d'alun de plume , qui se forme ainsi naturellement et atteste les propriétés de la roche. L'association de ces ampélites alunifères avec des dolomies et des minerais métalliques , tels qu'oxydes de fer, calamine , galène , blende , etc. , donnent lieu de penser que ces schistes ont pu subir, suivant certains plans de stratification, des altérations analogues à celles éprouvées par les schistes crétacés de la Toscane ; elles seraient seulement moins prononcées.
A&uir.
Alumine solfotée alcaline.
En décrivant l'alunite , j'ai annoncé que dans la solfatare de Pouzzoles il suffisait de lessiver certaines roches altérées pour en retirer l'alun ; dans quelques circonstances, cet alun se produit même sans lessivage ; c'est ce qui a lieu pour des schistes alumineux contenant des pyrites ; l'alun s'effleurit à