‹ Traitè de moraleChapitre 22 sur 49 · DE L* AMOUR DU MRS PUBLIC · texte numérisé non relu

DE L* AMOUR DU MRS PUBLIC

« L’amour se mesure à l’estime, dit très-bien Silvio Pellico ; pour beaucoup aimer l’humanité, il faut l’estimer beaucoup. »

Grâce au christianisme , l’humanité a été rétablie dans un degré d’honneur et de gloire qui appelle tous les dévouements de la philanthropie, qui explique tous les prodiges de la charité.

Aux yeux de la religion, le riche qui soulage le pauvre, le fort qui soutient le faible, l’hôte qui accueille l'étranger, l’homme bienfaisant qui essuie les pleurs de l’infortuné, soulagent, sou-

tiennent, accueillent et consolent un être créé à l’image de Dieu, que dis-je? Dieu lui-même.

Et si le bienfait s’applique à un grand nombre d’hommes, à toute une classe de la société, à tout le genre humain, l’heureux instrument de tant de bien s’approche alors, autant qu’il est possible, du type auguste qui lui est présenté comme son modèle; il devient une seconde providence, et il ne saurait trop bénir le rôle glorieux que la bonté divine lui a départi sur la terre.

« On fait beaucoup, quand on aime beaucoup ; on fait beaucoup , quand on fait bien ce que l’on fait ; et on fait bien , lorsqu’on cherche plus l’intérêt commun que sa propre satisfaction. »

(Imitation de J. C .)

« Nous devons nous aimer les uns les autres, dit Bossuet, parce que nous devons aimer tous ensemble le même Dieu qui est notre père commun, et son unité est notre lien. . . Dieu a de plus établi la fraternité des hommes , en les faisant tous naître d’un seul. . . Nul homme n’est étranger à un autre homme. . . . Nous sommes tous frères, tous une même race et un même sang ; nous devons donc prendre soin les uns des autres ; et ce n’est pas sans raison qu’il est écrit : Dieu a chargé chaque homme d’avoir soin de son prochain ... Il faut secourir notre prochain, comme

en devant rendre compte à Dieu qui nous voit... Les forces se multiplient par la société et le secours mutuel; on se console, on s’assiste, on se fortifie l’un l’autre. Dieu voulant établir la société , a voulu que chacun y trouvât son bien et y demeurât attaché par cet intérêt. C’est pourquoi il adonné aux hommes divers talents : l’un est propre à une chose, et l’autre à une autre, afin qu’ils puissent s’entre-soutenir comme les membres du corps, et que l’union soit cimentée par ce besoin mutuel. Chacun de nous a son don et sa grâce différente; et par cette différence de talents, le fort a besoin du faible, le grand du petit, chacun de ce qui paraît le plus éloigné de lui , parce que le besoin mutuel rapproche tout et rend tout nécessaire. Le monde subsiste par cette loi , et nous voyons la société humaine appuyée sur ces fondements inébranlables , un même Dieu , un même objet , une même fin, une origine commune , un même sang, un même intérêt, un besoin mutuel tant pour les affaires que pour la douceur de la vie. »

(Politique tiree de l’Écriture suinte.)

Tacite exprime par un mot charmant l’affection constante et pleine d’estime que se portaient Agricolaet sa vertueuse épouse : ils vécurent dans une merveilleuse concorde, sk préférait L’urr a

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l’authf. ( i ). Il y a quelque chose de ce dernier sentiment dans l’amour du prochain que commande la religion chrétienne , tout homme étant actuellement ou pouvant devenir un digne enfant de Dieu , un digne frère de Jésus-Christ. Le bien public résulterait nécessairement de cette disposition bienveillante avec laquelle les hommes se conduiraient les uns à l’égard des autres , jusqu’à ce qu’une mauvaise action les contraignît à substituer les précautions à la confiance et le mépris à l’estime.

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