‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 100 sur 235 · PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU

1 corps. 11 semble en effet que l'Ordre demande que les êtres périears paissent agir sur ceux qui sont au-dessous d'eux. )mme Dieu se voulait servir des Anges fidèles pour conduire peuple juif, pour le récompenser et pour le punir par des iens et des maux temporels que la loi leur propose, et même our travailler sous Jésus-Christ à son grand ouvrage, il était iécessaire qu'ils eussent du moins pouvoir sûr les corps. Et il larait assez que les Démons mêmes n'ont pas été tout à fait )ri?és de ce pouvoir après leur chute ; puisque c'est uniquenentparlà qu'ils agissent-sur les esprits, et qu'ils se sont renias maîtres du monde. Dieu par la puissance qu'il a donnée à iaint Michel *- sur son peuple a voulu figurer celle de Jésuschrist : et il a permis que le démon régnât sur le reste du inonde, afin que son Fils eût des ennemis à combattre et à vaincre, et qu'il fit paraître sa puissance en détrùnant le Prince rebelle qui avait assujetti à ses lois toute la terre. Car jamais la puissance du libérateur ne parait davantage, que lorsque l'ennemi s'est rendu absolument le maître, qu'on n'a plus aucun pouvoir de lui résister, et qu'on gémit depuis longtemps sous la tyrannie. Les Anges, ayant donc un pouvoir immédiat sur les corps, et par eux pouvoir • indirect sur les esprits, dès que les premiers hommes furent formés, les méchants tentèrent la femme de la manière qu'on sait: en la flattant apparemment sur le dessein connu de Dieu, que le Verbe s'unirait à l'homme* pour le sanctifier, selon ces paroles : Eritis sicut DU, scientes àonumet malum. Car je ne vois pas que des esprits éclairés pussent avoir d'autre motif d'obéir au Démon * , que celui d'être tirés de leur état profane à un état divin et digne de Dieu :

ïob tonte la ttftre. — Puis le texte continuait comme à partir de la phrase qu'on Cuvera plus loin : Car jamais la puissance du libérateur, etc.

1. Pour diminuer le nombre des volontés particulières de Dieu, qui l'embarras-

*«ieDl beaucoup, Malebranche rapportait à la seule intervention de saint Michel,

choisi une fois pour toutes dans les desseins de Dieu, ce qu'on appelle les miracles

"C l'ancienne loi. Encore ajoutait-il, rapporte Nicole, qi-ie Dieu n'avait choisi saint

Michel qne parce qu'il avait prévu que cet ange serait le plus ménagé en matière

^«miracles. « C'est comme s'il disait que Dieu a donné le peuple juif à gouverner

*ox anges au rabais des miracles, et qu'ayant trouvé que saint Michel s'en acquit-

Wl à meilleur marché, il le préféra à tous les autres. » Il paraît que Malebranche

•^ooaque, raillerie à part, le mot de Nicole rendait exactement son système sur

*• voies générales de la grâce.

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