CHAPITRE TREIZIÈME
Des passions. Ce que c*est. Leurs effets dangereux. Il faut les modérer. CoDclusiun de la première partie de ce traité.
I. Les sens, l'imagination et les passions vont toujours de compagnie : on ne peut les examiner et les condamner séparément. Ce que j'ai dit des sens et de rimagination s*étend naturellemeipt aux passions. Ainsi on peut bien juger ce que je vais dire, de ce que j'ai déjà dit : car je ne ferai qu'expliquer un peu plus au long ce que j'ai été obligé de dire en partie, à cause de l'étroite union de toutes nos facultés*.
IL Par les passions je n'entends point les sens qui les prodaiseni, ni limaginalion qui les excite et qui les entrelient. J'entends le mouvement de l'âme et des esprits causé par les sens el par l'imagination, et qui agit à son tour sur la cause qui les produit : car tout cela n'est qu'une circulation continuelle * de sentiments et de mouvements qui s'entretiennent et se reprodciv sent. Si les sens produisent les passions, les passions en échangr^^ par le mouvement qu'elles excitent dans le corps, unissent i*^ sens aux objets sensibles. Si l'imagination excite les passior»^' les passions par le contrecoup du mouvement des esprits rév^ »^" lent l'imagination : et chacune de ces choses s'entretient, ^" est produite ^ par l'effet dont elle est la cause; tant est adiT»-^ rable l'économie du corps humain et la liaison mutuelle ^^