PREMIÈRE PARTIE. — DE LA VERTU
toutes les parties qui le composent. Cela mérite d*être expliqué plus au long à cause des conséquences qu'il en faut tirer.
III. Les passions sont des mouvements de Tàmc qui accompagnent celui des esprits et du sang, et qui produisent dans le corps, par la construction de la machine, toutes les dispositions nécessaires pour entretenir la cause qui les a fait naître. A la vue d'un objet qui ébranle Tàme, supposons que cet objet soit un bien, il se fait deux cours ou deux épanchements d'esprits animaux du cerveau dans les autres parties du corps. Les uns se répandent ou tendent à se répandre dans les membres extérieurs, les pieds, les bras, et si les pieds et les bras sont hors de service, dans les poumons et les organes de la voix, afin de nous disposer et ceux qui sont avec nous à nous unir à cet objet. L'autre partie des esprits s'insinue dans les nerfs qui répondent au cœur, aux poumons, au foie et aux autres viscères, pour proportionner la fermentation et le cours du sang et des bnmears par rapport au bien présent. De sorte que la trace qae la présence du bien ou l'imagination forme dans le cerveau, et qui détermine ces deux épanchements d'esprits, est entretenue par les nouveaux esprits que ce second épanchement hâte * de fournir au cerveau, par les secousses réitérées et Tiiolentes dont ils ébranlent les nerfs qui environnent les vaisseaux où sont lés humeurs et le sang, matière dont les esprits se forment t&Ds cesse.
IV. Gomme tout doit être plein d'esprits, depuis le cerveau, origine des nerfs, jusqu'aux extrémités des mêmes nerfs et <iae * la trace du bien répand ^ avec force les esprits dans toutes les parties du corps, pour leur donner un mouvement viotentel extraordinaire, ou leur faire prendre une posture forcée; U est nécessaire que le sang monte à la tête promptement et Abondamment, par l'action des nerfs qui environnent, serrent ou lâchent les vaisseaux qui le contiennent. Autrement le cervean ne répandant point assez d'esprits dans les membres du ^rps, on ne pourrait pas conserver longtemps l'air, la posture ^l le mouvement nécessaire à l'acquisition du bien et à la fuite dn mal. On tomberait même en défaillance : car cela arrive toujours, lorsque le cerveau manque d'esprits, et que se rompt