Var. Tous. (1Ô
ii8 TRAITÉ DE MORALE.
vérllé el charité daas les saintes Ecritures. Mes bien-aimés, dit saint Jean \ nous sommes déjà enfants de DieUj mais il ne jpurait pas encore ce que nous serons quelque jour. Nous savons néanmoins que lorsqu'il paraitra, nous lui serons semblables, parce j que îious le veri'ons tel qu'il est. Et tous ceux qui ont cette espérance se sanctifient pour être saints comme lui. Heureux j dit Jésus- Christ niôine *, sont ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.
II. Pour découvrir les devoirs que nous devons rendre à Dieu, il faut considérer avec attention tous ses attributs essentiels, et nous consulter nous-mêmes par rapport à eux. Il faut surtout examiner sa puissance, sa sagesse et son amour, et de notre part nos jugements et nos mouvements. Car ce n'est que par des jugements et des mouvements, que les esprits rendenlà Dieu ce qu'ils lui doivent, ce culte spirituel que Dieu, qui est esprit, demande de nous ^ ; et c'est uniquement à cause de la puissance, de la sagesse et de l'amour de Dieu *, que nous lui devons indispensablement de très grands devoirs.
III. Lorsque en pensant à Dieu on ne voit encore qu'une réalilé ou uns perfection infinie, on reconnaît que l'ordre veut qu'oa estime Dieu infiniment. Mais de cela seul on ne juge pas nécessairement qu'il le faille adorer, craindre, aimer ^ d'un amour d'union, espérer en lui, et le reste. Dieu considéré seulemeniea lui- môme, ou sans aucun rapport à nous, n'excite point les mouvements de l'àme qui la transportent vers le bien ou la cause de son bonheur, et qui lui donnent les dispositions propres pour en recevoir les influences. Rien n'est plus clair, que l'être infiniment parfait doit être infiniment estimé. Il n'y a point d'esprit qui puisse refuser k Dieu ce devoir spéculatif: car ce devoir ne consiste que dans un simple jugement qu'on ne peut suspendre quand Tévidence est entière. Aussi les impies, ceux qui n'ont point de religion, ceux qui nient la providence, rendent volontiers ce devoir à Dieu. Mais, comme ils s'imaginent que Dieu ne se mêle point de nos. affaires, et qu'il