‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 135 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS. U · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS. U

n'est point la cause véritable et immédiate * de tout ce qui se fait ici-bas, que nous ne pouvons point avoir de commerce de société, d'union avec lui, ni par une raison, ni par une puissance commune en quelque manière, ils suivent brutalement tous les mouvements agréables de leurs passions, et rendent à une nature aveugle les devoirs et l'attention que méritent uniqoement la sagesse et la puissance du créateur.

IV. Les impies raisonnent assez consé(juemment, mais ils pochent dans le principe; et on ne peut pas facilement leur faire comprendre que Dieu exige des devoirs de sa créature, lorsqu'on ne les désabuse pas des fausses maximes dont ils sont remplis. QuiBsiDieu, par exemple, se mêlait de nos affaires, le monde n'irait pas comm^ il va, l'injustice ne serait pas * sur le irone, ni les corps arrangés atissi irrégulièrement qu'ils le sont ; que le monde défiguré comme il est, ne peut être Touvrage que d'une nature aveugle ; que Dieu n'exige pas de nous, viles créatures, des honneurs indignes de lui ; que ce (|ui nous paraît juste ne Test point en lui-même ou ne l'est point devant Dieu, qiijsi cela était, punirait souvent celui qu'il doit récompenser; car souvent les derniers malKeurs nous surprennent dans le temps même que nous faisons des bonnes œuvres. J'ai réfuté ailleurs ces faux principes; et si on ne conçoit pas clairement ce que je vais dire, on peut lire ce que j'ai écrit de la Providence dans les Entretiens sur la métaphysique et dans les Mrdidations chrétiennes ^.

V. Pour reconnaître donc nos devoirs dans leur principe, il ne suffit pas de considérer sans rapport à nous l'Etre infiniment parfait. Au contraire il faut surtout prendre garde que nous dépendons de la puissance de Dieu; que nous sommes unis à sa sagesse f et que nous n'avons de mouvement * que par son esprit, que par Vamour qu'il se porte à lui-même. Nous dépendons de la puissance de Dieu ; car nous n'existons que par elle, nous n'agissons que par elle, nous ne pouvons rien que par elle. Nous sommes unis k la sagesse de Dieu : car ce n'est que par 3lle que nous sommes éclairés, ce n'est qu'en elle que nous dé-

1. DoDC, si vous niez la théorie des causes occasionneUes, il n'y a plus de de- 'oirs envers Dieu : voilà bien l'cspr.t de syslèmo.

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