‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 138 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS

des mépris pour la grandeur et que de l'horreur pour les débris d'une cour voluptueuse; elle demeure immobile au milieu de tant d'attraits, et Dieu seul est l'objet de tous les mouvefflents de son àme. Numquam lœtata est ancilla tua, nisi in te Dm Abraham. Que de fermeté d'esprit, que de grandeur d'âme I c'est là ce qu'apprend la loi de Dieu! Mais c'est aussi ce que démontre ce principe, que Dieu seul fait tout, et que lys créatures ne sont que les causes occasionnellea do l'éclat (lui paraît les environner et des plaisirs qu'ils semblent répandre. Mais il faut expliquer plus en particulier les devoirs qu'on doit rendre à la puissance, qui ne se trouve qu'en Dien seul.

X.Tous nos devoirs ne consistent proprement qu'en des jugements et en des mouvements de l'âme, ainsi que j'ai déjà dit. Car JHeu est esprit, et il veut être adoré en esprit et en vérité, et toutes les actions extérieures ne sont que les suites de l'action de noire esprit. Celte perception claire que Dieu seul a la puis- ^'«ce, nous oblige à former les jugements qui suivent.

^**Que Dieu seul est la cause véritable de notre être.

2" Que lui seul est la cause de la durée de notre être ou 9e "oire temps.

3° Que lui seul est la cause de nos connaissanjces.

^'^ Que lui seul est la cause des mouvements naturels de nos volontés *.

*• Les mouvements naturels sont ceux qui constituent l'exercice m^me de la vo-

*''^lé. « Le mouvement naturel que Dieu imprime sans cesse en l'âme pour la por-

^i l'aimer, ou pour me servir d'un terme qui abrèpje plusieurs idées... la vo-

^^é. n ([)g la nature et de la yrdce, 3e discours, Ir* partie, v.) C'est le mouvement

MUi « geion Tinstitution de la nature » devait nous la sser tous pleinement libres,

***'ce qu'il ne nous poussait invinciblement que vers le bien en général et non vers

'^cuq jjjeu particulier. Le mouvement qui nous porte vers les biens particuliers

'^l-à-dire partiels, imparfaits, faux par conséqueni), voilà ce qui est de nous,

«^•'traction faite de l'impulsion première, que nous détournons et déréglons ainsi :

yf pouvoir qi-e nous avons d'aimer difféi ents biens est vn pouvoir misérable, pou-

J^^^ dépêché. » {Méditations chrétienntitj vi, 17.) Ou encore : « Tu n'as ce pouvoir

j ^ Consentir aux faux biens que par l'amour que Dieu t'imprime sans cesse pour

**'en en général. L^s consentements qui ne sont qu'erreur et que péché sont nni-

2^*'*ent de toi; car les consentements qui tendent au bien ne sont pas tant des con-

' **tement8 que des mouvements qui continuent et que tune dissipes pas. » {Mé-

^ions chrétiennes, vi, 19.) Ainsi ce pouvoir misérable, ce pouvoir de péché, c'est

. ^H'on appelle vulgairement le libre arbitre; et de quoi, selon Malehranche, est-il

|, ''éaultat? D'un affaiblissement! Car si nous ralentissons et dissipons en nous

j^^tÎQn divine, ne croyons pas que ce soit l'effet d'une puissance réelle et positive.

^'i î « Selon rinstitution de la nature tous les hommes sont également libres...

*is la concupiscence corrompt le cœur et la raison ; or V homme ayant perdu le

o'>Quo lui seul est la cause de nos sentiments, le douleur, la faim, la soif, etc.

6» Que lui seul est la cause de tous les mouvemenl corps ' .

7" Que ni les hommes, ni les anges, ni les démons, crcalure ne peut par elle-même nous faire ni biei qu ils peuvent néanmoins, comme causes occasionne miner Dieu, en conséquence de quelques lois p:énéra: faire du bien et du mal, par le moyen du corps au sommes unis.

8" Que nous non plus, nous ne pouvons faire ni b à personne par nos propres forces, mais seulement ob par nos désirs pratiques ', en conséquence des lois de rame et du corps, à faire du bien et du mal a hommes. Car c'est nous qui voulons remuer notre br; lan^'ue, mais Dieu seul sait et peut les remuer ^.

pouvoir d'effacer les traces des plaisirs sensibles et d'arrâter les mou concupiscence^ ««cttft liberté, opale chez tous les hommes s'ils n'eussec «st (I<»venuo inrpjilo selon los (liffcrents dogrôs de la lumière, et selo iMipisrenco njril divorsoinent i^n eux... «» {De la nature et de la gràct Ire partie, xi.) Malobranclift o»\ tlonc. bion près dédire, comie les Ja 11* libre arbitre invo([uA par les philosoplies. est. une maladie, la ma diM'hue, et que cette liberté n'est qu'un état de désordre, amené par nous avons. mérité que Uieu nous laissât. « (l'est la seule grâce, d \*. (Juesnel. qui prcrieut, réveille, guérit, applique et fait agir et t lonté. » Kl il arhève sa pensée par la comparaison suivante : - La m/ Sauveur ri la main morte de la (ille de .laïre, jointes ensemble, sont i la prAr.e et de la volonté qui s'unissent et eoncoiu'ent inséparablemei cation et aux bonnes œuvres par le consent^-ment qup la grâce opère d et que la volonté donne jiar la j^rAce qui la ranime, la sanctilie. la n agir. » Ainsi, pour le P. Quesnel, nous ne sommes vraiment libres qi (tessons de vouloir par nous-m-'-iues: et il va jusqu'à penser que oel de toute volonté personnelle vaut, mieux que la liberté mrmc dont ^ avant la chute. « r4hef pour chef, le seivmd Adam pour le premier grâce: grâce excellente, eflicace, puissante, divine, telle qu'est celle pour la grAce commune d'Adam, faible, périssable, soumise à la li li<»nnée à l'homme sain et innocent, et. qui ne produisait que des n.éri Malebranche est-il ici bien éloigne de ces théories?

1. « Nous n'agissons que par le concours de Dieu, et notre aclic comme efficace et capable de produire quelque effet, n'est pas diffc de Uieu. » (15* Éclaircissement sur la Becherche de la vérité.)

2. Nos désirs qui tendent A l'action sans y jiarvenir par eux-mrmes gent » Dieu, que parce que Dieu s'est obligé lui-même à y répondi eflicace. Ces désirs pratiques, c'est ce que les autres philosophes ap| lontés.

3. Ainsi en résumé : to Le mouvement initial de notre volonté v 2o 0""''"^ ^^ mouvement initial se continue et nous porte vers le vrai

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