‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 143 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS

vienne point à la traverse dissiper par de vains fantômes ou âes pensées humaines, la lumière que cette môme fi:i répand en nous.

IX. Pour reconnaître donc nos devoirs envers Dieu, comme sagesse ou Raison universelle des intelligences, il ne suffit pas d'être convaincu en toutes manières de l'union de l'esprit avec Dieu, il faut encore examiner avec soin les lois de l'union de Vàme et du corps : parce que nous sommes tellement situés entre Dieu et les corps, que plus l'union de l'esprit et du corps s'augmente et se forliiie, plus l'union de l'esprit avec Dieu s'affaiblit et diminue ; et au contraire moins le corps aj^it sur l'esprit, plus l'esprit consulte librement la Vérité intérieure. Je n'expliquerai point ici en particulier quelles sont les lois de l'union et de l'esprit et du corps, on doit s'en être instruit ailleurs. Qu'on se souvienne du moins en général, que nos sentiments répandent notre âme dans notre corps, et la rendent attentive à ses besoins : et que notre imagination et nos passions la répandent dans tous ceux qui nous environnent : que le corps pe parle jamais à ;respril que pour le corps, et qu'il nous lire insolemment de la présence de notre maître intérieur, qui ne, nous parle jamais que pour le bien ou la perfection de notre ôlre; en un mol que notre union avec la Raison est maintenant si faible et si délicate, que le moindre sentiment qui nous frappe, la rompt actuellement, quelque effort que nous fassions pour rentrer en nous-mômes et retenir nos idées qui se dissipent.

X. Jugements qu'ion doit former en V honneur de la Raison uni- ^melle.

^"11 n'y a point plusieurs sagesses, ou plusieurs Raisons. 2^ L'homme n'est pas à lui-môme, ni à nul autre, sa sagesse fit sa lumière, ni nulle intelligence à aucune autre.

3*>Dieu par sa puissance est la cause de nos perceptions ou de Dos connaissances claires, en conséquence de nos désirs ou de ïïoire attention. Mais c'est uniquement la substance intelligible ^t commune de la vérité qui en est la forme, l'idée, l'objet imïDédiat. L'esprit séparé de la Raison ne peut connaître aucune mérité.- Il peut bien par l'action de Dieu sur lui sentir sa dou- *finr, son plaisir S et toutes les autres modifications particulières dont sa substance est capable : mais il ne peut connaître

*• Var. L'édition do 1684 ajoulaif ici : sa percopJion.

tH4 TRAITÉ DE MORALE.

en lui-nirMne (li»s vérités commiinos à tous les esprits, rhnmme qui dépond de la puissance de Dieu pour être hour et puissant, doit encore être uni à sa sagesse pour devenir simnahie, sajre, juste, parfait en toutes manières.

i" Nnus ne lirons donc point des objets les idées que nou avons.

y*'» Les hommes que nous appelons nos maîtres, ne sont û que (les moniteurs '.

€}o El lorsque nous rentrons en nous-niftmes, pour décou quel(|ue vérité que ce soit, ce n'est pas nous qui nous rép dons, mais c'est le maître intérieur ^ qui habite en noiis,c ((ui préside immédiatement à tous les esprits, et leur ren tous les mémos réponses ■.

XI. Tout cela se réduit à cette proposition générale de Je: «Christ, (|u«^ nous n'avons (ju'un Maître, Jésus-Christ lui-niA qui nous éclaire par l'évidence de ses lumières, quand ii rentrons on nous-mêmes; et qui nous instruit sûrement p.i fois, lors((ue nous consultons l'autorité visible et infailliblt rK«:lise, (|ui conserve le sacré dépôt de sa parole écrite ou écrite.

XII. !)(» ce f^rand principe naissent les devoirs quisuivon 1<» Ne point tirer vanité de ses connaissances, mais on

mercier humblement celui (|ui en est le principe et l'auteui *> UcMitrer en soi-même autant qu'on le peut : écouter i

volontiers la Raison, que les hontmes.

> Ne se rendre qu'à févidence, et à l'autorité infaillible 4<' Lors(|ue les hommes parhuu, ne pas manquer de cunfr

1er ce ([u'ils disent à nos oreilles, asTc ce que la Raison rép

à notre esprit : ne les croire jamais que sur des faits, etcp*

tominiî par provision.

:i" Ntî leur parler jamais, du moins avec un air de conliai

w \\\\ (|ue la Raison nous ait parlé à nous-mêmes par son«

J^.*l!Ce.

".•■* leur parler toujours en moniteurs^ et non en maîtres :

>• ■ -.'UMMil (Irvcloppôo par Mnlebrancho. Voyoz pnrticulièremont 3A ..'. i . .//'<.*v, II, iT).

\ .. -. ■.'iiipic nous renlrrms en nons-mi''mes, nous no nous répondon: . . o nliM-iiMir... (l()Si.)

"I vU' l()S1 (lonnail la nofo mar^inalti suivanl(> : Vos autem ,,. .- ,., .^ l'v/ t'iiiin Afaf/isti^r vrster. xxiii, 8. — Voyoz lo livre des»"' ■( . ,, ..\t« <>

■ . ■ ■.• liiSt .•ijoulail : Do rKjrl'so.

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