‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 144 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS

roger soavent, et par diverses maDîères les mener îDseDsient au Maître, à la Raison nniverselte, en les obligeant de *er en eax-mêmes. On ne les instruit que par cette voie. Ne disputer jamais pour disputer; et ne proposer même lis la vérité aux autres, lorsque la compagnie, la passion, uelque autre raison fait assez connaiire qu'un ne rentrera m soi-même pour écouter la décision du juste juge. Ne consulter la Raison que sur des sujets dignes d'elle, et nous soient utiles, soit pour nous porter au bien ou puur ; unir à la vérité; soit pour nous régler le cœur ou pour lérir quelque force et * quelque liberté d*esprit. Ne conserver chèrement dans sa mémoire, autant que se peut, que des principes certains et féconds en conséices, que des vérités nécessaires, que les réponses précieule la vérité intérieure.

io Négliger ordinairement les faits, ceux-là principalement n'ont point de règle certaine *, tels que sont les actions hommes : cela n*éclaire point Tesprit, et corrompt souvent Bur ».

lo Notre loi inviolable c'est TOrdre : ce n'est point la coue, souvent opposée à l'Ordre et à la Raison *. Suivre emple sans le confronter avec l'Ordre, c'est agir en bêle, et iiuement par machine. Encore vaut-il mieux, ce qui ne trien du tout, faire sa loi de son plaisir, que d'obéir sotteit à de méchantes et fâcheuses coutumes. Il faut que notre ou notre conduite rende honneur à notre Raison, et soit 3e des grandes qualités que nous portons.

2' Mépriser la délicatesse-, la beauté, la force même de Tinnation et toutes les études qui cultivent cette partie de s-mêmes qui nous rend si estimables et si agréables aux X du monde. Une imagination trop délicate ou trop inste ne se soumet pas volontiers à la Raison. Cesl toujours le )s qui parle par l'imagination; et lorsque le corps parle, t ime nécessité malheureuse, il faut que la Raison se taise »oit négligée.

Var. Oq. (1684.;

Var. De règles certaines. (1684.;

Comparez les phrases de Descartes sur llusloii-e, daus la 1** partie du iJis- * «fe la méthode.

^talebranche n'admet pas», comme Descartes, une morale provisoire, s'en rap- ^^ k la coutome tant que la science certaine n'est pas fondée.

ibti TKAITE DE MORALE.

l3o Pour se fortifier dans ce mépris, ii faut souvent el ane]application particulière, comparer à la lumière inté ce (]ui brille à l'imaginatioD, afin de faire évanouir Téclai peur et charmant dont elle couvre ses folles pensées : il n pros(iue jamais avoir égard aux manières dont on se paie le monde.

lio Fermer avec soin les avenues par lesquelles Tàme s la présence de son Dieu et se répand dans les créature esprit dissipé sans cesse par l'action des objets sensibles m rendre à la Raison le respect et l'assiduité qui lui soni C'est mépriser la Raison que de donner à ses sens toi borlé.

I.S" Aimer ardemment la vérité, la sagesse, la RaisoE verselle. Regarder comme un grain de sable par rapport tout l'or du Pérou. Omne aurum in comparationc illius are caitjHa ', tlit le Sage. La prier sans cesse par son attention * son plaisir de la consulter, d'entendre ses réponses, de lui comme elle fait ell»-mémc ses délices de coiiverscr parmi t et tonjoui*s au milieu de nous.

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