DEUXIÈME PARTIE. - DES DEVOIRS. il
Tiea par sa puissance ne fera pas le bien des hommes, mais 3ur ma!, si par sa sagesse il n'est point leur loi ou le principe le leur réformation intérieure. Car le bonheur est une récom- )ense. Pour le posséder, il ne suffit pas de le désirer, il faut le Daériier : et Ton ne peut le mériter, si l'on ne repaie les inouveraenis de son cœur sur la loi inviolable de toutes les intelligences, sur celui sur lequel l'homme a été formé et sur lequel il doit être réformé. En un mot l'amour de l'ordre immuable de la jusiice doit toujours être joint à l'amour d'union, qui se rapporte à la puissance de Dieu S afin que notre amour étant semblable à l'amour Divin, il nous conduise à toute la félicité et à toute la perfeciion dont nous sommes capables.
YllI. Car il faut observer que dans l'état où nous sommes tnaintenant, il arrive souvent que notre bonheur et notre perfection se combattent, et qu'il est nécessaire de prendre parti: ou de sacrifier sa perfection à son bonheur, ou son bonheur î\ «a perfection; ou l'amour de l'ordre à son plaisir, ou son plaisir à l'amour de l'ordre. Or, quand on sacrifie son bonheur à sa perfection, son plaisir à l'amour de l'ordre, on mérite. Car on obéit à la Loi Divine, à ses propres dépens, et par Là on prononce hautement que Dieu est juste et puissant; jugement conforme à celui que Dieu porte de lui-môme. Car nos actions ne Sont méritoires que lorsqu'elles expriment les jugements <iue Dieu porte de ses attributs *. On abandonne à Dieu ce qui dépend uniquement de lui, notre félicité, et par cette soumission on rend honneur à sa puissance. Il dépend ^ en partie de pous d'obéir à la Loi Divine; et il n'en dépend nullement de jonirdu bonheur. Ainsi, nous devons remettre entre les mains de Dieu notre propre félicité, et nous appliquer uniquement à notre perfection: faisant cet honneur à Dieu de le croire h sa parole *, de se confier à sa justice et à sa bonté, et de vivre contents par la foi dans la fermeté de notre espérance; selon
»• Var. En un mot, ramoiir dn conforrnilo, qui se rapports à l'onlro immuable. ^U sagesse de Dieu, doit toujours rtre joint k l'amour d'union, qui so rapports à "» puissance. (1684.)
*• Var. Après les :rots : h ses propres dépens, le texte de l'édiJion dn 1081 était **n8i rédigé : Et par là on rend honneur à la saj^esse ('o Diou, .\ la Raison univer- *ïïe; on abandonne à Dieu...