DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS
muable dans ses desseins, marque certaine qu'elles ne sont point son véritable ou principal dessein ^ Mais cette société spirituelle subsistera éternellement ; le rovaume de Jésus-Christ n^aura point de fin : son temple sera éternel, son sacerdoce ne sera point changé par un autre : Dieu l'a confirmé par nn serment solennel^. Juravit Dominus et non pœmtebit eum Tu es Sacerdos in œternum secwidum ordinem Melchiscdech. La maison de Dieu se bàlit sur des fondements inébranlables, sur ce Fils bien-aimé en qui Dieu a mis sa complaisance, et par qui toutes I choses subsisteront à la gloire de celui qui leur donne VCnre, j. IV. Lorsque nous faisons quelque établissement ici-bas, ou i que nous en procurons à nos amis, nous bâtissons sur k sable, [ nous logeons nos amis dans un bàiiment qui menace ruine. \ Tout fondra sous nos pieds, du moins à la mort. Mais nous traj Taillons pour Téternité, lorsque nous entrons dans l'édifice du Temple du vrai Salomon, et lorsque nous y faisons enirer les antres : cet ouvrage subsistera dans tous les siècles. C'est donc là le bien que nous devons nous procurer, et aux autres hommes : c'est là la fin principale de tous nos devoirs : c'est là la sainte société que nous devons commencer ici-bas ])ar la charité que nous sommes obligés d'avoir les uns pour les autres. Car enfin, puisque le dessein de Dieu dans les sociéiés p^Tissables n'est que de fournir à Jésus-Christ, architecte du Temple éternel, les matériaux propres à former son Eglise, il n'est pas possible que nous manquions à des devoirs essentiels, lors(|ue entrant dans les desseins de celui qui veut sauver tous les hommes, nous faisons servir toutes nos puissances pour hâter son grand ouvrage et procurer aux hommes les biens pourles- ; . qnels Dieu les a faits.
I V. En effet, ne nous imaginons pas que Jésus-Christ nous i eommande absolument autre chose que de nous procurer mu- I laellement les vrais biens, lorsqu'il nous ordonne de nous aimer les uns les autres. Quels sont les biens d(mt il a comblé ses i Apôtres et ses Disciples? Leur a-t-il donné, comme ces faux amis à ceux qui entrent dans leurs passions, des biens périssables ? Les â-t-il toujours délivrés d'entre les mains de leurs persécuteurs ? Non, sans doute. Ce ne sont donc pas là nos principaux devoirs de charité. Il faut secourir son prochain, et
i. Var. Cette fin de phrase, depuis le» mots : Marque certaine..., n'était pas dans les éditions de 1684 et de 1697.
2. Var. Cette phrase : Dieu l'a cnnfimnô..., n'était pas dans l'édition de 16S1.
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Ini oonserver I» lie, eomme on est obligé de couen aiôine propre : miii il (knt priténr le ulnt in praelulB n vie et i 11 nAtre.
VL Afiwr, ce terme est doDC équivoque. Il signifie Iroii lies fort différaDtes, et qnll fiial distinguer avec soin ■■ Il i Ile s'anir de rolonté à nn objet comme à son bieo, ou à li ( de son bonbenr : se conformer à qaelqa'an comme î soa dële on à la règle de sa perreeiion : sTOir de la bieaTâlI ponr qneiqQ'ao, oa soahaller qn'il soit et hcnrenz et pa: L'amonr d'uniox ^n'esl dA qn'à ta puissance de Dien : l'ii de eoitfWmiU n'est dû qn'à la loi divine, l'urdre imma Nalle créature n'est capable d'agir en nous : personne ne j)tre notre loi Tirante on notre parfiit modèle. J6soii-C mftnie quoique impeccable, quoique Saison incarnée, a &i cboses que nous ne devons poiai faire : parce que les ein tances n'étant point les mêmes, la Raison intelligible noi défend, loi inviolable, modèle indispensable de toutes les i ligences.
Vn. Ainsi nous ne devons point aimer noire proebain amonr d'union ni d'un amour de emflirmiti. Hais nonspon et devons l'aimer d'un amour de bimveaianee. Nous de l'aiitier en se sens, qne nous devons Ini désirer sa perfMj son bonheur ; et comme nos' désirs pratiques sont caosis ( sionnelles de certains effets qni sont utiles à ce desseis, devons faire tous nos efforts pour leur procorer une s venu, alin qu'ils méritent les vrais biens qui en sont la réi pense. C'est véritablement à cela qne nons oblige le cDnu dément que Jésiis-Christ nous s fait dans l'EfanglIe, de aimer les uns les autres, comme nous-mêmes, et comme il a aimés lui-même.
VIII. Honorer, ce terme est encore équivoque, il marqne soumission d'esprit à la puissance véritable, an respect on soumission extérieure à la cause occasionnelle, et une si estime qu'on fait de quelrgne chose, à cause de rexcellea son être ou de la perfection qu'elle possède ou qu'elle es pable (le posst-der.
IX. Il n'y a que Dieu seul à qui soit due cette espèce d' neur qui consiste dans la soumission de l'esprit à la pois:
'< partis, nh. iir, par. S, Malebrancha n« diitin^ait qae