‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 177 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS

lit naître. C'est un devoir de justice, (|ue ^\{^ rtMidre le resi)eot t le tribut à ceux à qui Dieu a donné pouvoir sur nous. Qu'ils oient ou ne soient pas gens de bien, ni môme chn'tions: in'ils abusent ou n'abusent pas de nos contributions, rela l'importe. La Raison en est que c'est Dieu qu'on honore dans lear personne, parce que tout honneur est relatif, et ne doit s'arrêter qu'à celui qui possède véritablement la pui^^sanco. ÀiDsi, on commet une injustice contre son prince, l()rs(|u'on refase de lui rendre les respects qui lui sont dus, et c'est une désobéissance formelle au Roi des Rois, que de refuser de se soumettre et de donner des marques sensibles de la soumission à ceux qu'il a établis pour tenir sa place dans le monde. Les premiers chrétiens ont rendu aux empereurs romains, qui même persécutaient cruellement Jésus-Christ dans ses membres, tout le resp'^ct, toute la soumission, tout l'honneur relatif qui était dû à leur puissance participée : sachant bien que l'honneur n'est proprement dû qu'à Dieu, et ne se rapporte qu'à lui selon ces paroles de saint Paul : Reyi sœculorum immortall et invisi- ^, Soli Deo honor et gloria * ; sachant bien que les devoirs de respect ne doivent point se proportionnera l'utilité de l'Eglise, ou plutôt qu'ils s'y doivent rapporter, puisque c'est là le grand oapJQtôt l'unique dessein de Dieu, mais que cela ne se fait jaïjwis mieux, que lorsque les chrétiens les rendent avec toute l'exactitude possible, parce qu'en effet c'est là le moyen que les souverains, toujours jaloux de leur gloire et de leur autorité, favorisent les chrétiens plutôt que lés autres sociétés de leur empire. Mais il faut expliquer plus au long nos devoirs P^r rapport aux différentes conditions de la société que nous fermons avec les hommes.

*• ï Tim, I. (Note marginale de M.)

CHAPCTRE NEUVIÈME.

Des devoirs dus aux souverains. Deux puissauce» souTeraines. difTérence. Droits naturels de ces deux puissances. Droits de cession. De l^obéissance des sujets.

I. Tous les devoirs qu*on doit rendre aax puissances i cipées se réduisent en général aux devoirs de respect ei devoirs d'obéissance. Les devoirs de respect dépendent de et des coutumes observées dans l'État ; ils consistent en taines marques sensibles et extérieures de la soumission Tesprit rend à Dieu en la personne des supérieurs. Ces de sont difTérents selon les circonstances des lieux et des te Quelquefois on se prosterne devan( le souverain : quelqi on se met un genou en terre ou tout à fait à genoux : soi on ne fait que se baisser profondément, et demeurer ai vert; et quelquefois môme on demeure couvert en sa prés sans perdre le respect qui lui est dû. Ce ne sont là qm cérémonies arbitraires et qui sont réglées par Tusage.

II. Mais ce qui est essentiel à la morale, c'est que H lui-même doit être dans le respect en la présence du pi image de la puissance véritable : et cela à proportion q prince exerce actuellement Fautorité * qu'il a reçue, ou qr revêt, pour ainsi dire, de la puissance et de la majesté de Car on doit plus de respect au Roi séant en son lit déjà qu'à lui-même dans mille autres circonstances; à l'évêqu sant les fonctions épiscopales, qu'en toute autre rencc

i. Qu'il est, suivant le langage du droit contemporain, « dans l'exercice fonctions. »

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