DEUXIÈME PARTIE. -DES DEVOIRS
îla qae le Prince doit conserver TËtat en paix, ordonner qu'on pprenne à ses sujets des sciences solides qui perfectionnent esprit et règlent le cœur, et faire observer rigoureusement les )is qui punissent les crimes et les injustices. Car un peuple ien instruit et soumis à des lois raisonnables, est plus propre
recevoir utilement l'influence de la grâce, qu'un peuple irutal, vicieux et ignorant. C'est pour cela qu'il doit faire serir son autorité à l'observation des ordonnances des conciles, it retenir les peuples dans l'obéissance qu'ils doivent à leur nère l'Église de Jésus-Christ. Car enfin l'Eglise et l'État ont msemble une si étroite union, que celui qui trouble l'État troable l'Église composée des mêmes membres, et que celui qui bit schisme dans l'Église est véritablement un perturbateur du repos public ^
IK. Mais qu'un Prince ait ou n'ait point ce grand dessein de se faire une gloire immortelle en travaillant pour l'éternité, en travaillant à la construction d'un ouvrage qui seul subsistera éternellement, ce n'est pas aux particuliers à critiquer sa conduite. Et pourvu qu'il n'exige rien qu'en conséquence des droits naturehy que lui donne la commission qu'il a de la part de Dieu, on lui doit l'obéissance en toutes choses, quelque dignité même qu'on ait dans l'Église.
X. Ce n'est point à moi à tirer, des principes certains que je viens d'exposer, les conséquences dans lesquelles consistent en ptrticulier les devoirs de ceux qui ont droit de commander ; et il y a même en cela plus de difticulté qu'on ne pourrait croire. H faut avoir égard à bien des circonstances particulières, qui ^^bangent ou déterminent ces devoirs. C'est aux souverains à examiner leurs obligations devant Dieu à la lumière de l'Ordre ÎQunaable et de la loi divine, plutôt que de s'en rapporter au conseil des hommes, qui les flattent presque toujours *. Ils doivent aussi consulter les lois fondamentales de l'Etat ', et les
'oIq) pour faire prospérer parmi ses sujets, comme le père dans sa famille, comme B c^^ parmi ses membres^ la religion qu'il croil la meilleure et qu'il professe. Mapbranche ne parait pas même concevoir une situation où la souveraineté appari^ndrait à un peuple tout entier et à un peuple divisé dans ses croyance».
t. Et c'est à ce titre, pense Malebranche (comme beaucoup de théologiens), que > pouvoir séculier le frappe juste n eut. C'est une su te du point de vue que nous ^diquions dans la note précédente.
Z. On s'étonne que de tels esprits ne croient pouvoir rien trouver ni devoir rien lacer entre la conscience du souverain et les flatteurs.
3. Qui les établit? Qui a le droit de les modiner? Autant de questions que le Vil* siècle ne se pose pas.
2IH TRAITÉ DE MQRâLE.
considérer comme les règles ordinaires de leur condu Êvi^iues de mOme sont obligés de suivre les règles de 1 qu'ils ont promis d'observer dans leur consécraiion, veulent abuser de leur autorité et de la puissance de Christ.
XI. Mais pour les sujets, il me paraît certain qu'ils ( obéir aveuglément, lorsqu'il n'y va que de leur propre i; car, pourvu (|u'en obéissant à une des deux puissances, mamiue point à ce qu'on doit à Dieu ou à ta puissance of sans doute il faut obéir. C'est s'établir juge de son Soai (lue de critiquer sa conduite. C'est s'attribuer une espèo dépendance que de ne vouloir se rendre qu'à sa pro| mière *. C'est mépriser la puissance et se révolter, que d tendre qu'elle doive rendre raison de ses actions à d'autre celui qui l'a établie 3. Mais encore un coup, c'est lorsqu nous commande rien contre Dieu même ou contre la pui qui le représente. Car comme l'obéissance qu'on rend ac verain n'est due et ne se rapporte qu'à Dieu seul, il es qu'on peut et (ju'on doit lui désobéir, lorsqu'il commai que Dieu défend, ou par lui-même, par la loi divine ( muable, ou par quelqu'une des puissances qu'il a établie
XII. Mais lorsque la loi éternelle ne répond point pj évidence ànotre attention, ou que les lois écrites sont obs et que les deux souveraines puissances nous donnent des* opposés, c'est une nécessité de s'instruire de leurs droii turels, et d'en tirer lus conséquences qui doivent régler conduite. Il faut avoir recours aux personnes éclairées, f tout examiner avec soin les circonstances et les suites du mandement qui nous est fait. £t enfm, lorsqu'on se voito par l'obéissance qu'on doit à Dieu, de désobéir à quelq des puissances qui le représentent, il faut le faire généi ment et sans crainte, mais avec tout le respect qu'on doit r
1. I)»îs prim5i])es éfahlis plus liaiil (Voyez parliculièremcnl l*"* partie, cli. ruix. 13), il suit que notre propre lainière doit s'eiFacer devant la lumière sui de la liaison universelle, mais devant celle-là seule. 11 semble qu'ici Malel joue quelque peu sur les mots.
2. Ces maximes, dans le sens où Malebranclie les entend, nous parais? jourd'hui bien étonnantes. Elles n'ont cependant jias perdu toute vérité, vrai que ceux qui g(mvoruent doivent eom{»fe de leurs actes à Dieu, san? doulo. mais aussi à l'ensemble ou à la majorité du pays, en un mot à cci) lt;s ont établis, » et (|u"il no dépend pas d'une fraction isolée do la natio; constituer souverainement juge du gouvernement voulu par tous.
deuxième: partie.- dks dkvoirs. -jit
personnes constitaées en dignilo. Car, quoiqu'il ne soit toujours permis d'obéir aux puissances établies de Dieu,
ne sont nullement infaillibles, il n'arrive presque jamais il soit permis de leur perdre le respect, quelque abus qu'ils »ent de leur autorité. Gomme ils ne perdent point leur dite et leur caractère par des commandements injustes, il faut qoars honorer Dieu en leur personne. Et les supérieurs de ir côté doivent se souvenir qu'ils ont un maître <|ui les trai- *& comme ils auront fait leurs sujets; et qu'ils doivent aussi m qu'eux se soumettre à la loi divine, à laquelle pour ainsi re, Dieu môme se soumet. Et quoiqu'ils soient peul-t^lro peradés du droit qu'ils ont de se faire obéir dans corlaines cirnstances difflciles et embarrassées, ils ne doivent point trouir mauvais qu'on hésite, ou qu'on n'obéisse pas promptement. tr il ne faut pas forcer les hommes à ap^ir contre leur conîence : ils ne peuvent pas avoir tous un mr>me sentiment, rsqu'il y a de grandes diftlcultés à surmonter pour s'éclairr de l'Ordre de leurs devoirs. Il faut les conduire par raison % lorsqu'ils ne sont point assez éclairés pour le reconnaître, et ne d'ailleurs ils ne manquent pas aux devoirs qui leur sont mnos, certainement ils méritent qu'on ait pour eux de la >mpassion et de la condescendance.
Xlll. Ce que je viens de dire des puissances souveraines se )it appliquer aux puissances subalternes. On doit à un Maistrat, à un Gouverneur, à quiconque exécute les ordres du rince, l'obéissance aussi bien qu'au Prince : de môme qu'on oit an Prince l'obéissance qu'on doit à Dieu, principe de mie-puissance. On ne leur doit pas rendre un respect aussi rofond, ni une obéissance aussi générale et aussi aveugle u'au Souverain, de môme qu'on ne doit pas obéir au Souvc- &in comme à la loi et à la puissance divine ; parce qu'ils ne ont pas revêtus de toute la puissance du Prince, non plus que - Prince de toute la puissance et de rinfaillibililé de Dieu, fais on leur doit l'obéissance à proportion de leurs pouvoirs et '« la connaissance qu'on a qu'ils exécutent les volontés de eur maître et du nôtre. Si on est persuadé (|u'ils fassent sur ttous des exactions ou nous obligent à des devoirs que le Wnce n'entend ou n'approuve pas, on peut s'en exempter par
*• Cela est très bien, mais pevil-on conduire les hommes par nfifon sans rai^on- •••f wec eux et par conséquent sans admettre la liberté de la discussion?
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l'adresse ^» oa par des voies qui ne blessent point le qui leor est dû, à eaose de la personne qu'ils représent doit s'édaircirdaPrinœ même de ses volontés; et s*il e cessible, on doit présamer qa'il s'en rapporte à ses Mil el alors il fant homblement et sans mormore, faire à sachflce des biens qui loi appartiennent et qu'il noos a pour les lui offrir, et par là en mériter de pfos solides nnlle puissance ne pourra nous ravir. ïl faut avec un rosilé vraiment chrétienne marquer par une prompte obé le mépris qu'on fait des biens qui passent, et regarder I de Jésus-Christ, non comme l'instrument de notre si mais comme le .char de notre triomphe et de notre gloii elle qui nous doit conduire, comme notre précurseur e modèle. Jusque sur les Tr5nes étemels, d'oii nous Ji avec lui les grands de la terre, au Jour qui les privera puissance, lorsque le léu dévorera leurs richesses et fi paraître toute leur grandeur *.
1. L« protMUtion padflqne, par voies légates, eomme «^joard'hui le | ment, tuit oerUinement mîeax que eette « ■drêwe », pereate de la fran
2. Ainiî, «veo Melebrmiiehe, le chrétien ee lâTe lee maint de tout ee q aux intérêts tempords de sa patrie : il n'a sor eox aneira pouToir, il ii*i k aucun degré la responsabilité. Nous croyons, noue, qne la Morale tôt fait tou» participa à la sonveraineté : mais en même tem|» que noti M'e«t étendu, nos* devoirs et nos responsabilités se sont accrus. Aussi Ma dirait -il aujourd'hui qu'au dernier jour chacun de nons«jagerai»nonpa8i le» grands do la terre, mai» soi-mAme, et devra un comple rigoureux < niére dont il aura usé de sa liberté et de ses droits dans l'intérêt de la pour lo bien de ses concitoyens.