‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 183 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DES DEVOIRS

gîisej et s'est livré lui-même à la mort pour elU\ afin d*' la ictifier après l'avoir purifiée dans le baptême dr Cmu pur la rôle de vie\ afin de la faire ptiraitre devant lui dans la 'jlnin\ lyant ni tache ni ride, ni d'autrts semhUtb'ms dr/'a ttii, mais ite sainte et toute pure. Aiiisi les maris dvivnt aimn' hurs mmes comme leur propre corps. Celui t/i/i aimr sa fitnmr^ s'aime i-même. Or jamais personne n*rut de haiw' de >// propre chair ; \ contraire on la nourrit et on la conserce avec soin commr Jésuskrist nourrit et conserce son EuUse, parce i/ur noua sommes i membres de son corps : nous faisons partie de sa chair rt de s os. Cest pourquoi l homme laissera son pt're tt S't mnv pour ittaclter à sa femme : et ils ne seront tous deux quanc mtUne \air. Ce sacrement est grand : el pour moi, je dis i^uc c'est en tus-Christ et en F Eglise. Que chacun d*j vous aimo donc sa femme mme lui-même; et que la femme cravjnc et respecte son mari. Y. De ces paroles admirables de saint Paul, un vuit Ijùmi ((u'un lari doit nourrir sa femme et lui donner abondaninuMit toutes iS choses nécessaires à sa conservation, (;u*il doit l'ass-ster et i conduire par ses sages conseils et la consoler dans ses peies et dans ses faiblesses; qu'il doit en un mot l'aimer comme li-même et, à l'exemple de Jésus-Christ, exposer sa \ii'. pour i défendre. Et que la femme de son cùté doit obéir à son mari onime k son Seigneur, le craindre et le respecter, ne penser à »laire qu'à lui, et ne conduire sa famille que par dépendance le son autorité et de ses desseins, pourvu (jue ses desseins se apportent, ou du moins ne soient point contraires à ceux de )iea.

VI. Or le dessein de Dieu dans rétablissement du niaria<>:e tt'esipas seulement de fournir k l'Etat des membres qui le eom- Poseni, qui le défendent, qui en soutiennent la j^^loire el la grandeur; mais principalement de fournir à Jésus-Christ des matériaux du Temple éternel, des membres de l'E^çlise, des î^oraieurs perpétuels de la Majesté Divine. Car les personnes ïtïariées ne sont pas seulement les li<j:ures, mais(uicore les ministres naturels de Jésus-Christ et de l'Eglise. Dieu ne les a pas enjoints seulement pour tigurer son grand dessein, mais en- «jore pour y servir. Il est vrai que depuis le péché, ils n'engiMi- «rent que pour le démon, et par une action toute brutale; et jQesansJésus-Christ notre médiateur, ce serait môme un crime wyanlable que de communiquer h une fenumi eetle miséra- We fécondité, d'engendrer un ennemi de Dieu, de damner une

àme pour jamais, de travailler à la gloire de Satan, et â rétablissement de la Babylone infernale *. Mais Jésus-Gbrist est venu remédier aux désordres du péché; et il est permis par le sacrement, ligure de son alliance éternelle, de donner, pour ainsi dire, des enfants au démon, afin que Jésus-Christ ait la gloire de les lui ravir, et de les faire entrer dans son édiôce, après les avoir lavés dans son sang.

VII. Or le principal devoir des parents, c'est d'élever leurs enfants de manière qu'ils ne perdent point l'innocence et la sainteté de leur baptême. Les personnes mariées peuvent vivre en continence, comme Adam et Eve avant leur péché : Jésas- Christ ne manque point de matériaux pour construire son Temple. Combien encore de nations dans l'ignorance du mystère de notre réconciliation *l Mais que par leur ambition, leur avarice, leurs désordres, leur mauvais exemple, et môme seulement par leur négligence à instruire leurs enfants, ils les privent de la possession des vrais biens, et les fassent retomber dans la servitude du démon, dans laquelle ils sont nés et dont ils avaient été affranchis, c'est un des plus grands crimes * qu^ les hommes soient capables de commettre.

VIII. Qu'un père fasse de ses enfants l'honneur de la famille, les délices de la ville, le soutien de l'Etat : qu'il leur laisse en paix de grands biens et tout le lustre possible *î C'est un cruel, et d'autant plus cruel, qu'il charme leurs maux, de manière (|u'ils ne les sentiront que lorsqu'il n'y aura plus de remède. C'est un impie, et d'autant plus impie, que de ce qu'il détruit du temple sacré du'Dieu vivant, il en bâtit la profane Babylone; c'est un insensé, et d'autant plus, qu'il n'y eut jamais de plus insigne folie, de stupidité plus grossière, de désespoir plus brutal et plus enragé, que celui d'un père insensible à l'alternative inévitable de deux éternités bien différentes qui succéderont aux derniers moments, d'un père qui ne bâtit pour lui et pour sa famille que sur le penchant d'un précipice, sujet aux orages et aux tempêtes, et tout prêt à ensevelir pour toujours le triste sujet de sa gloire et de ses plaisirs.

1. Sans le rachat de rhumanité par Jésus-Christ, Malebranche jugerait le momie et la vie comme le jugeront plus tard les pessimistes : ces dernières paroles 'om penser à celles de Schopcnhauer {mutatis riiutandis).

2. El qui n'ont point de motifs, par conscqucnl, d'espérer pour les enfants qu ils mettent hu monde la béatitude éternelle que cette réconciliation pont seuledonncr.

'.l. Var. C'est lo plus ^rand crime. fl68i et 1697.)

4. Et qu'il se borne à cela, c'est évidemment ce que sous-entend Malebranche

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