DEUXIÈME PARTIE.- DES DEVOIRS
tard, la mort, cette cruelle ennemie de leur puissance, de *s plaisirs, les rendra semblables aux autres bommes. Elle présentera devant la loi vivante, qui pénètre les cœurs et en éclaire tous les replis; et ils trouveront écrites dans Tordre àuable et nécessaire, en caractères éternels et ineffaçables, la mpense ou la peine de leurs actions bonnes ou mauvaises. ^ende et citOy dit le Sage, apparebit vobis : quoniam judicium ssimum his qui prassunt, fiet. Exiguo enim conceditur mise- ^dia... patentes autem patenter tormentapatientur. Fortioribus 'or insiat cruciatio^. Les puissances seront puissamment tonrlées : les plus forts auront à souffrir de plus dures peines.
les supérieurs se regardent donc comme les vicaires, pour i dire de la Raison, loi primitive et indispensable, et n'u-
de leur autorité que contre ceux qui refusent d'obéir à i loi. Qu'ils ne se servent de la force, loi des brutes, que xe des brutes, que contre ceux qui ne connaissent point de son et qui ne veulent point s'y soumettre : et qu'ils écoutent ^rablement, paisiblement, charitablement leurs inférieurs *.
s'ils confondent leurs propres désirs avec l'Ordre, et les Pirations secrètes de leurs passions avec les réponses de la Ué intérieure, encore un coup cette même vérité qu'ils méeni sera la loi sur laquelle) ils seront jugés, et par laquelle seront jugés, et par laquelle certainement ils seront conmés, par l'efficace de laquelle ils seront éternellement tournés.
''1. Rectorem te posuerunt, dit l'Ecriture, noli extolli : esto in î, quasi unus ex ipsis. On vous a choisi pour traiter les au- 5 : ne vous en glorifiez point. Vivez avec eux, un d'entre eux. 'am illorum habe, et sic conside, continue le texte sacré ; et li cura tua explicita recumbe : ut laeteris propter illos ^. Pourrez à tout et ensuite prenez votre place, et réjouissez- vous c eux pour les réjouir eux-mêmes. Une famille, une comnauté, une société dont le chef ne s'applique qu'à y conserla paix et subvenir à ses besoins, est dans un festin conti-
Sapient. vi, 6, 7. (Note marginale de M.)
U semble bien qu'il y ait Ih encore quelque chose de personnel. Malebranche
BVait pas plus aimer que Fénelon que le pouvoir séculier intervint dans les
'Ssions théologiques. Il est vrai qu'il en sentait particulièrement la " bruta-
'•> quand il craignait de l'avoir contre lui ou quand il le voyait se déchaîner
*>s doctrines peu éloignées des siennes (comme celles de Port-Royan. C'est là
''but payé à la nature.
^ccles. xxxri, 1. 2. W. ^Nole marginale de M.;
'i:\\\ TRAITÉ DE MORALE.
nuel. Le supérieur ne doit prendre sa place d'honueur q prt's avoir rempli ses devoirs , et ue se mettre à la tête des irrs que pour les assurer et pour les défendre, que pour réunir entre eux et les réjouir par sa présence. Les supérii et principalement les souverains sont appelés dans rÈcrl et iJans les anciens auteurs, les pasteurs des peuples : el le du festin qui trouble la fête et interrompt la musique S re senttî un cîief ((ui romiit la corde et le concert agréable de li's membres du corps qu'il doit {gouverner, qu'il doit enir nir dans une parfaite union et dans une mutuelle corresi dance. La lin du ijfouvernement, quel qu'il puisse être, c'ei paix et la cbarilé : et les moyens de l'entretenir, c'est de I partout régner la Raison, parce qu'il n'y a que la Raison puisse réunir les esprits et les mettre d'accord el les faire de concert. Car enfin la Raison est une loi naturelle et géaéi i\\n* p»?u de gens suivent en tout, mais que personne n'ose priser ouvertement, et que tous les hommes font gloire de vrp, dans le tetnps [néme qu'ils s'en éloignent.
VIL Ainsi le juge d'une ville, le père, supérieur natun la famille, le maître qui a sous lui des écoliers ou des appre tout supérieur doit inspirera ses inférieurs un esprit de rai de justice, et de charité. Il doit suivre la Raison, comme s inviolable et la leur. Il ne doit point's'attribuer d'autres d i{\u' les moyens propres pour la faire respecter et pour ol> il s'y soumettre. Mais il ne doit point douter que tous nioxens ne soient véritablement ses droits naturels, à pro lion néanmoins de l'ordre qu'il a reçu de la puissance s rieure. (]ar la puissance qui donne quelque commission, d' en ni(Mne temps droit à tous les moyens légitimes de l'exéi (lu'ii cette môtne puissance, si elle-même, ou la coutuni surtout la Raison ne prescrit rien de particulier sur ccsnio; (^ar le juge d'une ville ne peut punir les coup;»bles que les lois, (juoi(|u'il puisse empêcher le mal par mille moyen son autorité lui donne, et sur lesquels les lois ne prescr rien. Un père peut fouetter ses enfants, et môme en riguei corriger avec 1(î bâton : mais il ne peut les faire mourir, i ('Slmjjier, et par là les rendre inutiles à. l'état, dont il dt' lui-même et à (jui Ils appartiennent. Un maître peut foi un c.nfant, mais il ne peut l'outrager, sans olTenser le pèn
1. Xon ioipedias miisiann, ihid. (Not»' inar.iriM.'ilt» ilo l'i'-ilil on d*.' iOSi.'