‹ Traité de morale de MalebrancheChapitre 196 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE. -DES DEVOIhS. 2i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. -DES DEVOIhS. 2i

les hommes par les moyens naturels, que fournissent générales. Nous devons planter et arroser, et attendre 'accroissement et la fécondité. Nous devons tâcher de vir au bien l'instrument universel de l'iniquité, la conice de Torguell et des plaisirs, et flatter un peu l'amour- )our le gagner et pour le régler. La grâce du Sauveur au secours changera Ips cœurs, et fera marcher les ans les voies de la justice, que nous leur aurons enen nous servant adroitement et charitablement des qui sont en notre pouvoir *.

est donc une vérité certaine, que quoique nos devoirs istent pour la plupart qu'en quelques marques sensi- ) les autres hommes ont dans notre esprit et dans notre le place qui contente leur amour-propre, nous devons ns les rendre exactement, dans le dessein de nous en on pour notre utilité particulière, ni pour entretenir a concupiscence que nous flattons par là en quelque . mais pour l'anéantir et la sacriiier par le secours de de Jésus-Christ.

insi, quoique les personnes qui nous sont égales ne lent point sensiblement la puissance et la majesté dilaquelle est due la soumission de Tesprit, néanmoins 'ons les traiter comme nos supérieurs et leur donner :|ues sensibles de notre respect intérieur: dans la penleur mérite, leur vertu, le rapport invisible qu'ils ont u, les rend dignes de ces devoirs; ou que s'ils en sont , nous ne pouvons contribuer à les en rendre dignes, ravant nous ne gagnions leur amitié et leurs bonnes

A. regard de ceux qui sont au-dessous de nous, il ne it les traiter comme nos supérieurs, quoiqu'on puisse *Jer comme tels, selon ces paroles générales de saint iperiores siti invicem arbitrantes. Mais il faut souvent r atmme nos égaux et nus amis. Car la fin principale evoirs, c est de conserver la charité avec les hommes, lier avec eux d'nne amitié tendre et durable, afin de leur être utiles, et qu'ils nous soient utiles eux-mêmes.

i peu près ce qae Pascal expo**:, quoiq^^e arec pia* âa ha/Jeur «t it ■*> .'Art de pertutuitT, ou :i cod»*. Je oe caerc^ier ■> ie« ^/r.fte.p*^ de pla>omme- auxqueî* on «adresse: ear i*^ :*ofr./rie« soo* 'or.» A,fri*:uy% .ukk^ ns r*'r.er)é* par la pure lumière.

Or, pour cela il est nécessaire que nos devoirs soient sincères, ou du moins qu*il soit vraisemblable que nous placions les autres hommes en nous-mêmes, comme nous nous en expliquons au dehors. Ainsi, qu*un supérieur s'abaisse jusqu'à traiter d'é- «^aux ses inférieurs, ils seront contents : car il y a en cela quelque vraisemblance de sincérité. Mais, s'il se soumet à eux, ils auront sujet de croire, s'ils le regardent comme un homme d'esprit, mais d'une vertu médiocre, qu'il se moque d'eux et qu'il les joue. Ils pourront croire que cette flatterie outrée n'est qu'une feinte, qui couvre quelque dessein extraordinaire: ou bien ils le mépriseront comme un petit esprit dans lequel, ({uoiqu'on possède les premières places, on ne s'en trouve pas plus élevé. Ils se regarderont tous comme sans chef, et vivront à leur fantaisie à cause de l'abaissement indiscret de celui qui a droit de leur commander et de les conduire. Car, quand le chef s'abaisse trop, on le méprise, et il ne peut se relever sans irriter les esprits. Mais lorsqu'il ne traite que d'égaux ceux qui lui sont soumis, on sent encore assez qu'on a un maître; et on n'est point surpris de le voir reprendre le commandement et l'autorité K

IX. Lorsque nos égaux par vertu s'humilient devant nous, et nous défèrent la supériorité, ils ne remplissent pas pour cela leurs devoirs à notre égard. Il faut qu'ilg nous défèrent l'eicellence, et qu'ils nous donnent des marques véritables ou du moins vraisemblables d'une estime et d'une amitié particulière. Car, si nous ne pensons point que leur abaissement devant nous soit une marque de l'estime qu'ils ont pour nous, noire amour-propre ne peut être content. On peut par vertu se so> metire à une personne qu'on méprise. Or, celui qui nous obéit en nous méprisant nous choque plus que celui qui nous commande en nous donnant des marques véritables de son estime et de son amitié. C'est souvent la nature qui nous donne des maîtres. On peut obéir sans s'abaisser, sans se sacrifier, sans s'anéantir : mais on ne peut aimer le mépris naturellement et sans vertu. C'est de quoi l'amour-propre ne s'accommoda jamais, queUjae adresse qu'il ait pour ajuster toutes chosesàs^s lins. Car on ne peut sans un chagrin mortel, se voir dépou'l' 1er de son excellence et de sa grandeur dans l'esprit des au-

1. Il est impossible de ne pas H'anvter pour admirer la force et la finesse <!« "^^^ rétlexions, «'gnh'inonl vraies en éducation, en politique, dans le cloître, dans la famille, dans l'Ktat, dan»* toute association ayant besoin d'un commandement.

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